16/07/2014

Klaxons - Love Frequency

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Qu’est-il arrivé aux Klaxons ? Eux dont chaque single faisait l’effet d’un souffle en pleine face d’un ventilateur sous ecstasy ? Eux dont les deux premiers albums, les excellents « Myth of the Near Future» et « Surfing The Void » débordaient de saine adrénaline ? Eux pour qui la presse musicale, incapable de catégoriser leur son hybride et explosif, avait expressément créé le terme de New Rave ? Eux dont l’écoute de ce troisième et nouvel opus soulève une question existentielle : souffriraient-ils de daft-punkite aigüe ?

 

 

A l’écoute de Love Frequency, on soupçonnerait presque qu’il s’agisse d’un groupe homonyme, tant on ne retrouve que trop peu leur griffe si particulière, cette fougue délurée, insouciante, et parfaitement maîtrisée. Ici, on vogue gentiment entre dance, pop, funk et pseudo-psyché, sur des eaux électroniques qui dans l’âme comme dans l’allure, n’ont plus rien de rock n’roll. Les jadis fringants Londoniens jonglent entre des ersatz de MGMTFoster The PeopleImagine Dragons, voire même... One Republic, ou carrément Jean-Michel Jarre lors d’une plage exclusivement instrumentale, et ennuyante à souhait. Ajoutez-y des intonations vocales calquées (volontairement ou non) sur Justin Timberlake, et vous obtenez un disque aussi dissipé que gominé, forniquant sans honte ni orgueil avec le son étiqueté « indé » que tout le monde se tape depuis des mois. Bref, une belle déception.

 

Klaxons

Love Frequency

Note : 

 

 

Ecoutez:

There Is No Other Time

12/06/2012

Gossip - A Joyful Noise

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A Joyful Noise est le cinquième album de Gossip. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Standing in the way of control, celui qui a immiscé leur succès en 2006, était déjà leur troisième. Trois ans plus tard vint Music for men, qui finit d’asseoir le trio dans les fauteuils de la célébrité. Quant aux deux premiers, ma foi, ils ne demandent qu’à être découverts sur le tard.

 

A Joyful Noise, un album au titre bien trompeur, qui aurait davantage caractérisé ces deux précédents opus. Il est à supposer que la transition entre l’anonymat presque complet des bars de l’Arkansas, et les marches du festival de Cannes et autres défilés Gaultier, ça vous embourgeoise une chanteuse. La dernière création en date du groupe de Beth Ditto propose une musique bien plus light, où les guitares sont effacées par des riffs électroniques basiques, eux-mêmes écrasés sous le poids vocal de cette artiste hors du commun. En témoigne le premier single « Perfect World », démontrant cette rentrée dans le rang de la pop music, et des grandes ondes nationales.

 

Certes, le rythme reste soutenu. Mais c’est précisément ce mélange guitare – voix explosif qui donnait aux précédents albums tout son caractère et sa témérité. Ainsi dépouillé, A Joyful Noise se vautre dans un style dance rock des plus conventionnels, assurément appuyé, mais où la griffe Gossip perd tout son tranchant. Et intrinsèquement, ce ne sont pas de légers parfums de funk ou de soul qui empêchent cette galette de tourner en rond du début à la fin. La relève de Madonna semble être assurée, au grand dam des fans de la première heure.



Gossip

A Joyful Noise

Tarif: 3/10


Ecoutez :

Perfect World


Réécoutez :

Standing in the way of control

8th Wonder