06/04/2011

Jamiroquai @ Rockhal, Mardi 5 avril 2011

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La recette à succès de Jamiroquai, c'est un style propre mélangeant soul, funk et jazz, le tout fondu dans un moulage "pop" indispensable pour viser les charts. Cible atteinte,puisque ses chansons ont bercé les plus belles années d'une génération entière. C'est en terrain conquis qu'il se présentait ce mardi à la Rockhal, des milliers de fans venant simplement applaudir, et écouter les chansons qu'ils aiment. Et Jay Kay ne leur ne donnera guère plus.

 

Entouré de trois cuivres, trois choristes, un batteur, un bassiste, un guitariste et un claviériste, Jay ne prend pas de risque. Lui-même ne s'occupe que du micro, de furtifs pas de danse et des mimiques d'usage. Il interagit très peu avec ses musiciens, remuant devant eux comme s'ils faisaient partie intégrante du décor. Le décor, c'est une large scène surmontée de faisceaux laser multicolores, derrière laquelle trône un imposant écran géant. Mais c'est surtout une dizaine de planètes colossales, suspendues en l'air, aux couleurs et à la position modulables. Certes somptueux, le tableau n'en est pas moins parfait pour accueillir un colloque des frères Bogdanov. Et avec une telle mise en scène, Jay n'a pas besoin de forcer sur son look, se contentant d'un poncho ligné et d'un chapeau blanc en forme de sommet de gâteau de mariage, à faire pâmer d'envie la reine Fabiola.

 

Quant à l'aspect purement musical, il prend d'emblée une tournure relativement plate. La basse, instrument de prédilection du groove, est inaudible, et le rythme imposé par la batterie est bien trop carré, identique d'une mesure à l'autre. On a l'impression que c'est la même chanson qui recommence à chaque fois. La voix de Jay, trop faible, ne porte en rien cette musicalité bien morne. Au contraire, le manque d'envol dont elle souffre fait planter une légère odeur de playback... Faute de peps et de spontanéité, l'ensemble se déroule comme un long papier à musique, fade et terriblement ennuyeux.

 

Il faut attendre une heure pour qu'enfin, le concert prenne vie. Love Foolosophy se ficèle d'une langoureuse intro à la guitare. Space Cowboy et Travelling without moving s'allongent de riffs et d'improvisations diablement enjoués. Et surtout, le show prend la dimension d'un vrai live, avec du groove et des enchaînements dignes de ce nom. Quel dommage d'avoir dû patienter tout ce temps, d'autant que Jay et sa troupe quittent déjà la scène après un délicieux Allright. En rappel, ils se contenteront d'une seule et unique chanson, issue du dernier album, oubliant au passage une certaine Virtual Insanity. Les milliers de fans sont malgré tout conquis, mais à vaincre sans péril ...

 

 

Jamiroquai

Rockhal, Esch-sur-Alzette

Mardi 5 avril 2011.

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