03/05/2012

The Dandy Warhols @ Atelier, lundi 30 avril 2012

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Sur scène, les Dandy Warhols se donnent une image de Black Eyed Peas du rock. Je parle, bien sûr, du visuel. Et ils ne le font sans doute pas exprès. Une fille et trois garçons, disposés de front comme pour un concours d’avatars virtuels.

 

A l’extrême gauche, Zia Mc Cabe, laffriolante claviériste, sosie de Rose Mc Gowan millésime « Scream », certes en plus menue, et dont les bras sont parsemés de tatouages. Espiègle, elle se dandine allègrement, parfois en dehors de ses instruments, fesses tournées vers la foule. Elle transpire, ça la fait rire, et culotée, se prend une pause pipi en plein milieu de concert ; son mentor Double Taylor meuble bien mieux que mal, interprétant seul à la guitare une version épurée de « Everyday should be a holiday ». Plus tard, Zia admet être née en 1991 ; elle aurait ainsi trois ans le jour où déboule dans les bacs le premier LP des Dandies. Le public, trahi par les éclairages qui se reflètent sur son visage mutin, pourrait y croire. Archifaux, en vérité la « demoiselle » a 36 ans accomplis, et est déjà mère de famille. De quoi briser les espérances des plus valeureux célibataires dans les premiers rangs. Assis à la droite de la belle, le batteur Brent Deboer porte cravate noire sur chemise blanche, et des rouflaquettes à faire pâlir de jalousie Dick Rivers. Sa coiffure longue et ébouriffée, sa barbe de quelques jours et son teint morne, lui donnent des airs de Gustave de Kervern, après cure d’amaigrissement. A l’autre extrémité de la scène, Peter Holmstrom gratte sa guitare de ses ongles noirs. Cheveux pétrole, yeux ténébreux, son style gothique fait de lui un ersatz de Chris Corner, chapeau compris. Ou d’Alice Cooper, après visite chez le coiffeur. Il dispose, comme ses congénères, d’un micro, dont il ne se sert pas. Enfin, Courtney Taylor-Taylor est le grunge de la bande. Longs cheveux attachés, t-shirt délavé, yeux dans le brouillard, le chanteur des Dandys est, par excellence, le papa rockeur, celui qui n’a jamais renié ses naïves années.

 

Ce lundi, les vieux garçons de l’Oregon offrent à l’Atelier un concert très sobre, qui sentait un peu l’aftershave brut. Un minimum de bla bla, pour un maximum de rock bien gras, bien carré et bien en place. Dans l’ensemble, la musicalité est punchy et rauque, et décharge une lente explosivité, à l’image de « This Machine », leur huitième album studio, sorti cette année. Ils n’en font pas des tonnes pour plaire, Taylor n’étant pas de ces leaders à qui un roodie apporte une guitare différente pour chaque chanson. Ce qui titille l’oreille, d’un bout à l’autre du concert, ce sont toutes ces perles qui s’enfilent l’une derrière l’autre. On l’oublierait presque, mais les Dandy Warhols possèdent une sacrée collection de tubes, de « We used to be Friends » à « You were the last high », en passant par le très attendu « Bohemian like you » qui déclenche quelque mouvement de foule. Les moins fans peuvent ainsi se rendre compte de leur influence sur ces quinze dernières années. La discographie s’allonge, tandis que s’accumulent les années de carrière, mais pas un gramme de rouille ne vient recouvrir la performance. Ils restent frais dans la tête, soit là où il faut, et aucun spectateur ne prédirait qu’il s’agit là de leur dernier passage entre ces murs qui leur conviennent si bien.

 

 

The Dandy Warhols, Atelier Luxembourg, lundi 30 avril 2012.