22/10/2014

Kele - Trick

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Avec ses potes de Bloc Party, Kele Okereke fait péter rock, gratte et rythme. Quatre albums, dont le brillant Silent Alarm, et son cultissime tube Banquet, dont le seul défaut est cette malhonnête déclinaison en générique de l’émission « Tous Ensemble » sur TF1. Une fois seul, il redevient Kele tout court. Orné de ce simple prénom, un premier album voit le jour en 2010, sur lequel le Liverpuldien d’origine nigériane étale un registre électro aussi surprenant qu’inhabituel. Avec « Trick », ce talentueux personnage s’éloigne encore, et bien comme il faut, de l’électrisante griffe Bloc Party. De quoi, à nouveau, entretenir les rumeurs de séparation autour du quatuor ? Ceci est un autre sujet.

 

Quatre ans après son coming-out électronique, Kele remet donc le couvert, avec ce nouvel album orienté chill. Un terme musical très en vogue en début de siècle, lorsqu’il rythmait afterwork et tintements de verre. Et comme la première fois, Kele parvient à s’approprier un style diffus, et à lui rendre vie et excitation, alors même qu’on le croyait usé. En témoigne la plage d’ouverture, la bien nommée « First Impressions », accompagnée de percussions feutrées, de voix ouatées, et de mélodies destinées à faire bouger les vertèbres cervicales, davantage que les jambes. Plus moite et intime, le titre suivant « Coasting »,  sent déjà la transpiration. On se love entre percussions répétitives et sons qui aspirent à la sensualité, pile poil là où l’auteur souhaitait que l’on se retrouve. L’album gagne ensuite en dimension avec le premier single « Doubt » et (sans doute) le suivant « Closer »,  tandis que ressurgit cette voix unique, qui ne nous manquait que trop. La recette musicale demeure, et agit, jusqu’au dernier morceau, le langoureux « Stay the night ». Notons également, sur certains refrains, l’apparition d’un second timbre, délicieux et davantage féminin.

 

S’il n’a à priori rien d’un album culte, Trick n’en est pas moins un nouveau pari réussi, de la part d’un artiste au talent bien trop minimisé, et qui  prouve qu’Outre-Manche, la multiplication de projets n’est pas l’apanage de Thom Yorke ou Damon Albarn.

 

 

Kele

Trick

Note:  ♪  

 

 

Ecoutez:

Doubt

 

19/09/2012

Bloc Party - Four

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En 2010, alors que le sympathique et talentueux Kele Okereke réussissait avec brio son escapade en solitaire, des mauvaises langues répandaient sur le net des rumeurs de scission du groupe qui l’avait fait connaître. Ses membres muets rassurèrent les fans via les réseaux sociaux, « Don’t worry, Bloc Party is still alive ! ». Deux ans plus tard débarque dans nos écouteurs le quatrième album des Londoniens, au titre rudimentaire de Four, dont certains ont cru alors, l’espace de quelques heures, qu’il ne verrait jamais le jour.

 

On pouvait penser qu’après son aventure en solo du côté de l’électro, Kele Okereke incite son band à effectuer la même translation. Il n’en est rien. On retrouve sur Four cette voix reconnaissable entre mille, puissante, lisse et déchirée à la fois, mais surtout cette griffe rock rapide et épurée, qui fit de Bloc Party un des groupes phare du mouvement alternatif des années 2000. Ce nouveau disque se voit même dispensé de toute chanson « surprise », telles celles qui ouvraient Intimacy, son prédécesseur de 2008 - les oreilles affûtées feront seulement un rapprochement, très sommaire, entre la plage d’ouverture « So he begins to lie » et un tube des années 80 de la Lady Gaga de l’époque. Pour ce qui est des variances de style, Four se contente de tendre, de temps à autre, vers le pop rock aéré, avec cette pointe d’émotion sincère qui ne pourrait venir d’aucun autre groupe au monde. Ailleurs, on appréciera les hymnes au réveil en fanfare, eux aussi bien typiques de leurs auteurs.

 

Four se place donc dans la continuité de ce que Bloc Party a toujours très bien réussi. Agrémenté de titres qui se logent facilement dans l’oreille, et même qu’on adore ça, il ne lui manque qu’une illumination artistique pour atteindre le niveau de Silent Alarm, le premier album de la bande à Kele, sorti en 2005. Ils avaient alors, il est vrai, placé la barre très, très haut. Le petit dernier mérite né anmoins sa place sur votre platine, et fera un pied de nez à ceux qui prétendent que Bloc Party est en perte de vitesse.

 


Bloc Party

Four

Tarif : 7,5/10



Ecoutez:

Octopus

Team A

Truth

 

14/11/2010

Kele @ Atelier, mardi 9 novembre 2010

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En matière de fréquentation, le public luxembourgeois est imprévisible. Tout comme certains groupes peu connus sont étonnement annoncés Sold out lorsqu'ils se produisent au Grand-Duché, d'autres artistes mieux référenciés peinent à attirer les foules. Ce fut encore le cas ce mardi 9 novembre, où l'Atelier était à ce point dépeuple qu'on se serait cru à un show case privé. A vue de nez, une centaine de personnes étaient venues applaudir Kele Okereke, pourtant auteur d'un premier album impeccable, et accessoirement leader d'un des groupes de rock les plus marquants de la dernière décennie...

 

101109 Kele Atelier (3).jpgQuoi qu'il en soit, l'adage qui dit que les absents ont toujours tort était d'application. La grosse poignée de fans présents eurent droit à un vrai concert électro. Entendez un "live" à proprement parler, totalement instrumentalisé, où le sampling ne produit pas l'essentiel des mélodies, et où le musicien principal ne s'appelle pas "Windows Media Player". Oui, on en a déjà vus...

Pour son projet solo, Kele s'entoure d'un vrai groupe, composé d'un énergique batteur au look de Ninja, d'un autre type très discret qui bidouille derrière une console, mais surtout d'une ravissante petite claviériste, dont la chevelure blonde s'envole lorsqu'elle sautille sur le rythme derrière ses synthétiseurs, monopolisant l'attention des yeux en manque de rinçage. Quant à la vraie star, celle dont le nom clignotte au dessus de la scène dans une enseigne de néon bleu, elle se concentre davantage sur son chant, si particulier, pinçant tout de même une guitare sur l'un ou l'autre morceau.

 

 

101109 Kele Atelier (14).jpgKele inspire la sympathie, avec son air simple et naturel, ses fringues de ville, et son grand sourire digne du chat de Chester. Proche de son public, il lui parle entre chaque chanson, n'hésitant pas à entamer une conversation avec Stéphanie, une Irlandaise du premier rang qui l'apostrophe avec fougue. Après deux minutes, il conclut ce dialogue par un humoristique "You're making me very impopular to all those guys... Stephanie, this next song is for you... and, ok, for all of you too!" qui provoque rires et huées moqueuses.

Pendant chaque morceau, l'anglo-nigérian se lâche, dansant sur chaque parcelle vide de l'étroite scène. Il en descendra une fois, se perchant sur la barrière de sécurité, parmi ses fans tout heureux de pouvoir le toucher. Le pauvre était pourtant malade comme un chien, sans doute est-ce pour cette raison que le concert durat à peine une heure, rappels compris. Mais son état vaseux ne se remarqua que lorsqu'il s'en confessa, précisant lui-même en début de rappels: "I'm giving you a few more songs and then I'm gonna throw up all night long...", toujours armé du même sourire resplendissant.

 

Pour ce qui est de la play list, Kele déroula les titres de son album solo, motivant le public sur les tubes On the lam et Tenderoni. Il n'oublia pas ses groupies de la première heure, en leur proposant un medley de Bloc Party, ainsi qu'une reprise à sa sauce du poignant "This modern love", qu'il n'avait de son aveu jamais tentée en live. Menée d'un bout à l'autre dans une ambiance très positive, ce concert aurait mérité une audience largement plus nombreuse, et ce malgré sa courte durée, seul reproche pouvant en être fait.

 

 


Kele,

Atelier (Luxembourg), mardi 9 novembre 2010.

 

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