01/03/2013

Sigur Rós @ Forest National

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Références absolues du post rock, génies pour les uns, véritables dieux pour d’autres, Sigur Rós étaient de retour ce mardi dans cette salle de Forest National qu’ils avaient éblouie lors de leur dernier passage, en novembre 2008. Entre ces deux soirs, seul un album a vu le jour, assez discret et pas réellement innovant. Il ne faut donc pas s’étonner si la playlist se concentre autour des titres phare de leur répertoire.


Au commencement, lorsque les lumières s’éteignent, le groupe preste prisonnier derrière une serre de toile, sur laquelle défilent ombres et images diverses. A l’intérieur de cet immense cube, on ne distingue que Jonsí, leader charismatique du groupe pour ceux qui l’ignorent encore. Déjà, on est emporté par des mélodies qui inspirent la quiétude, et nous expédient à des années-lumière du quotidien. Trois chansons plus tard, alors que l’orage gronde sur Ny Batteri, tombe l’immense voile qui, jusque là, dissimulait la scène. On découvre alors une plaine parsemées d’ampoules en forme de bougies, et un groupe accompagné en amont de cuivres féminins. En fond trône un écran géant semi circulaire, aussi large que la précédente toile. Les hymnes se déroulent, du merveilleux Saeglopur à l’envolé Glosoli et sa fantastique apogée, en passant par le mélodramatique Hoppipolla. Chaque titre dispose de son propre set d’effets lumineux, où spots et écran géant créent de parfaits décors organiques. Perdu en pleine forêt, noyé dans une eau tumultueuse, puis réveillé par une divine éclaircie, le public accompagne ainsi les Islandais au cœur de leur périple, qui en plus des chansons bien connues des fans, propose deux nouveautés davantage formatées et chargées de basses – fort heureusement, on est encore très loin du dubstep à la sauce Muse.


Après un peu plus d’une heure dix et un tonnerre d’applaudissements, le groupe revient sur scène, Jonsí en tête, pour un long rappel où sont mis à l’honneur les chansons les plus longues de leur répertoire, notamment le paisible Svefn G Englar, qui avait ouvert la soirée lors de la tournée de 2008. Un rappel qui aura ainsi droit à sa petite demi-heure, avant que le glas ne sonne définitivement, et qu’on ne retombe à pieds joints sur le sol, en pleine réalité.


On peut se demander pourquoi la playlist n’a pas laissé plus de place à l’avant dernier album studio. On se souvient, en 2008, d’un tonitruant Gobbledigook se terminant sous une myriade de confettis. Ou d’un Festival au final très singulier, que le groupe avait pourtant joué lors de leur concert au festival Rock en Seine de Paris, en août dernier. Du côté du « show », si l’on peut greffer une dénomination aussi populaire à cet événement hors norme, on peut regretter l’absence d’une véritable surprise en forme de coup de fouet, même si l’ambiance mise en place accompagnait la musique à merveille. On peut aussi bien se taire et éviter de se plaindre, car quelle que soit sa forme, chaque concert de Sigur Rós reste comme une croix au fer blanc dans la mémoire de chacun.



Sigur Rós @ Forest National, Bruxelles

Mardi 26 février 2013

Note :  ♪♪♪♪

20/06/2012

Sigur Rós - Valtari

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Il aura fallu attendre quatre ans pour que Sigur Rós, groupe phare du mouvement post rock, sorte un nouvel album. Quatre années durant lesquelles Jonsí, son leader à la sensibilité hors du commun, n'a pas chômé.

 
Il y a d'abord eu « Riceboy Sleeps », un disque instrumental, libellé à son nom et celui de son partenaire Alex Somers. Ensuite, Jon Birgisson a sorti son album solo, sobrement intitulé « Go », une somptueuse galette enveloppée de joie et d'optimisme. S'en est suivi une tournée internationale des salles et festivals, et comme si ça ne suffisait pas, il enchaîna sur la composition d'une bande originale pour le film « We bought a zoo ». Je vous passe la liste complète de ses participations éphémères, et autres éclairs de génie isolés comme cette bouleversante reprise de « Time to pretend » de MGMT qui ferait croire Dieu.

 

L'Islandais n'arrête jamais, à se demander s'il lui arrive simplement de dormir. Et le plus incroyable, c'est que cette suractivité ne déprécie nullement la qualité de son œuvre. La preuve avec Valtari, nouvel opus étiqueté Sigur Rós, qui démontre que Jonsí est décidément incapable de sortir quelque chose de mauvais ou d'inachevé.

 

Si l'avant-dernière œuvre de Sigur Rós, « Með suð í eyrum við spilum endalaust », s'orientait davantage vers un format radiophonique, Valtari s'en éloigne sensiblement, pour revenir vers leurs premiers amours. Entendez  de longues aubades sans tempo véritable, alternant les mélodies organiques, majestueuses ou simplement tendres, sur lesquelles Ruissèlent des notes récitées en Vonlenska, la langue imaginaire inventée par Jonsí.

 

Cet album ne réserve aucune surprise aux fans invétérés, mais il se caractérise avant tout par une douceur intense et enveloppante, déchirée une seule fois par un passage orageux. Les trois derniers titres sont même d'un calme profond, pour ainsi dire redondant. Valtari s'absout donc de tout hymne à la joie, tels que ceux qui ouvraient « Með suð í eyrum við spilum endalaust » et « Go ». Il n'en est pas moins troublant et, à sa manière, réchauffant. C'est, à nouveau, de l’art acoustique à l'état naturel, qui démontre la capacité de son auteur à greffer une toute autre dimension au mot musique. Mais ça, on le savait déjà.

 

 

Sigur Rós

Valtari

Tarif: 8/10



Ecoutez:

Varúð

 

29/12/2010

Mes meilleurs concerts de 2010

 

Propice à la mélancolie, la fin d'année est la période idéale pour jeter un oeil dans le rétroviseur, et classer les souvenirs par ordre croissant sur une échelle d'appréciation. Au cours des douze derniers mois, j'ai bourlingué d'une salle de concert à l'autre, en visitant parfois plusieurs dans la même semaine. Alternant les assistances d'une centaine de braves et des publics de plusieurs milliers. Mélangeant les styles, folk, pop, rock, électro, etc. En tout et pour tout, et sans compter les festivals d'été, j'ai assisté à 53 concerts. Certains magistraux, d'autres simplement bons, et aussi hélas quelques déceptions.

De cette cinquantaine, j'en ai retenu 8, ceux qui m'ont le plus marqué. Je vous les offre en lecture, voici donc mon Top 8 des concerts de l'années 2010.

 

8. Coco Rosie @ Kulturfabrik, mercredi 19 mai


Une attente interminable, un départ précipité après deux chansons et un beat boxer qui meuble tant bien que mal durant de longues minutes. Ce début de concert chaotique, les soeurs Casady le rattrapent de belle manière, dès leur retour (inespéré) sur scène. Tout est mis en place pour plonger l'audience dans un état de rêverie complet. Une orchestration variée, alliant des instruments classiques à des objets du quotidien nonchalamment posés sur une table. Les voix des deux soeurs, l'une douce l'autre envolée, aussi différentes que complémentaires. Un décor tamisé, où les silhouettes se fondent dans les images recoupées d'une vidéo intimiste, diffusée sur un grand écran en fond de scène. Leurs robes de nuit et leur état second complétant le tableau d'un concert aux effets narcotiques, parfois apaisant, et fiévreux par moments.

 

7. The Temper Trap @ Atelier, mercredi 23 juin

Emmené par son charismatique chanteur, le quatuor australien livre une prestation gonflée d'énergie positive. Plus impressionnante encore que sur laser, la voix de Dougy Mandagi envole l'audience dans une bourrasque rock, emportée par des tubes plus accrocheurs les uns que les autres. Aucun répit n'est accordé, ni au public ni au groupe, le sympathique Dougy improvisant même une séance d'autographes après le concert, à la sortie de la salle. Du jamais vu et, espérons-le, à revoir bientôt.

 

6. Xiu Xiu @ Exit07, vendredi 19 novembre

Intense, touchant, poignant,... tels sont les qualificatifs désignant au mieux ce concert peu commun. Si l'électro pop expérimentale du duo californien suffit à plaire, le cadre intimiste et le tragique de la prestation finalisent la dramaturge. Assis derrière ses accessoires, Jamie Stewart est bouleversant dans son interprétation. Quant à sa comparse, peu expressive, elle n'en dégage pas moins un charme certain. La complémentarité agit, et le spectacle opère, rendant l'audience à fleur de peau. C'était la claque de l'année.

 


5. Two Door Cinema Club @ Botanique, mardi 23 novembre

Jeunes novices, ces Irlandais du nord ont encore le regard scintillant du début de carrière, et le visage qui s'émerveille sous les acclamations du public. Leur inexpérience ne les trahit pourtant pas, puisqu'ils maîtrisent déjà parfaitement leur art. Punchy, acéré, vivifiant, leur rock alternatif fait montre d'un talent hors pair, et d'une griffe qui ne demande qu'à se développer davantage. Ne leur manque qu'un répertoire conséquent, qui rallongerait leurs prestations d'une bonne demi-heure au moins, confirmant par la même leur statut de révélation de l'année.



4. Hot Chip @ Ancienne Belgique, dimanche 7 mars

Allègre et enjouée, la musique de Hot Chip monte en puissance une fois le quintet sur scène. La batterie résonne, guitares et synthés palpitent, transformant la soirée en véritable liesse électro rock. Micro en main, sautillant en permanence, le freluquet Alexis Taylor démontre que la moustache ne fait pas le geek. L'ambiance tourne rapidement à l'ivresse. De quoi se booster le moral pour toute la semaine.

 


3. Jónsi @ Ancienne Belgique, samedi 29 mai

Il est de ces magiciens qui transportent l'audience vers un autre monde. Quand il chante pianissimo, effleurant du bout des doigts les cordes de sa guitare acoustique, il règne au sein du public un silence religieux. Lorsqu'il explose, on se sent tournoyer dans une tempête comme s'il pleuvait réellement à l'intérieur de la salle. Le concert prend alors une dimension organique, qui va bien au-delà du simple aspect musical. L'Islandais a plus que du talent, c'est un génie.

 

2. Tom Mc Rae @ Ancienne Belgique, lundi 11 octobre

Si son style se veut mélancolique, les prestations du Britannique n'ont pourtant rien de déprimant. Tom use de son flegme, plaisante beaucoup, que ce soit avec son public ou ses musiciens. La richesse de son répertoire et la mise au point musicale peaufinent le travail émotionnel, et donnent à l'instant une contenance affective très intense. C'est un de ces concerts qui nous font vivre l'essentiel, et dont on ressort humainement plus riche.

 

1. Depeche Mode @ Paris Bercy, mercredi 20 janvier

Trente ans après leur premier album, les vieux ados de Basildon en ont encore dans le ventre. Dave Gahan est un infatigable show man, Martin Gore est époustouflant au chant, Anfrew Fletcher est ... Andrew Fletcher. Musiciens virtuoses, Christian Eigner et Peter Gordeno complètent à merveille le trio de base. Le spectacle est étincelant, et l'orchestration parfaitement rodée. Musicalement, la play list s'équilibre entre le neuf, le mythique et certains titres oubliés. Les fans frissonnent de plaisir, et même les sceptiques se laissent convaincre par cette prestation qui mérite la grande distinction. De Grands monsieurs !

 

 

09/04/2010

Dernières écoutes - Jónsi - Go

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Artiste dans l'âme, Jónsi n'est pas homme à se reposer sur ses lauriers, ni à se reposer tout court d'ailleurs. Le dernier album de Sigur Rós ne date pas de deux ans, et les derniers exemplaires de son projet avec Alex Somers "Riceboy sleeps" évacuent à peine les bacs des disquaires. On pourrait légitimement s'attendre à ce qu'il prenne des vacances bien méritées, et à ne plus entendre parler de lui durant quelques mois. Pourtant, notre Islandais préféré est déjà de retour, avec un rojet cette fois 100% solo, sobrement intitulé "Go".


Décrire le style Sigur Rós s'avère être une tâche bien subjective, qui plus est, mille fois répétée. Disons simplement que ce nouveau projet Jonsíen se veut plus proche de leur dernier album, optimiste et standardisé, que de toute autre de ses compositions. Celui-là même dont la pochette était ornée d'un dessin représentant, vu de dos, un troupeau d'humains en tenue d'Adam, traversant une route campagnarde d'une foulée pleine d'entrain. Cette même pochette qui, par ailleurs, demeure tout à fait contextuelle pour le projet à peine éclos...


En effet, "Go" peut s'entendre comme une nette évolution vers un eden lyrique, enchanté et paradisiaque. Sans repositionner les frontières de son univers bien particulier, Jónsi met clairement de côté l'intense noirceur d'anciens albums comme "Ágætis Byrjun" ou "( )". L'Islandais est bien dans sa peau, et ça s'entend. Un peu trop, puisqu'ici, il ne s'agit ni plus ni moins que de noyer l'auditeur dans un bain de bonheur. En fermant les yeux, on s'imaginerait presque en plein ciel, gambadant allègrement dans les nuages parmi une multitude de petits lapins roses et sautillants.


Hors cliché, la qualité est toujours de mise. Avec sa voix fluette qui, pour une fois, s'articule principalement en anglais, et sa musicalité très large, Jónsi a décidément l'art de provoquer les émotions à sa guise, d'effleurer l'esprit là où il faut, pour déclencher le trouble. Toutefois, au sein de cet album certes réussi, on regrettera l'absence de titres plus sombres, dans la griffe de ceux qui, jadis, avaient impressionné le public continental. C'est ici la bande son parfaite d'un film qui s'intitulerait "Jónsi au pays des merveilles".


Quoi qu'il en soit, comme à l'habitude, les fans de musique expérimentale seront enchantés, et les autres n'y comprendront rien.


 

Jónsi

Go

Tarif : 6.5/10

 

 

Ecoutez:


Go Do

Animal Arithmetic


Jonsí sera en concert le samedi 29 mai à l'Ancienne Belgique de Bruxelles, et le dimanche 30 mai à l'Atelier de Luxembourg.

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