03/10/2014

Hundreds - Aftermath

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Composé des frère et sœur Philip (instru) et Eva (chant) Milner, le duo allemand Hundreds revient avec un second album, trois ans après un éponyme qui m’avait fait forte impression. Je ne vous rappelle pas à quel point l’étape du second album est très importante, je pense que cette semaine vous l’aurez bien compris.

 

Leur nom de scène provient d’un rêve d’Eva, dans lequel elle se trouvait en compagnie de son frère et de cent alter ego. Leur musique, sorte d’électronica nocturne et organique, semble également s’échapper d’un songe. A bien tendre l’oreille, elle n’est parfois pas si électro que cela ; imprimant bien des rythmes et mélodies typiques du style, on y perçoit toutefois des sons d’instruments qui n’ont pas grand-chose de synthétique ; lyre, harpe, violon et violoncelles, piano, xylophone pour ne citer que ceux-là, et surtout parce que je n’ai pas écouté ce disque avec un crayon et un carnet à portée de main pour tous les lister. Il s’agit, en tout cas, de la clé de l’évolution discernée sur Aftermath : un pas effectué vers une musicalité plus naturelle, pour un résultat hétéroclite, plus harmonieux, qui aspire à éveiller les sens.

 

A noter un bémol, au milieu de ce décor si bien planté. Comme son prédécesseur, cet album est empreint d’une inexplicable rigueur, qu’il serait stéréotypé de rapprocher à l’origine du duo. Un duo inspiré, mais qui se défend de se lâcher, comme obligé par une certaine retenue. Une retenue certes utile, mais trop présente, qui ankylose les morceaux les plus calmes, et retient l’orage lorsque le rythme s’emporte. L’ambiance réussit bien à nous envoûter, mais manque à nous faire basculer. On attend la bourrasque, qui ne survient que tardivement, sur la plage Rabbits on the Roof. Une plage, la huitième du disque, la même que le merveilleux Song for a Sailor du premier opus. L’album prend alors une tournure plus sauvage, et on se dit qu’il est dommage que la fratrie Milner n’en use pas davantage.

 

Au final, Aftermath tend plus souvent vers une pop aérée à la Feist, garnie d’une appréciable dose d’électronique. Ravissant, mais pas réellement fascinant.

 

 

Hundreds

Aftermath

Note : ♪ ♪ 

 

 

Ecoutez:

Circus

Our Past

19/09/2011

Hundreds (album éponyme)

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On pourrait hésiter, mais non, le nom de la formation anglaise UB40 ne vient pas du fait qu'elle compte effectivement 40 musiciens (n'osez pas douter que je puisse vous en expliquer la véritable origine, ce n'est simplement pas l'objet de cette chronique). Pareillement, Hundreds ne compte pas 100 membres, puisqu'il s'agit en réalité d'un duo. Un jour, elle lui a expliqué un rêve, où elle s'était vue, avec lui, au milieu de cent alter-egos. Il lui répondit qu'il voyait là un nom parfait pour leur groupe.

 

Lui, c'est Philip Milner, 36 ans, compositeur dans l'ombre. Elle, c'est Eva, sa soeur cadette qui fête ses 30 ans cette année. Une chanteuse au timbre proche de celui de Dido, moins chaleureux, mais plus envoûtant. Tous deux viennent d'Hambourg, et font de la musique ensemble depuis des années. Ce n'est qu'en 2008 qu'ils enregistrent les bases de leur premier album, sorti cet été en Europe. Je les avais découverts sur scène en décembre dernier, lors du concert de leurs compatriotes de Get Well Soon, dont ils assuraient la première partie devant un parterre à moitié vide. Ils m'étaient alors inconnus, mais leur set long d'une heure m'avait fortement séduit.

 

Cet album éponyme dégage une ambiance froide et pénétrante, calque parfait de l'univers de la fratrie Milner. Mélangeant électro et organique, leur musique est agrémentée d'une myriade de sons inhabituels. Ces bruits harmonisés entourent un piano omniprésent de la première à la dernière plage. La plage, on en est d'ailleurs fort loin ! Au contraire, ce disque nous emmène dans des recoins sombres et isolés, de ceux où il vaut mieux emmener sa doudoune, plutôt que son maillot de bain.

 

Cet album possède un côté captivant, innovant d'un certain point de vue. Son seul bémol est sa progression, trop régulière, puisqu'il ne compte réellement qu'un seul titre remuant. Rythmé par des clappements, des boucles vocales et des accords de piano posés à contretemps, "Song for a Sailor" est à ce point réussi, qu'il est dommage qu'il soit le seul dans cette veine. Hormis celui-là, "Hundreds" reste un album relativement placide, qui surprend davantage dans sa découverte que lors de son déroulement. Un déroulement qui n'en est pas moins très agréable à suivre.

 

 

Hundreds

Album éponyme

Tarif : 7.5/10

 

 

Ecoutez:

Solace

Song for a Sailor

Let's write the streets (live)