11/08/2013

Editors - The Weight Of Your Love

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Cela fait maintenant deux albums que Tom Smith et ses ouailles se cherchent une nouvelle identité. Après s’être essayés à l’électro sur « In This Light and on this Evening », avec plus de satisfaction que de réelle distinction, voilà maintenant qu’ils s’engagent sur la route, que dis-je, sur l’autoroute de la facilité. Une chose est sûre : ils appuient tant et plus sur ce trait tiré sur un post-punk qui leur convenait pourtant si bien.

 

En témoigne un nouvel opus 100% pop rock, fidèle à leur nouvelle image de groupe plus si alternatif que ça, mais si lourdaud qui aurait pu s’appeler « The Weight » tout court. Entre faux tubes peu convaincants et moments confidentiels plus désolants que déchirants, ce disque sonne comme du U2 période Joshua Tree, mais de seconde catégorie. Seule réminiscence de la belle époque New New Wave de leurs débuts : la voix sombre de Smith, qui ne colle pas vraiment avec ce style nouveau. Un timbre qui, durant les titres voulus intimistes, s’envole de façon gênante et peu naturelle. The Weight of your love est le nouveau chapitre d’un groupe en mutation, qui souhaite s’ouvrir les portes de la grande foule, mais qui à coup sûr provoquera le rejet de quelques premiers fans.


 

Editors

The Weight Of Your Love

Note : 


Ecoutez:

Formaldehyde


 

12/07/2013

Rock Werchter 2013

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Durant ces quatre jours dans la plus belle plaine au monde, j’ai pu assister, de très près comme de très loin, à de nombreux concerts. Voici quelques mots sur ceux qui ont retenu mon attention. Pour les autres, soit je n’y étais pas, soit je n’étais pas en état d’émettre un jugement objectif …

 

 

Bloc Party – The Barn, jeudi 21h10

 

Peu en faisaient un must see du week-end. Et pourtant, sur scène, Bloc Party reste une valeur sûre, malgré une baisse de notoriété et des rumeurs persistantes de séparation. Emmenés par un Kele Okereke charismatique et omniprésent, les Anglais ont livré un show propre mais punchy et sans fausse note. A se repasser la set list en tête … Hunting For Witches, Flux, Banquet, This Modern Love, Helicopter … Tout cela valait largement une main stage.

 

 

Sigur Ros – The Barn, jeudi 23h10

 

Un festival fait la part belle à l’ambiance musicale et à l’ambiance tout court. Entre bières et décibels, libre à chacun de choisir son propre cocktail. Jusqu’à ce que surgissent Sigur Ros et leurs magiques ritournelles. Un groupe que le succès tardif n’empêche pas de se redéfinir à chaque sortie. Je me pensais immunisé,  je craignais d’être lassé, et les Islandais m’ont une nouvelle fois mis à terre. Quand Sigur Ros est sur scène, tout le reste n’a plus vraiment de sens.

 

 

The Bots – Main Stage, vendredi 13h45

 

Rien de tel qu’un concert punk pour commencer la journée. Hélas, celui-là sentait l’improvisation. L’énergie dégagée durant les titres au format de poche fut annihilée par de trop longs silences de transition. Descendre dans la fosse, remonter avec un paquet de Choco Prince et une fan hystérique sous le bras, tout cela est fort sympathique, sauf quand ca dure des plombes… La scène principale était sans doute trop grande pour The Bots, puisque la sauce ne monta guère plus loin que la première barrière.

 

 

Two Door Cinema Club – Main Stage, vendredi 15h20

 

Les Nords Irlandais semblent se délecter de leur ascension, si l’on en juge par leur nouveau look : bijoux bien apparents et costumes impeccablement repassés. Ils n’ont, en apparence, plus rien des pop-rockeurs bourgeonnants qu’ils étaient encore il y a trois ans. Heureusement, leur style explosif et leur ribambelle de tubes font toujours mouche. Y compris les titres issus de « Beacon », leur second album légèrement plus soft. Mission accomplie, donc, pour ces ex-gamins que le succès n’a pas encore transformés en nouveaux Coldplay, et merci bien.

 

 

Kings of Leon – Main Stage, vendredi 22h00

 

Partis en tournée sans nouvel album, les frères et cousins Followill semblent fouiller dans le vide à la recherche de leur motivation d’antan. C’était certes gagné d’avance, grâce à une set list du feu de Dieu, en forme de best of. Mais l’ambiance que l’on souhaitait enflammée fut tempérée par une prestation en roue libre, sans réelle passion, et alourdie par de longues pauses entre chaque chanson. On a connus les Kings bien plus fringants ; ce vendredi, ils sont simplement venus faire leur travail, et assurer le minimum syndical.

 

 

Blur – Main Stage, vendredi 00h10

 

Au vu l’hyperactivité de son leader, on n’espérait plus voir Blur revenir au premier plan. Damon Albarn a montré qu’il restait fidèle à lui-même, et à ses premiers amours. Vu la taille de son CV, il a pourtant de quoi se la péter bien plus que certains de ses compatriotes (et surtout ce type assez crasseux, coiffé comme un âne, avec une énervante voix nasillarde, qui chantait avec son frère dans un groupe au nom d’une boisson fruitée… comme s’appelle-t-il déjà ??). Sur la Main Stage, ces grands représentants de la pop anglaise ont aligné leurs nombreux hymnes sans chichis, ni ego surdimensionné. A commencer par Boys and Girls, histoire qu’on se rappelle bien qui ils sont. Au final, c’est une immense vague de bonne humeur qui a déferlé sur la plaine. Simple, efficace, et à aucune moment ennuyeux.

 

 

Django Django – The Barn, samedi 18h05

 

Django Django is unchained ! Comme Hot Chip ou M83, les Londoniens font partie de ces groupes dont la musique prend une toute autre dimension sur scène. Tenant un rythme soutenu, alternant montées et apogées, harmonies vocales et passages instrumentaux, ils ont entraîné la Barn dans une intense spirale festive, pour ce qui fut au final l’une des plus emballantes prestations du week-end. Impossible de sortir de là sans sourire aux lèvres et fourmis dans les jambes.

 

 

James Blake – Klub C, samedi 20h55

 

Face aux monstres de Volbeat qui se déchainaient sur la main stage, l’electro minimaliste de James Blake n’a pas failli. Installant sans attendre un niveau d’intensité élevé, via des sons hypnotiques, et des basses percutantes qui ont fait vibrer plus d’un diaphragme, le beau gosse a en outre joué de sa voix aux vertus narcotiques, pour plonger dans son monde un public très jeune. La prestation, nappée d’une forte aura sensuelle, a emballé la Klub C malgré le statisme radical des musiciens, demeurant assis du début à la fin. Éblouissant pour un artiste de 24 ans à peine.

 

 

Rammstein – Main Stage, samedi 23h25

 

Rammstein en tournée, c’est une trentaine de camions et des hectolitres de carburant. Derrière leur apparence de psychopathes, ce sont aussi de vrais pros, tous diplômés en pyrotechnique. De fait, ce show potentiellement dangereux (on aurait tendance à l’oublier) demande une précision millimétrée. Alors même si le spectacle ne laisse aucune place à l’improvisation musicale, il vaut la peine d’être vu de près. N’y emmenez cependant pas vos enfants ; certaines scènes à caractère sexuel sont très réalistes, et pas du meilleur goût.

 

 

Depeche Mode – Main Stage, dimanche 21h15

 

On a écrit un peu tout et n’importe quoi sur ce concert, dont le seul défaut fut qu’il était sans doute davantage destiné aux fans parmi les festivaliers, qu’à la plaine entière. Malgré tout, il s’agit d’une des meilleures représentations du week-end. Après une ouverture en mode Delta Machine, Walking in my shoes met tout le monde d’accord. Les tubes de toute époque se succèdent, Precious, Policy of Truth, A question of time. Comme à chaque fois, Martin Gore prend le micro au survolté Dave Gahan le temps de deux titres confidentiels, le subjuguant Home en piano-voix, et un Higher Love, judicieusement sorti du placard. Comme de coutume, ils clôturent la première partie sur l’enchainement Enjoy the Silence - Personal Jesus. En rappel, Just can’t get enough pour les moins mélomanes et autres amateurs de farandoles, avant l’habituelle apothéose sur Never let me down again. Peu de surprises, mais c’est carré, efficace, et terriblement frais. Une nouvelle démonstration de la part de ces quinquagénaires plus en forme que certains néophytes.

 

 

Editors – Main stage, dimanche 23h35

 

Il paraitrait qu’en Flandre, le succès de masse d’Editors justifie le fait de les voir clôturer le festival pour la seconde fois en deux ans. Je me souviens, moi, d’un concert à l’atelier (Luxembourg) en 2009 devant moins de mille personnes, qui m’avait complètement retourné. Il est probable que cela n’arrivera plus jamais. Car leur carrière semble aujourd’hui emprunter la route qui mène droit aux stades, et à un statut de U2 nouvelle génération. Bye bye explosivité et promiscuité, qui leur convenaient si bien. Mais après tout, s’ils préfèrent se perdre dans des albums destinés à l’Ultratop, ou des BO de films pour ados en fleur… il nous reste encore Interpol et White Lies, pour ne citer que ceux-là. Quant à ce concert de clôture, il n’était pas intrinsèquement mauvais. Juste carrément hors-contexte, surtout accompagné de feux d’artifice distillés un peu n’importe quand. Et de la part d’Editors, j’ai déjà vu beaucoup, beaucoup mieux que cette compilation des chansons les plus passe-partout de leur répertoire.




Rock Werchter 2013

4, 5, 6, 7 Juillet 2013



15/11/2009

Concert - Editors, Atelier Luxembourg, 13/11/2009

 

Au vu du changement de cap opéré par Editors sur leur troisième album studio, on pouvait craindre de s'ennuyer... mais il n'en fut rien. Au contraire, c'est un véritable karsher d'adrénaline qui a arrosé l'atelier ce vendredi soir.



Les talentueux et jeunes Macchabees ont parfaitement assuré la première partie. Je n'en parlerai pas en détails ici, puisque je ne manquerai pas de consacrer un article à leur album studio. Signalons seulement que c'était une de ces premières parties qui, à elle seule, valait le déplacement.



Venons en donc directement au hors d'oeuvre... Editors débute son concert comme le dernier album, par la chanson "In This Light And On This Evening". Le groupe rassure d'amblée son public par une interprétation directe et vigoureuse. L'enchainement est immédiat avec "An end has a start" et les fans se mettent déjà à crier. La machine est lancée et le groupe réussira la performance de maintenir ce rythme endiablé durant tout le concert. Même les titres du dernier album, pourtant si calmes sur platine, n'en diminueront pas l'intensité.



Durant près de deux heures, ils alternent avec aisance les extraits de leurs trois albums. Blood, Lights, Munich, Bullets, Racing Rats, Papillon, Smokers outside the hospital doors,... Bien qu'on les aie en tête, on n'imagine pas que leur répertoire contient autant de chansons accrocheuses. Des titres plus lents comme Fall, Camera ou The Weight of the World, sont volontairement oubliés afin de conserver le même niveau de puissance du début à la fin. Ainsi, aucune seconde de répit n'est accordée au public, pour son plus grand bonheur.


Malgré ses mimiques de toqué, Tom Smith contrôle parfaitement son show. On ne voit d'ailleurs que lui, tantôt armé d'une guitare à la main, qu'il tient comme une carabine, tantôt assis devant le piano, la tête plongée dans ses mélodies, tantôt debout au milieu de la petite scène, gratifiant l'assemblée de ses mouvements de danse saccadés. La communication avec le public se limite à de courts et secs "thank you" entre les chansons, Tom économisant son énergie pour celles-ci. A ses côtés, les trois autres musiciens sont pour le moins effacés. Preuve en est qu'ils restent dans l'ombre ; les spots lumineux sont le monopole du très charismatique chanteur. En fond de scène, un large écran numérique diffuse de fortes lumières dont la couleur change d'une chanson à l'autre, afin de naviguer entre les ambiances.



Le concert se finit sur "Bricks and Mortar", puis le groupe disparait. Encore assoiffé, le public en réclame. Tom et sa bande reviennent pour libérer leur "Papillon", avant de cloturer leur magistrale prestation par un "Someone says" bien trempé.

 


C'est un de ces concerts qui filent à une vitesse folle, et laissent sans voix. C'est également de cette manière qu'un groupe gagne le respect.


Editors, Den Atelier, Vendredi 13/11/2009

Regardez


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10/11/2009

Dernières écoutes - Editors - In This Light And On This Evening

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En voilà un album très surprenant...

 

Fervent adepte des deux premiers opus d'Editors, je les attendais au tournant, pensant qu'un léger changement de style pour leur prochain album ne serait pas à négliger. Dans les faits, on ne peut pas parler d'un virage à 360 degrés... mais on ne leur en demandait tout de même pas tant.

 

Cet album m'a quelque peu choqué à la première écoute. Si jusque là, les puissantes guitares faisaient main basse sur leur répertoire, elles sont à présent passées au second plan, au profit de sonorités électroniques assez New Wave et plutôt basiques. Il faut toutefois reconnaître que ces arrangements se marient parfaitement avec la voix caverneuse du chanteur. A ce titre, si depuis quelques années nombre d'artistes s'influencent de cette période New Wave, pourtant longtemps mise de côté, il ne s'agit pas ici d'un simple rappel, mais carrément d'une apnée profonde. "In This Light And On This Evening" aurait très bien pu voir le jour il y a 30 ans, sans que cela ne choque les oreilles d'alors.

 

Une question se pose : Editors ont-ils définitivement changé de chemise, ou bien n'est-ce là qu'une éphémère aventure dans une forêt perdue? Quoi qu'il en soit, la tentative reste appréciable. Cet album contient des choses intéressantes, mais cela reste assez brouillon ; on sent que le groupe se cherche encore dans cette nouvelle direction, qui n'est pas tout à fait au point. Les deux albums précédents contenaient des titres accrocheurs, le genre qu'on aime réécouter en boucle. Hélas, sur ce nouvel album, cette marque de fabrique s'estompe brutalement : au-delà de trois premiers titres de bonne facture, ce voyage très personnel deviendrait presque ennuyeux. Et sur la fin, c'est carrément lassant.

 

Espérons que le concert de ce vendredi ne sera pas une apologie de ce nouvel opus semi-comateux, mais qu'il nous replongera dans l'énergie des précédents.


Editors

In This Light And On This Evening

Tarif: 4/10


Ecoutez:

Bricks and Mortar

Papillon

 

Editors seront en concert ce vendredi 13 novembre à l'Atelier (Luxembourg)

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