03/12/2012

Crystal Castles @ Rockhal

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En ce dimanche de décembre, la foule n’est pas venue en nombre, assister au retour des Crystal Castles à la Rockhal. Peu avant le début du show, il est encore aisé de se faufiler aux avant-postes de la scène, pour autant que l’on sache à quoi s’attendre… car depuis leur dernier passage, les Canadiens ne se sont pas défaits de leurs habitudes.

 

Arrivée tardive : check. D’après le site web de la Rockhal, le show est supposé commencer à 20h. Tenant compte d’une première partie assurée par un DJ sans nom (et sans réelle vocation non plus), on peut normalement espérer que le concert débute à 21h. C’est une heure plus tard que le trio débarque sur scène, ce qui est tout de même une demi-heure plus tôt que la dernière fois. Un retard qui entraîne néanmoins un deuxième « check » : cinquante-cinq minutes de show rappel compris, certes très intense, ça fait tout de même très court.

 

Le troisième « check » va à la prestation chaotique. Musicalement, ça tient pourtant la route. Il n’y a que deux musiciens sur scène, c’est encore heureux qu’ils soient raccord. Le désordre est comme de coutume signé Alice Glass. La chanteuse poids-plume, nouvellement blonde, titube dès son entrée en scène, se jette dans la foule après 3 minutes de concert, avant de péniblement revenir, escalader la barrière et remonter sur scène avec l’aide de son staff et de quelques spectateurs. Ensuite, elle se tort nonchalamment sur ses genoux, dos au public et micro à la bouche. Elle répète ce numéro pendant l’heure de concert, crowd-surfant une fois du côté droit, et la suivante du côté gauche. On peut se demander si elle est vraiment stone, ou si elle en joue pour exciter les jeunes. Malgré cette apparente ivresse, elle n’oublie jamais de faire son métier, chantant bien dans les temps, et prenant place derrière les machines lorsqu’il le faut. Croisé de près, son regard trahit même une étonnante sobriété. Il est vraisemblable qu’elle en rajoute une couche, sachant que son public ne vient pas pour écouter posément un récital lyrique… même si la bouteille de Jack Daniels qu’elle siphonne durant la soirée l’aide un peu. Et bien sûr, pas une phrase sensée ne sortira de sa bouche, ne fut-ce qu’un seul petit « merci ». Son personnage de junkie d’un autre univers ne peut se le permettre. C’est ça, la recette Crystal Castles : un peu de mystère, beaucoup de saturation et une tempête d’adrénaline, qui provoque pas mal de remous au sein de premiers rangs fiévreux et compressés.

 

Puisqu’on parle aussi de musique (rien qu’un peu), la playlist s’oriente principalement sur les tubes du 2e album, sorti en 2010. un « Baptism » durant lequel Alice se mêle au public, un « Celestica » bien sage par rapport au reste, et un « Not in love » sans Robert Smith (sa présence, non envisagée une seule seconde, aurait sans doute provoqué un conflit générationnel). Mais ceci n’est pas un concert pour mélomanes. Plutôt une séance d’éclate orgiaque sur une piste où règne l’anarchie. Une petite heure durant laquelle tout est permis, même tripoter les fesses d’Alice si par chance elle passe au dessus de votre tête. A vous de pouvoir éviter les coups de micro qui suivront…

 


Crystal Castles @ Rockhal,Esch-sur-Alzette, Luxembourg

Dimanche 2 décembre 2012

 

 

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02/11/2010

Crystal Castles @ Rockhal, mercredi 27 octobre 2010

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Peu importe où ils se produisent, les Crystal Castles ont la faculté de transformer une salle de concert en cave de rave party clandestine. Ce jeudi, ce fut le tour de la Rockhal. Habituellement pondéré, le public luxembourgeois s'est carrément dissipé sous la cadence imposée par le duo canadien.

 

Musicalement, il ne s'agit ni plus ni moins que de rythmes électroniques binaires, sortis d'appareils peu sophistiqués, dont le niveau de technologie n'a visiblement rien à envier à un four à micro-ondes. La présence d'une batterie sur scène nuance toutefois cette orchestration basique, mais qu'importe, car à moins d'être très mal renseigné - et ça serait vraiment pas de chance, on ne va pas voir Crystal Castles pour être touché par de profondes envolées lyriques.

 

En live, cette musique fuse une puissante énergie, qui s'empare de toutes les paires de bras et de jambes se trouvant à portée. En dose d'une heure, cette médecine de purgation équivaut à deux semaines de salle de sport. Pour ce qui est du show, c'est vers la chanteuse Alice Glass qu'il faut tourner les yeux. Son visage se distingue difficilement, notamment à cause des spots qui mitraillent la salle d'incessants et aveuglants éclairs stroboscopiques, mais surtout parce qu'il semble dénué de tout trait. N'en ressort qu'un teint blafard qui, ajouté à un tour de taille squelettique et une tenue uniformément sombre, donne à la chanteuse une allure de zombie.

 

Sur scène, Alice joue la junkie shottée à l'adrénaline. Collant le micro sur sa bouche, elle lance dans le vide ses grands yeux à moitié révulsés, qui pleurent leur rimmel sur ses joues creuses. Quand elle ne chante pas, elle danse en agitant sa frêle silhouette de mouvements saccadés et chaotiques. On l'imagine plutôt mignonne dans la vie de tous les jours... mais sur scène, son aspect de morte-vivante possédée aurait de quoi traumatiser à vie une classe de maternelle... Plusieurs fois durant le concert, Alice se hisse au sommet des barrières, et se laisse porter par les premières rangées. Aux mains baladeuses, elle répond par de violents coups de pied, ou de micro. Et s'il lui arrive de se vautrer par terre, elle se relève comme si de rien n'était, ne cessant jamais de piailler dans son micro. Derrière cette forcenée d'apparence chétive, les autres membres du groupe paraissent bien transparents.

 

Le concert durera à peine plus d'une heure. Soit le temps qu'il aura fallu à Ethan Kath et Alice Glass pour pointer leur nez sur scène, après la fin de la première partie. Mais l'attente fut récompensée de belle manière, par un moment de furieuse exaltation. Au final, le public aura pris en pleine face ce qu'il était venu chercher.

 

 

Crystal Castles

Rockhal, Belval (Luxembourg)

Mercredi 27 Octobre 2010