19/09/2014

Die Antwoord - Donker Mag

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A ma droite, Watkin Tudor Jones, dit « Ninja », 40 ans. Un corps long et noueux, parsemé de brouillons de tatouages et orné d’une tête de punk à chien. Peut-être avez-vous déjà donné un euro à l’un de ses sosies en sortant d’un supermarché. A ma gauche, Anri de Toit, dite «  Yolandi Vi$$er » avec des dollars dans le texte… vu son nom improbable, on comprend qu’elle ait opté pour un pseudonyme. Une petite souris d’un blond éclatant, à peine trentenaire, aussi espiègle qu’ensorcelante. Soit une sorte de fusion post-moderne de la belle et du clochard, ou de Minnie Mouse et Betty Boop. Ces deux personnages aussi atypiques que mystérieux, représentants autoproclamés du « zef » (mouvement contre-culturel qui décomplexe le style du pauvre), forment ensemble un des duos les plus décapants de ce siècle.  
 
 
A la grande joie de ceux qui conchient la dictature de l’image, Die Antwoord brise en morceaux le cadre usuel d’un Hip Hop industriel, vicié par un matérialisme à outrance. A la place, ils greffent un visuel cru, pas franchement correct, et surtout exempt de la moindre attention envers la ménagère cardiaque. Mais le plus important : musicalement, ça tient parfaitement la route. Pour tenter une métaphore, voyez le résultat comme du Major Lazer qui serait possédé par l’esprit de Sid Vicious : un rap tantôt cartoonesque, tantôt bien trempé, surmontant des instrus électro fraîches et pétillantes, pour un tout à la fois léger et puissant, et souvent bien plus abordable que le plumage ne le laisse paraître. Qu’ils fascinent certains ou en effrayent d’autres, ces zoulous cybernétiques ne peuvent laisser indifférent.
 
 
 
 
 
Die Antwoord
 
Donker Mag
 
Note : ♪ ♪ 
 
 
 
 
Ecoutez : 
 
 

 

 

 

06/09/2012

Netsky - Netsky 2

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Petit Boris ne deviendra pas grand … il l’est déjà ! Par la taille certes, mais surtout par le talent. Le démontre ce deuxième album du projet électro de cet Anversois mieux connu sous le nom de Netsky, et simplement intitulé Netsky 2. Comme son prédécesseur sorti en 2010, ce disque est un recueil de tubes électrisants, trempés dans un moule drum n’bass ; un style qui a le défaut de provoquer rapidement la lassitude, via un rythme inamovible et peu aidé par des mélodies généralement primaires. Boris Daenen évite ce piège avec brio, alternant tout au long de son menu les sauces dub step, hip hop ou raggamuphin, tant et si bien que jusqu’au quinzième et dernier titre, l’ennui pointe rarement le bout de son nez.

 

Garnis de beats sulfureux et de refrains accrocheurs, des titres comme Love Has Gone ou Come Alive sont imparables, de ceux que l’on réécoute encore et encore, et qui ne laissent aucune chance à la passivité. A côté des titres instrumentaux, on appréciera les diverses participations vocales de Diane Charlemagne ou Bridgette Amofah dont l’éclat apporte du soleil à ces compositions qui, à la base, ne manquent déjà pas de chaleur. Mention spéciale pour Selah Sue sur Get Away From Here ; la plus célèbre Louvaniste au monde offre une prestation sobre mais efficace, qui crée là un contraste intéressant. Vers la moitié de l’album, la griffe de Boris se fait toutefois moins ressentir, avant que surgisse Puppy, un hymne sautillant, charmant et dynamique à la fois. L’album se clôture sur Drawing Straws, dans une veine purement drum n’bass.

 

Netsky 2 est une véritable compilation électro sur laquelle son auteur étale ses capacités et sa créativité. On ne pourra lui reprocher que l’absence d’un véritable fil conducteur.

 

 

Netsky

Netsky 2

Tarif : 7/10

 


Ecoutez :

Love Has Gone

Come Alive

Give & Take (live)