11/04/2010

Mes albums cultes - Ghinzu - Blow

Ghinzu-BLOW

 

 

Au cours des années 90, le rock belge s'est peu à peu imposé sur la scène internationale comme un label de qualité. Au sommet de cete vague, des formations comme dEUS, K's Choice et Hooverphonic, montrèrent que le plat pays était capable d'exporter autre chose que la marmelade kitsch proposée jusque là par Plastic Bertrand, Benny B ou Soeur Sourire, qui à ce jour reste malgré tout la seule artiste belge à avoir atteint le sommet des Charts US - de quoi décrédibiliser tous ceux qui ont suivi ...

 

En 1999, au milieu du rugissement émis par ces grosses cylindrées, un petit groupe bruxellois nommé Ghinzu sort timidement son premier album. Salué par la critique, leur présence n'en reste pas moins très discrète... Il faudra attendre 2004, et la sortie de leur second opus, pour qu'ils explosent réellement, en Belgique d'abord, et très rapidement à l'étranger. Cet album s'intitule "Blow".

 

Il débute par une plage titulaire sombre, qui résulte en une montée en puissance orchestrée à la perfection. L'introduction se veut lourde, lente, tout droit sortie des limbes. Après deux bonnes minutes d'égarement, le pérénnité en est soudainement interrompue. Un rythme soutenu s'installe alors, accompagné par la voix de crooner du chanteur John Stargasm, et s'élevant de plus en plus jusqu'au refrain où, tout bonnement, la chanson explose. Voilà, en même pas cinq minutes, ils nous ont déjà retourné la tête...

 

Suite à ce premier titre qui mérite à lui seul la commande du CD en ligne, le groupe étale sa classe. Si Jet Sex nous fait planer dans les aires, Cockpit Inferno rétablit la gravité et précipite la chute. Quant à Do you read me?, single principal de l'album, c'est une de ces chansons rock qui s'installe en tête dès la première écoute.

 

Jusque là surprenante, la largeur de leur registre devient alors réellement impressionnante. Tout en gardant une ligne propre et directrice, Ghinzu enchaîne les styles opposés à la perfection. Le rock hardcore avec Til you faint ; le rock alternatif avec le somptueux Dragster Wave et sa légendaire tirade au piano, bien connue des fans ; le mélo romantique avec My sweet love, sur lequel des dizaines de couples ont dû se former, devant leur union à Stargasm et son clavier. High Voltage Queen met à la fête le pop rock et les changements de rythme. 21st Century's Crooners redonne le plaisir d'écouter des titres instrumentaux, et Mine nous replonge dans ce rock rapide et hurlant, qu'on croyait ne plsu être capable d'apprécier suite à la mort de notre adolescence. L'album se termine comme il a commencé, sur une note de douceur grinçante, avec le titre sans paroles Seaside friends.

 

Il est à noter que les copies exportées hors frontières furent sensiblement différentes des exemplaires vendus sur le marché belge. Pour ce qu'on devine être une question de marketing, la tête tranchée et le cou ensanglanté de Stargasm qui ornent la pochette furent remplacés par un tracé blanc sur fond noir, représentant deux têtes de chevaux entrelacées. Pour des raisons encore plus obscures (n'hésitez d'ailleurs pas à m'avertir si vous en connaissez la nature), la plage #4 Do you read me? se retrouve chez nos voisins en 2e position.

 

Avec seulement trois albums en plus de dix ans de carrière, Ghinzu soigne la qualité au détriment de la quantité. Illustration, convaincante s'il en est, de l'adage qui dit qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses. Quoi qu'il en soit, tout qui aime le rock, rapide ou mélo, mais jamais ô grand jamais guimauve ou guilleret, ne pourra qu'apprécier le souffle qui procure cet opus, Blow. Loin des gros standards américains ou européens, il n'en reste objectivement pas moins un des meilleurs albums rock des deux dernières décennies.

 

 

Ghinzu

Blow

2004

 

 

Ecoutez:


Do you read me ?

The Dragster Wave

My Sweet Love

High Voltage Queen

 


Publié dans Mes albums-culte | Commentaires (0) | 14:39 |  Facebook | | Tags : ghinzu | Lien permanent