15/07/2014

Dum Dum Girls - Too True

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On se souvient, en 2010, d’un premier album low-fi, qui montrait à quel point les Dum Dum Girls étaient aussi sexy qu’inspirées. A l’époque, il fallait encore faire l’effort (et le terme est mal choisi) de les découvrir sur scène pour apprécier tout cet aspect visuel. Ce qui n’est plus réellement le cas aujourd’hui ; la suggestive pochette de ce nouvel opus se passe en effet de tout commentaire.

 

Troisième album des émoustillantes rockeuses, Too True diffuse une ambiance goth’pop parfumée d’un soupçon de mystère et de beaucoup de séduction. Mais en plus d’être court (30 minutes, on a connu des EP aussi longs), c’est un brin répétitif, et pas vraiment original. Pour commencer, la troupe de la chanteuseDee Dee ne parvient pas à s’extraire (le désire-t-elle seulement ?) de l’influence de Siouxie and the Banshees, pour ne citer que celles-là. Ensuite, le style antipathique qu’elles se donnent sur scène se ressent de plus en plus dans leurs compositions. Des titres travaillés, légèrement rythmés et envolés, mais où les bonnes trouvailles sont expédiées au bout de deux mesures. Et tellement formatés, qu’ils en défilent sans aucune chaleur, comme sur un tapis roulant de caisse de supermarché. Ce ne sont pas les épars moments où l’on devine une pointe de tendresse (« Are You Okay ? ») qui font basculer la tendance. Album tiède et psalmodique, Too True est une tranche de glamour blasé, bien à l’image de sa compositrice.

 

Dum Dum Girls

Too True

Note : 

 

 

Ecoutez l'album ou regardez Are You Okay ? (le film)

 

09/11/2011

Dum Dum Girls @ Rotonde du Botanique, dimanche 6 novembre 2011

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Il est rare de voir aussi peu de monde au Botanique, et pourtant, le groupe qui se produit ce dimanche dans la Rotonde a de quoi attiser toutes les curiosités. Avec leur look sombre et leur attitude snob, les Dum Dum Girls semblent tout droit sorties du clip de Robert Palmer "Addicted to love". Robert Palmer ou un quelconque ersatz en moins, puisqu'il s'agit d'un groupe 100% féminin.

 

A l'heure de monter sur scène, ces filles de l'ouest préparent leur apparence dans les moindres détails, et ne laissent absolument rien paraître de naturel. Dee Dee, la chanteuse ou "meneuse de troupe", s'orne le visage d'un masque de maquillage très pâle, au milieu duquel le rouge de ses lèvres donne le tournis. Il est impossible de se prononcer quant à la beauté de ses traits, et de toute façon, les regards les plus vicieux n'insisteront pas à dénicher la couleur de ses yeux. Pour cause, un top noir de jais au décolleté lacé, et une jupe en cuir si courte qu'elle flirte avec les limites du politiquement correct. A sa droite, une guitariste androgyne, tout aussi sophistiquée, qui pourrait se présenter comme la soeur jumelle de Brian Molko sans que cela ne choque. Et à sa gauche, une sulfureuse bassiste rousse, qui de par son regard hautain et sa bouche plus figée qu'une ligne d'horizon, remporte la palme de l'antipathie apparente. Ce tableau "porno chic" est certainement calculé au millimètre, tout comme le sont leur délectable déhanché en rythme, et l'absence de contact avec le public. A croire qu'au pays des dum dum, le sourire enrhume et a sympathie constipe. Ah oui, j'oublie une dernière fille derrière la batterie, mais en regard des trois autres, sa discrétion la fait littéralement disparaître.

 

Le public n'est pas venu en masse, il est donc aisé de se faufiler aux devants de la scène. A cet endroit, fourmille un parterre de photographes, dont la taille est inversément proportionnelle à l'envergure du concert. Sans doute ces paparazzi d'occasion sont-ils venus fournir en images de futurs articles détaillés sur ces nouvelles égéries du rock, tellement prometteuses qu'elles ne remplissent pas une des salles les plus confinées de Bruxelles. Ou alors, ces petits filous usent de leur carte de presse pour venir se rincer l'oeil ; un dimanche soir, ça vaut toujours mieux qu'un souper tartines-filet américain dans la belle famille. Malgré toutes ces considérations visuelles, Dee Dee et ses copines n'ont rien d'un girls band classique, pour la simple et bonne raison que leur oeuvre présente un aspect musical consistant. Le reste n'est là que pour étoffer l'emballage. D'accord, ne trempons pas dans l'hypocrisie, le fait qu'elles soient plus agréables à regarder qu'un groupe de rappeurs banlieusards agrémente le spectacle. Mais guitare en main, elles ont bien d'autres arguments à proposer.

 

N'étant précédées d'aucune première partie, les dum dum débarquent sur scène avec vingt bonnes minutes de retard. Sans doute le temps nécessaire pour parfaire les grimages et ajuster les corsets. Avare de paroles, Dee Dee se limite à une présentation très succinte du groupe : "We are Dum Dum Girls". Juste au cas où on ne l'aurait pas lu sur le ticket d'entrée, ou sur la peau de la grosse caisse. Ensuite, si ce ne sont de rares et furtifs remerciements, elle n'ouvrira plus la bouche que pour chanter. C'est donc derrière une sorte de barrière invisible qu'elles alignent les chansons, alternant les extraits du premier album avec ceux du second, sans que cela ne brouille le fil conducteur. Sur platine, les deux opus sont en effet fort semblables. Certes tonique, leur rock a dans la durée quelque chose de frustrant. Les titres sont formatés pour ne pas dépasser les 4 minutes. Et comme les filles n'ont aucune envie de combler les breaks, le concert ne dépasse pas les 60 minutes, rappel compris. Musicalement, leur style est accrocheur, même si quelque peu répétitif. Leur rock sonne parfaitement, et la mise en place est impeccable. On souhaiterait simplement qu'elles sortent de leur bulle, et dégagent plus de chaleur. L'indifférence affichée fait peut-être partie de leur image, mais elle est tellement pesante que le spectateur a lui-même parfois l'impression de les déranger.

 

 

 

Dum Dum Girls

Rotonde du Botanique, Bruxelles

Dimanche 6 novembre 2011.

03/11/2011

Suivez le fil

Sur la - longue - liste d'albums qu'il me reste à écouter cette année, j'en ai retirés trois. Les deux premiers sont sortis le mois dernier, le troisième il y a un peu plus longtemps... so what, je n'ai que deux oreilles, et 24h par jour, comme tout le monde.


Dum Dum Girls - Only in dreams

dum dum girls,noel gallagher,foster the people,only in dreams,high flying birds,torchesOn ne change pas une recette qui marche, et ces Californiennes l'ont bien compris. Second album du quatuor à courte jupe, "Only in dreams" ne contient rien d'autre que du rock pur, au rythme lourd et inamovible, tellement inamovible qu'il n'a pas bougé d'un poil depuis le premier album. Ce qui change, c'est la clarté du son ; exit le low-fi qui faisait le charme du premier opus I Will Be. La voix de Dee Dee prend de l'envergure, et son timbre donne à ce 2e album un petit parfum de Pretenders. Le spectre de Chryssie Hynde est d'ailleurs présent tout au long du disque. Plus globalement, les chansons se suivent et se ressemblent, mais les mélodies ont ce petit quelque chose d'addictif qui nous secoue la nuque et nous font volontiers taper du pied. Le son des guitares est authentique, et nous ramène tout droit vers le 20e siècle. Pour la révolution, on repassera, mais pour passer un bon moment de rock, "Only in dreams" répond présent.

 

Tarif: 6.5/10

Ecoutez : Coming down



Noel Gallagher's High Flying Birds

dum dum girls,noel gallagher,foster the people,only in dreams,high flying birds,torchesIl y a un peu plus d'un an, l'ainé de la fratrie Gallagher se faisait jeter comme un malpropre du groupe qui l'avait fait connaître. Après qu'Oasis sans lui soit devenu Beady Eye, Noel lance son premier opus solo, et reste dans la lignée de ce qu'il a toujours fait de mieux. Les mélodies britpop et les paroles faciles témoignent que les High Flying Birds n'ont pas migré depuis la séparation, à un point tel que cet album pourrait passer pour une compilation de morceaux cachés d'Oasis. Mais qu'il soit nostalgique ou fainéant, que son sens de la créativité soit plus ou limité, Noel est très doué dans ce qu'il fait. Et ceci dit, en toute objectivité, ou pas, sa voix claire est bien plus digeste que celle de son nasillard de frère. Cet album manque d'inventivité, mais ne sonne pourtant pas comme la fin d'un souffle, et si l'on a l'impression d'avoir déjà tout entendu, on l'écoute tout de même avec plaisir. Jusqu'au bout. Et plusieurs fois.


Tarif : 6.5/10

Ecoutez : If I had a gun



Foster the People - Torches

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Groupe masculin dont la voix peut faire porter un doute, Foster the People se place dans la lignée des MGMT et autres Empire of the Sun. Leur electro pop enjouée est construite sur une multitude de sons balancés entre mysticisme, organique et jovialité. Le style possède son charme, mais ne parvient pas à se détacher de ce qui existe déjà dans le genre. Au contraire, les pistes sont souvent préjudiciées par cette voix de transformiste, qui rappellera aux fans de compils "années 80" déstockées des noms comme Big Fun ou Brothers Johnson. Cet aspect vocal ralentit l'élan, fait pâlir la puissance instrumentale, et n'est réellement appréciable que sur les refrains... où les harmonies semblent véritablement calquées sur Oracular Spectacular. Musicalement, on évolue dans un registre très gai, et à écouter le réussi Pumped Up Kids, on regrette que le trio n'ait pas persévéré dans la profondeur. Car hormis celui-là, peu de titres sortent du lot.


Tarif : 4/10

Ecoutez : Pumped up kids


25/07/2010

Dernières écoutes - Dum Dum Girls - I Will Be

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Quatuor 100% féminin, formé autour d'une chanteuse compositrice surnommée Dee Dee, les Dum Dum Girls sont un de mes coups de coeur de cette année 2010. Contre toute attente, leur nom fantaisiste n'est pas inspirée de la chanson de Talk Talk qui porte le même nom, mais d'une autre d'Iggy Pop, intitulée Dum Dum Boys.

 

Sur I Will Be, leur premier album, les filles distillent un rock garage simple, mais efficace. Emprunté au style Rockabilly, le rythme est carré, vigoureux. Viennent s'y greffe des partitions de guitare très crues, parfois trash, tandis que les accords de voix apportent à l'ensemble une touche lyrique fort appréciable. Le style pourrait se définir comme "rock gothico-glamour", charmeur et énergique à la fois. Tellement énergique qu'avec ce format de deux minutes par chanson, l'album ne dure qu'une petite demie heure ; on a connu des EP plus longs que ça ... Cela étant dit, nul besoin d'en rajouter, cela suffit amplement à diffuser leur son.

 

Outre le fait d'apporter du sang neuf à une lignée de groupes féminins comprenant, entre autres, Siouxie and the Banshees ou les Breeders, les Dum Dum Girls éclaboussent de leur charme leurs prestations scéniques. Guitare à la main, avec leut tenue noire et leur déhanché certes modéré, mais très sensuel, elles semblent tout droit sorties du clip de Robert Palmer "Addicted to love". Il n'en faut pas plus pour combler notre vue, autant que notre ouïe.


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Dum Dum Girls

I Will Be

Tarif : 7/10

 

 

Ecoutez:

 

 

It Only Takes One Night

I Will Be