15/07/2014

Dum Dum Girls - Too True

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On se souvient, en 2010, d’un premier album low-fi, qui montrait à quel point les Dum Dum Girls étaient aussi sexy qu’inspirées. A l’époque, il fallait encore faire l’effort (et le terme est mal choisi) de les découvrir sur scène pour apprécier tout cet aspect visuel. Ce qui n’est plus réellement le cas aujourd’hui ; la suggestive pochette de ce nouvel opus se passe en effet de tout commentaire.

 

Troisième album des émoustillantes rockeuses, Too True diffuse une ambiance goth’pop parfumée d’un soupçon de mystère et de beaucoup de séduction. Mais en plus d’être court (30 minutes, on a connu des EP aussi longs), c’est un brin répétitif, et pas vraiment original. Pour commencer, la troupe de la chanteuseDee Dee ne parvient pas à s’extraire (le désire-t-elle seulement ?) de l’influence de Siouxie and the Banshees, pour ne citer que celles-là. Ensuite, le style antipathique qu’elles se donnent sur scène se ressent de plus en plus dans leurs compositions. Des titres travaillés, légèrement rythmés et envolés, mais où les bonnes trouvailles sont expédiées au bout de deux mesures. Et tellement formatés, qu’ils en défilent sans aucune chaleur, comme sur un tapis roulant de caisse de supermarché. Ce ne sont pas les épars moments où l’on devine une pointe de tendresse (« Are You Okay ? ») qui font basculer la tendance. Album tiède et psalmodique, Too True est une tranche de glamour blasé, bien à l’image de sa compositrice.

 

Dum Dum Girls

Too True

Note : 

 

 

Ecoutez l'album ou regardez Are You Okay ? (le film)

 

06/03/2012

Zola Jesus - Conatus

zola jesus,electro,goth

 

 

Si son nom la prédestinait à devenir championne de tennis, Nika Danilova préféra se lancer dans une carrière artistique. A bon escient. Touchée par la grâce musicale dès le plus jeune âge, elle débute ses vocalises dans le registre de l'opéra. Un peu plus tard, les démons de l'adolescence enflamment son amour pour le rock. C'est à cette période qu'elle choisit son nom de scène, avec l'impression de titiller une esquisse de sacrilège lorsqu'elle mélange les noms de Jésus Christ et Emile Zola. Influencée entre autres par l'oeuvre de Ian Curtis et Lydia Lunch, elle commence par enregistrer des démos dans son flat de Madison, Wisconsin. La suite, c'est trois albums studio, autant d'EPs, et plusieurs participations dont M83 et Former Ghosts.

 

Contrairement à ces derniers, et dans une moindre mesure à leurs cousins de Xiu Xiu, le style Zola Jesus reste abordable. On retrouve bien cette atmosphère lourde, glacée et solennelle, mais l'accent dépressif est nettement moins fort. Conatus diffuse un parfum très concentré d'électro gothique, au sein duquel on devine les influences rock et classiques de la demoiselle de blanc vêtue. Pour la partie chant, Nika émeut comme Siouxie et subjugue comme Florence Welsh, ne diffusant toutefois qu'un minimum syndical de chaleur.

 

L'album peut paraître alourdi par un aspect répétitif, conséquence d'une palette de son très mince. Mais certaines chansons n'en sont pas moins affûtées pour pénétrer l'oreille et bien s'incruster en tête. Conatus a le potentiel de rassembler les fans torturés, tout en s'ouvrant à un public plus large et moins élitiste. Et rien que ça, c'est remarquable.

 

 

Zola Jesus

Conatus

Tarif: 7.5/10

 

 

Ecoutez:

Vessel

Hikikomori

Shivers