19/09/2014

Die Antwoord - Donker Mag

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A ma droite, Watkin Tudor Jones, dit « Ninja », 40 ans. Un corps long et noueux, parsemé de brouillons de tatouages et orné d’une tête de punk à chien. Peut-être avez-vous déjà donné un euro à l’un de ses sosies en sortant d’un supermarché. A ma gauche, Anri de Toit, dite «  Yolandi Vi$$er » avec des dollars dans le texte… vu son nom improbable, on comprend qu’elle ait opté pour un pseudonyme. Une petite souris d’un blond éclatant, à peine trentenaire, aussi espiègle qu’ensorcelante. Soit une sorte de fusion post-moderne de la belle et du clochard, ou de Minnie Mouse et Betty Boop. Ces deux personnages aussi atypiques que mystérieux, représentants autoproclamés du « zef » (mouvement contre-culturel qui décomplexe le style du pauvre), forment ensemble un des duos les plus décapants de ce siècle.  
 
 
A la grande joie de ceux qui conchient la dictature de l’image, Die Antwoord brise en morceaux le cadre usuel d’un Hip Hop industriel, vicié par un matérialisme à outrance. A la place, ils greffent un visuel cru, pas franchement correct, et surtout exempt de la moindre attention envers la ménagère cardiaque. Mais le plus important : musicalement, ça tient parfaitement la route. Pour tenter une métaphore, voyez le résultat comme du Major Lazer qui serait possédé par l’esprit de Sid Vicious : un rap tantôt cartoonesque, tantôt bien trempé, surmontant des instrus électro fraîches et pétillantes, pour un tout à la fois léger et puissant, et souvent bien plus abordable que le plumage ne le laisse paraître. Qu’ils fascinent certains ou en effrayent d’autres, ces zoulous cybernétiques ne peuvent laisser indifférent.
 
 
 
 
 
Die Antwoord
 
Donker Mag
 
Note : ♪ ♪ 
 
 
 
 
Ecoutez :