15/09/2014

John Grant - Pale Green Ghosts

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S’il existait un front des prodiges inconnus, John Grant en tiendrait la bannière. Irrévélé au grand public, que sa dégaine, entre hipster négligé et bûcheron psychopathe, effrayerait certainement, il pourrait néanmoins proposer sa vie comme scénario de best seller. Ce sont en fait des années de pauvreté et de dépression qu’il a traversées, avant que son labeur ne connaisse un immense succès d’estime.  En 2010, alors que son premier album solo fait le plein d’éloges, il est frappé par le destin, lorsqu’il apprend sa séropositivité. Une épreuve de plus pour cet artiste décidément torturé, pour qui la musique reste un formidable exutoire.

Second album solo, Pale Green Ghosts tire son titre des oliviers qui bordent une autoroute menant à sa ville natale de Parker, Colorado. Décors de prime jeunesse ou récits de ses flirts avec pairs ou addictions, les textes de Grant s’inspirent généralement de ses expériences passées. L’orchestration évolue quant à elle, puisqu’aux bases blues et country vient s’ajouter une sauce électronique minimaliste, comme pour saupoudrer le disque d’une pincée d’anachronisme. Bien que l’opposition de styles durcisse les transitions entre les différents titres, elle se savoure dès la plage d’ouverture, intime et hypnotique balade, aussi addictive que les anciens démons de son auteur. Mais le principal atout de Grant reste sa voix suave, apaisante et incandescente.

Parfois inégal, dans l’ensemble très posé, cet album possède la rareté d’allier à la fois simplicité et intensité. Avec comme trait, une délicatesse musicale qui tranche avec des textes parfois franchement crus.

 

John Grant

Pale Green Ghosts

Note : ♪ ♪ 

 

Ecoutez : 

Pale Green Ghosts

30/11/2010

Suivez le fil

 

N'ayant pas trouvé à cet article une digne introduction, sujette à vous laisser pantois, voici donc tout simplement quelques lignes à propos des derniers albums passés par mon lecteur mp3.

 

Tame Impala - Inner Speaker


tame impala.jpgDes vagues de guitares, un incessant effet planant, quelques sons qui crachent, et l'écho d'une voix au timbre proche de John Lennon. Avec ces ingrédients et d'autres, le groupe australien Tame Impala nous plonge en plein coeur du rock psyché. Plus qu'intemporel, Inner Speaker nous fait également perdre la notion du temps. Chaque chanson est dressée comme si elle durait 20 minutes, et l'album pourrait en soi passer pour une seule grosse chanson alternant les nuances. Quoi qu'il en soit, cette ambiance colorée ne tarit pas de la première à la dernière seconde. Faites toutefois attention à ne pas vous noyer dans ce côté répétitif, bien accentué par la boucle qui termine la dernière plage "I don't really mind".

Tarif : 6.5/10

Ecoutez : Solitude is bliss

 

 

Maximilian Hecker - I Am Nothing But Emotion, No Human Being, No Son, Never Again Son


max hecker.jpg2010 est l'année où ce songwriter allemand et pianiste de talent s'est offert un nouveau look, et de nouvelles inspirations. Sur cet album tout frais, c'est un Max retrouvé qui nous ouvre l'antre de son cortex. Si la mélancolie est toujours au rendez-vous, ses captivantes mélodies d'antan font place à des compositions plus profondes. L'émotion est intense, mais hélas trop évasive. De fait, cette projection intérieure a quelque chose de gênant, et surtout de trop personnel. Pris avec le recul nécessaire, et d'un point de vue purement musical, cet album paraît monotone, et répétitif. Seul un fan contemplatif pourra réellement en saisir l'essence.

Tarif : 6/10

Ecoutez : Nana

 

 

Xiu Xiu - Dear God, I Hate Myself

 

xiu xiu dear god i hate myself.jpgCe titre relate à lui seul tout le ressenti que provoque cet album. Composées à partir de réelles percussions et de sons électroniques disparates, les chansons du Californien Jamie Stewart sont cruellement poignantes. Tremblante et à vif, sa voix se fond parfaitement dans cette osmose mélancolique. En résulte un album très touchant, dont la musicalité expérimentale fait part d'une style unique, vierge de toute influence. "Dear God, I Hate Myself" est la preuve que la musique studio contemporaine peut exprimer un réel sentiment artistique. A découvrir pour les mélomanes explorateurs, et autres amateurs d'émotions intenses.

 

Tarif : 7.5/10

Ecoutez : Chocolate makes you happy

 

 

John Grant - Queen of Denmark

 

johngrant.jpgSur scène, où il gère actuellement les premières parties de Midlake, John Grant est époustouflant. Son album séduit également, mais dans une moindre mesure. Ses chansons sont belles, douces et inspirées, mais elles ont aussi un arrière goût de seventies trop prononcé. D'un avis personnel, il manque à cet album un soupçon de fraîcheur, et à certains titres une dose d'émotion que la voix de Grant, trop canalisée, ne parvient pas à soutenir. Il plaira cependant beaucoup aux nostalgiques de John Miles et de Supertramp, pour ne citer que ceux-là.

 

 

Tarif : 6/10

Ecoutez : I Wanna go to Marz

 

 

Bombay Bicycle Club - Flaws

 

bombay-bicycle-club-flaws.jpeg Entièrement construit autour d'une guitare acoustique, Flaws est un album très intimiste. La voix du chanteur Jack Steadman, douce et tremblante, y ajoute une pointe d'émotion. L'ensemble est toutefois un tantinet monotone, et manque légèrement de vie. Le côté relaxant, inhérent à ce style romantique, est enfoui sous une certaine tension qui masque l'arôme désiré et attendu. l'ensemble n'en reste pas moins plaisant, sans toutefois être exceptionnel.

 

 

 

Tarif : 6/10

Ecoutez : Flaws

 

 


Curry & Coco - We Are Beauty

 

curry coco.jpgDirectement inspiré par la synthpop des années 80, cet assortiment de mélodies électroniques simplistes peut de prime abord ressembler à une blague du genre "Pop! Goes my heart" - je vous laisse ici à vos références cinématographiques. Il s'agit avant tout d'un album très fun, d'un duo se donnant l'allure musicale d'un Boys Band asexué. Deux ados qui s'éclatent sans prétention sur un dancefloor de cartoons japonais. Toutefois, de par sa simplicité, la fraîcheur du concept s'essoufle au bout de quelques titres, malgré le coup de fouet apporté par les premières plages.

 

Tarif : 5.5/10

Ecoutez : Sex is fashion