11/11/2014

SBTRKT - Wonder Where We Land

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SBTRKT (prononcez “Substract”) est le projet musical d’Aaron Jerome. Précédemment connu pour ses remixes d’artistes comme Radiohead, Basement Jaxx ou MIA, ce DJ sort son premier album en 2011. Un disque éponyme mélangeant les genres, et salué par la critique. Jerome aime brouiller les pistes, et le démontre à nouveau sur son second opus, le bien nommé « Wonder where we land ». Bien nommé car effectivement, d’un titre à l’autre, on ignore où il va nous faire atterrir.

 

Tel un félin, aguichante et difficile à saisir, la musique de Jerome se veut multidimensionnelle. Elle vogue dans un climat généralement soul ou jazzy, sur lequel l’auteur pose des sonorités rétro-futuristes et de multiples percussions. Surprenant mais inégal, ce disque visite une multitude d’endroits de prime abord charmants, mais par contrainte de temps, il ne se donne pas l’occasion de les explorer en profondeur. Au final, on a l’impression d’assister à une séance de speed dating musical ; l’ambiance est feutrée, les filles sont jolies, mais on a à peine le temps de se dire bonjour.  

A noter que derrière son masque, l’animal possède un joli carnet d’adresses. Posent leur voix sur cet album, entre autres, Caroline Polachek du groupe Chairlift, Emily Kokal des influentes Warpaint, mais aussi Ezra Koenig de Vampire Weekend, sur la gigue urbaine “New Dorp, New York”.

 

SBTRKT

Wonder Where We Land

Note :   

 

Ecoutez :

New Dorp. New York

Higher

16/10/2013

Suivez le fil

 

Dans Dans – I/II


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L’OVNI de l’année vient peut-être bien de se poser dans la campagne flamande. I/II du trio Dans Dans voyage au sein d’un blues instrumental, mené par une guitare au son brûlant qui s’empare du rôle des vocalises. Alternant les humeurs féline et diabolique, elle mène une orchestration basse-batterie classique et suffisante, et emmène l’auditeur dans la spirale de l’inattendu. Car le principe du blues, ici à tendance rock et psyché, c’est qu’on ne sait véritablement pas à quoi s’attendre d’une mesure à l’autre. Il y a de la sorcellerie dans ces plages interminables et leurs surprenants changements de cadence. Dans les instants les plus intimes, on imagine parfois que surgisse la voix de Chris Isaak… avant de se dire qu’au final, elle n’est même pas nécessaire. A d’autres instants, le rythme s’emporte, se fait plus diffus, mais s’accroche au fil de la construction musicale. Cet album nous transporte, à la manière d’un Melody Nelson, mais sans forcément raconter une histoire. Sans conteste un des « must » de 2013.

 

Note :

 

 

Au Revoir Simone – Move in Spectrums

 

Au-Revoir-Simone-Move-In-Spectrums.jpgLes trois petites bourgeoises new-yorkaises d’Au Revoir Simone ajoutent quelques Beaufort à leur brise électronique, pour un résultat au départ surprenant. Sons plus profonds, percussions plus … percutantes, pour des voix qui restent aussi lisses et sensuelles. La mutation est réussie, puisque la plage d’ouverture « More Than » nous fait imaginer une association peu probable entre The Do et les Chemical Brothers. La seconde, « The Lead is Galloping », esquisse un pendant féminin de The Big Pink. Quant à la troisième, « Crazy », elle et sa basse virevoltante diffusent un jubilatoire parfum de « New Order ». Mais chassez le digital, il revient au galop. Par la suite, les binaires reprennent le pouvoir sur les compositions, qui n’en restent pas moins charmantes, mais avec beaucoup moins d’impact. L’album s’allège ainsi jusqu’à « Love You Don’t Know Me », plage minimaliste qui semble inspirée du « Eye in the sky » d’Alan Parson. Au final, la sulfureuse métamorphose n’aura duré que trois chansons, et Move in Spectrums nous laisse un goût de trop peu. Dommage, car le début était bigrement alléchant.

 

Note : 

Ecoutez : Crazy




Bonobo – The North Borders

 

bonobo.jpgBonobo fait partie de ces artistes dont la découverte fait surgir la question : « et merde, pourquoi est-ce que je ne l’ai jamais écouté avant ? ». Simon Green, de son vrai nom, est un pro du downtempo, un style mêlant chillout, groove, ambient et trip hop. Concrètement, c’est de l’électro hybride, faite à la fois de sons synthétiques et de vrais instruments (violon ou saxophone, selon l’inspiration de l’artiste), sur laquelle ricochent des beats courts et désynchronisés. The North Borders, le cinquième album du producteur et DJ de Brighton, en est une parfaite représentation. Les sons séduisent, et les samples vocaux envoutent comme chants de sirène. Mais ce qui donne à cet album tout son côté sexy, ce sont les percussions. Multiples et vicieusement feutrées, elles s’assimilent à des bruits connus ; on imagine des coups de cuillers sur des verres en cristal, des boules de billard qui s’entrechoquent, ou des doigts ornés de bagues rythmant le tempo sur des bouteilles vides. L’ensemble nous rince les tympans mieux que des brumisateurs. L’effet enivrant et dépaysant est immédiat. En tendant l’oreille, on perçoit presque le bruit des vagues venant lécher le sable. Addictif, irrésistible, et terriblement frais.

 

Note :

Ecoutez : Cirrus