01/02/2013

The Joy Formidable @ Atelier

IMG_2395.JPG

 


Pour leur première venue au Luxembourg, The Joy Formidable n’ont pas failli à leur réputation. C’est une véritable tempête de décibels qui s’est abattue entre les murs de l’atelier, ce jeudi soir.


D’emblée, on est frappé par leur envie. Leur prestation dégage une énergie vivifiante, rarement observée chez un trio. Ritzy Bryan, chanteuse guitariste blonde et menue, ne tient jamais en place. Elle sautille, manœuvrant sa guitare comme un bucheron sa tronçonneuse, en se mordillant la lèvre inférieure. Puis elle lève la tête et observe l'audience d’un regard écarquillé, en ne clignant jamais des yeux. A croire qu'en tournée, elle se nourrit exclusivement de caféine, par intraveineuse. Et lorsque la chanson se termine, la douceur regagne ses traits. Retrouvant son sourire de petite fille espiègle, elle se perd en remerciements envers une foule qui n’est pourtant pas venue en nombre.


Côté set list, ça balance du lourd dès le début. Après l’exaltant Austere, vient déjà le dernier single This ladder is ours, tout aussi piquant. On pense qu’ils ont grillé leurs meilleurs cartouches après dix minutes. C’est mal connaître leur répertoire, rempli de titres accrocheurs, qu’ils enchaînent pendant plus d’une heure sans laisser à l’adrénaline le temps de sécher. Si ce n’est, en milieu de set, une petite séquence « tendre et sentimentale » car oui, les spécialistes vous le diront, il faut toujours garder une petite chanson douce sous le coude. Plus tard, comme pour se rattraper, ils termineront l’unique mais conséquent rappel par un Whirring aussi jouissif qu’assourdissant.


J’en entends déjà me dire qu’il ne faut pas crier à la révélation, qu’on a déjà tout entendu. Soit, le rock existe depuis soixante ans, et personne aujourd’hui ne peut affirmer pouvoir le révolutionner. Mais ces jeunes Gallois possèdent néanmoins un talent peu ordinaire : celui de provoquer et d’optimiser l’excitation, sans jamais tomber dans la luxure. Maniant la puissance de leur jeu, ils en restent maîtres, et savent exulter en évitant de sombrer dans le trash metal anarchique, là où la frontière entre bruit et musique deviendrait très mince. Avec eux, le hard rock deviendrait presque accessible.



The Joy Formidable @ Atelier, Luxembourg

Jeudi 31 janvier 2013



 

joy formidable,atelier,rock

joy formidable,atelier,rock

joy formidable,atelier,rock

joy formidable,atelier,rock


09/06/2011

The Joy Formidable - The Big Roar

joyformidable.jpg

 

Disposant d'une honorable renommée outre-Manche, The Joy Formidable passe encore inaperçu sur le continent. A vrai dire, leur nom digne d'un boys band gay ne doit guère susciter la curiosité des fans de rock. Pourtant, si ceux-ci s'arrêtent sur cet album, ils réaliseront à quel point il est agréable d'être encore et toujours surpris, lorsqu'on pense avoir tout entendu.

 

Sur The Big Roar, le trio gallois nous replonge dans l'ambiance du rock progressif des années 90, sans jamais en produire une pâle copie. On passe de morceaux longs et sophistiqués, dressés sur des instrus post rock qui se terminent souvent en apothéose, à des titres plus courts, incisifs, au format "rock garage". C'est varié, imprévisible, intense comme du Mogwai et puissant comme du Smashing Pumpkins.

 

Un infime bémol est à émettre concernant le chant. Si la voix féminine apporte une pincée de douceur et de légèreté à ce solide cocktail rock, les effets qui la couvrent l'enferment en réalité, et l'empêchent de s'émanciper. Comme coincée dans une bulle de plastique, la demoiselle a parfois du mal à se faire entendre, d'autant plus au milieu de ces rugissantes guitares. Sans doute une simple question de goût, qui ne va pas jusqu'à gâcher ce captivant premier album.

 

 

The Joy Formidable

The Big Roar

Tarif: 7.5/10

 

 

Ecoutez:

Austere

Whirring