23/04/2014

Foster The People - Supermodel

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Foster the People, énième et dernier band formé par Mark Foster, talentueux musicien compositeur originaire de Cleveland qui à 18 ans, s’exile vers Los Angeles pour vivre son rêve. Enième, car il ne s’agit pas de sa première tentative de sortir la tête de l’eau. Dernière, car celle-là est la bonne. Mieux entouré que jamais, du batteur Mark Pontius et du bassiste Cubbie Fink, il forme en 2009 ce groupe qu’il souhaite de prime abord appeler « Foster and the people ». Par mégarde, le « and » passe à la trappe, mais ce dernier nom reste car on en apprécie le double sens – traduit au sens premier par « Adopter », « To Foster »  évoque plus largement le  souci de son prochain.

 

Riches et entêtantes, les premières compos du trio voient rapidement le jour. Mais à l’ère de la  comm’, talent et persévérance ne suffisent plus. Pour se faire connaître, le groupe parvient à vendre ses chansons en licence pour des films, séries ou jeux vidéos. Mais sa notoriété, il la doit principalement à un seul titre, le planétaire « Pumped up kids ». Groovy, aérée, dotée d’un de ces refrains qui se délogent difficilement du crâne, prisée à la fois par les puristes et le tout public, cette chanson donne à sa carrière un impressionnant boost, après des années de disette où elle peinait à quitter le sol. Un album « Torches » débarque, enrobant l’hymne des autres tubes qu’on a tous déjà entendu quelque part ou ailleurs, sans se poser la question de leur compositeur.

 

Sur ce second album, les Californiens confirment davantage leur richesse musicale que leur sens du tube, mixant et alternant au sein d’un moule rythmé les styles pop, afro et psyché. Certains titres se détachent bien du lot ; la plage d’ouverture « Are you what you want to be » nous offre une jigue aérée et ensoleillée, sorte de medley entre MGMT et Vampire Weekend. Davantage conventionnel mais non moins cadencé, le premier single « Coming of Age » réveille le souvenir de bands des années 80 tels Prefab Sprout, toujours entrainé par un agréable et léger vent de modernité. Mention spéciale, plus loin, pour le flamboyant « The Truth » ; de quoi faire mentir les statistiques qui nous expliquaient que la moins bonne chanson d’un album se trouve toujours en avant-dernière position – j’ai lu ça un jour, et franchement, y a des statisticiens qui doivent vraiment s’ennuyer.

 

Ne manquerait donc à cet album qu’un hit aux envergures de « Pumped up kids »... Je reprochais justement à leur premier opus le fait qu’il ne soit qu’un assemblage de briques, sorte de « Best Of » de leurs meilleures licences, mais souffrant d’un cruel manque de cohésion. Or, le travail d’ensemble réalisé ici gomme un tel défaut. Supermodel dispose d’une harmonie propre, armée par une remarquable production. Certes dénué de matériel à grandes ondes ou autre aimant à nominations musicales aussi populaires que burlesques, il n’en offre pas moins une myriade de sons qui vaut largement le détour.

 

Foster The People

Supermodel

Note :    

 

Ecoutez:

Are You What You Want To Be

Coming Of Age

 

The Truth

 

03/11/2011

Suivez le fil

Sur la - longue - liste d'albums qu'il me reste à écouter cette année, j'en ai retirés trois. Les deux premiers sont sortis le mois dernier, le troisième il y a un peu plus longtemps... so what, je n'ai que deux oreilles, et 24h par jour, comme tout le monde.


Dum Dum Girls - Only in dreams

dum dum girls,noel gallagher,foster the people,only in dreams,high flying birds,torchesOn ne change pas une recette qui marche, et ces Californiennes l'ont bien compris. Second album du quatuor à courte jupe, "Only in dreams" ne contient rien d'autre que du rock pur, au rythme lourd et inamovible, tellement inamovible qu'il n'a pas bougé d'un poil depuis le premier album. Ce qui change, c'est la clarté du son ; exit le low-fi qui faisait le charme du premier opus I Will Be. La voix de Dee Dee prend de l'envergure, et son timbre donne à ce 2e album un petit parfum de Pretenders. Le spectre de Chryssie Hynde est d'ailleurs présent tout au long du disque. Plus globalement, les chansons se suivent et se ressemblent, mais les mélodies ont ce petit quelque chose d'addictif qui nous secoue la nuque et nous font volontiers taper du pied. Le son des guitares est authentique, et nous ramène tout droit vers le 20e siècle. Pour la révolution, on repassera, mais pour passer un bon moment de rock, "Only in dreams" répond présent.

 

Tarif: 6.5/10

Ecoutez : Coming down



Noel Gallagher's High Flying Birds

dum dum girls,noel gallagher,foster the people,only in dreams,high flying birds,torchesIl y a un peu plus d'un an, l'ainé de la fratrie Gallagher se faisait jeter comme un malpropre du groupe qui l'avait fait connaître. Après qu'Oasis sans lui soit devenu Beady Eye, Noel lance son premier opus solo, et reste dans la lignée de ce qu'il a toujours fait de mieux. Les mélodies britpop et les paroles faciles témoignent que les High Flying Birds n'ont pas migré depuis la séparation, à un point tel que cet album pourrait passer pour une compilation de morceaux cachés d'Oasis. Mais qu'il soit nostalgique ou fainéant, que son sens de la créativité soit plus ou limité, Noel est très doué dans ce qu'il fait. Et ceci dit, en toute objectivité, ou pas, sa voix claire est bien plus digeste que celle de son nasillard de frère. Cet album manque d'inventivité, mais ne sonne pourtant pas comme la fin d'un souffle, et si l'on a l'impression d'avoir déjà tout entendu, on l'écoute tout de même avec plaisir. Jusqu'au bout. Et plusieurs fois.


Tarif : 6.5/10

Ecoutez : If I had a gun



Foster the People - Torches

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Groupe masculin dont la voix peut faire porter un doute, Foster the People se place dans la lignée des MGMT et autres Empire of the Sun. Leur electro pop enjouée est construite sur une multitude de sons balancés entre mysticisme, organique et jovialité. Le style possède son charme, mais ne parvient pas à se détacher de ce qui existe déjà dans le genre. Au contraire, les pistes sont souvent préjudiciées par cette voix de transformiste, qui rappellera aux fans de compils "années 80" déstockées des noms comme Big Fun ou Brothers Johnson. Cet aspect vocal ralentit l'élan, fait pâlir la puissance instrumentale, et n'est réellement appréciable que sur les refrains... où les harmonies semblent véritablement calquées sur Oracular Spectacular. Musicalement, on évolue dans un registre très gai, et à écouter le réussi Pumped Up Kids, on regrette que le trio n'ait pas persévéré dans la profondeur. Car hormis celui-là, peu de titres sortent du lot.


Tarif : 4/10

Ecoutez : Pumped up kids