04/04/2012

Florence + the Machine @ Ancienne Belgique, samedi 31 mars 2012

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Lors de leur premier passage à l'Ancienne Belgique, Florence and the Machine assuraient le support des fringants MGMT. Depuis, la Londonienne a fait son chemin. Un parcours remarqué qui lui valait, ce samedi, de revenir en ces murs pour son propre compte, et d'assurer un spectacle à la hauteur de ses intentions musicales. Sur une scène fondue pour l'occasion dans un décor de cathédrale post-moderne, Florence et sa machine ont déroulé une performance aussi majestueuse que millimétrée.

 

La cérémonie débute sur les coups de 21 heures, quand sur les premières notes de Only if for a night, la chanteuse fait son entrée sur scène d'un pas processionnel, vêtue d'une longue robe noire de prêtresse. Sa présence suffit à ravir l'assemblée de fans, qui n'auront de cesse de lui crier leur admiration. Au moindre geste de leur idole, aussi infime soit-il, c'est un vent de clameurs qui se lève. Et lorsqu'elle s'approche du bord de scène, une impressionnante lame de bras se dresse pour la suivre. Impressionnant, le spectacle l'est à point. Rodé à souhait, du set aux lumières, et musicalement très intense. Le terme de cérémonie n'est réellement pas surfait.

 

Mais par delà budget, rayons et fanfreluches, Florence Welch est avant tout une voix dont le talent se passe de tout commentaire. Soulevant les mélodies, maniant parfaitement douceur et puissance. Rien de moins que subjuguante. Et puisque les musiciens suivent la cadence, la prestation en devient délectable. On regrettera, peut-être, que l'imposante ligne directrice réduise au minimum toute forme de spontanéité musicale. Mais lorsqu'elle s'adresse à son public, racontant l'une ou l'autre anecdote, ou se confondant en remerciements, Florence montre qu'elle a gardé visage humain, et que le succès n'a fait pas d'elle une machine.

 

Comme on pouvait s'y attendre, la playlist s'axe sur le dernier album, sans toutefois oublier les hymnes du précédent. Impossible de passer à côté du jubilatoire Dog days are over, ou de You've got the love, dont on suppose que peu de fans connaissent la version originale de The Source, sortie du fond du placard à années 90 par Florence et les siens. La qualité de leur répertoire leur permet de les placer en milieu de concert, gardant pour la fin un Spectrum réellement captivant. En rappel, ils gratifient le public d'un émouvant Never let me go, avant de clôturer la soirée par un explosif No lights no lights. On applaudit une dernière fois avant de quitter les lieux, non sans le sentiment, gratifiant, d'avoir été privilégié.

 

 

Florence + the Machine

Ancienne Belgique

Samedi 31 mars 2012.

06/03/2012

Zola Jesus - Conatus

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Si son nom la prédestinait à devenir championne de tennis, Nika Danilova préféra se lancer dans une carrière artistique. A bon escient. Touchée par la grâce musicale dès le plus jeune âge, elle débute ses vocalises dans le registre de l'opéra. Un peu plus tard, les démons de l'adolescence enflamment son amour pour le rock. C'est à cette période qu'elle choisit son nom de scène, avec l'impression de titiller une esquisse de sacrilège lorsqu'elle mélange les noms de Jésus Christ et Emile Zola. Influencée entre autres par l'oeuvre de Ian Curtis et Lydia Lunch, elle commence par enregistrer des démos dans son flat de Madison, Wisconsin. La suite, c'est trois albums studio, autant d'EPs, et plusieurs participations dont M83 et Former Ghosts.

 

Contrairement à ces derniers, et dans une moindre mesure à leurs cousins de Xiu Xiu, le style Zola Jesus reste abordable. On retrouve bien cette atmosphère lourde, glacée et solennelle, mais l'accent dépressif est nettement moins fort. Conatus diffuse un parfum très concentré d'électro gothique, au sein duquel on devine les influences rock et classiques de la demoiselle de blanc vêtue. Pour la partie chant, Nika émeut comme Siouxie et subjugue comme Florence Welsh, ne diffusant toutefois qu'un minimum syndical de chaleur.

 

L'album peut paraître alourdi par un aspect répétitif, conséquence d'une palette de son très mince. Mais certaines chansons n'en sont pas moins affûtées pour pénétrer l'oreille et bien s'incruster en tête. Conatus a le potentiel de rassembler les fans torturés, tout en s'ouvrant à un public plus large et moins élitiste. Et rien que ça, c'est remarquable.

 

 

Zola Jesus

Conatus

Tarif: 7.5/10

 

 

Ecoutez:

Vessel

Hikikomori

Shivers

16/11/2011

Florence + The Machine - Ceremonials

florence_ceremonials.jpg

 

 


En 2009, l'anglaise Florence Welsh se faisait connaître grâce à "lungs", un premier album réussi, et caractérisé par une forte vitalité musicale. Dans la même lignée, le second opus "Ceremonials" porte on ne peut mieux son nom.


On y retrouve cette orchestration pop rock complète et chatoyante, menée par cette voix solennelle, gonflée de motivation et gage d'une personnalité charismatique. Comme vecteur d'émotions, la musique proposée correspond véritablement à ce que serait une comédie musicale de bon goût (si toutefois ce concept est envisageable). A la manière d'un Patrick Wolf, Florence donne à ses chansons une prestance de poids, et si l'uniformité du style peut faire craindre une certaine lassitude, la puissance de chaque titre fait qu'il n'en est rien. Pas encore tout du moins ; la demoiselle a trouvé son chemin, espérons que celui-ci ne devienne pas un simple filon. Mais en attendant la suite de ses aventures, on réécoutera "Ceremonials" avec beaucoup de plaisir.



Florence and The Machine

Ceremonials

Tarif : 7/10



Ecoutez:

Only if for a night

Shake it out