12/10/2013

Kings of Leon - Mechanical Bull

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Ce sixième album de la famille Followill marque un retour aux sources, vers un genre « roots » à la fois moderne et bien américain. Exit les tubes formatés pour les stades, et autres balades à reprendre parmi des centaines de milliers de chœurs. Mechanical Bull présente 11 titres (13 sur l’édition Deluxe) taillés dans un rock aux influences country, tantôt décapants (« Don’t Matter »), tantôt mélancoliques (« Tonight »). Menées par des guitares incisives, les mélodies montrent un sens de l’accroche des plus efficaces ;  ni le rythme, ni l’intensité ne s’essoufflent, malgré un style riche mais relativement uniforme.

 

On imagine cet album comme le fruit du mal du pays qui les ronge lorsqu’ils sont en tournée, à des millions de miles de leur cher Tennessee. Sauf que cette fois, les Kings of Leon parviennent à nous transporter jusqu’à eux. Il s’assimile davantage aux deux premiers du groupe, Youth & Young Manhood et Aha Shake Heartbreak, sortis à l’époque déjà lointaine où leur popularité était encore à l’état de fœtus. A cette exception près, que le capital engrangé depuis vient gonfler la production. Mais dans le fond, ils s’offrent un réel plaisir, ainsi qu’à leurs premiers fans, et un peu moins à ceux de « Use somebody ». Le virage est donc couronné de réussite, et ce ne sera pas le dernier ; on pourrait l’oublier, mais ils ont à peine la trentaine.

 


Kings of Leon

Mechanical Bull

Note :

 


Ecoutez:

Supersoaker

Wait for me

Don't Matter


12/07/2013

Rock Werchter 2013

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Durant ces quatre jours dans la plus belle plaine au monde, j’ai pu assister, de très près comme de très loin, à de nombreux concerts. Voici quelques mots sur ceux qui ont retenu mon attention. Pour les autres, soit je n’y étais pas, soit je n’étais pas en état d’émettre un jugement objectif …

 

 

Bloc Party – The Barn, jeudi 21h10

 

Peu en faisaient un must see du week-end. Et pourtant, sur scène, Bloc Party reste une valeur sûre, malgré une baisse de notoriété et des rumeurs persistantes de séparation. Emmenés par un Kele Okereke charismatique et omniprésent, les Anglais ont livré un show propre mais punchy et sans fausse note. A se repasser la set list en tête … Hunting For Witches, Flux, Banquet, This Modern Love, Helicopter … Tout cela valait largement une main stage.

 

 

Sigur Ros – The Barn, jeudi 23h10

 

Un festival fait la part belle à l’ambiance musicale et à l’ambiance tout court. Entre bières et décibels, libre à chacun de choisir son propre cocktail. Jusqu’à ce que surgissent Sigur Ros et leurs magiques ritournelles. Un groupe que le succès tardif n’empêche pas de se redéfinir à chaque sortie. Je me pensais immunisé,  je craignais d’être lassé, et les Islandais m’ont une nouvelle fois mis à terre. Quand Sigur Ros est sur scène, tout le reste n’a plus vraiment de sens.

 

 

The Bots – Main Stage, vendredi 13h45

 

Rien de tel qu’un concert punk pour commencer la journée. Hélas, celui-là sentait l’improvisation. L’énergie dégagée durant les titres au format de poche fut annihilée par de trop longs silences de transition. Descendre dans la fosse, remonter avec un paquet de Choco Prince et une fan hystérique sous le bras, tout cela est fort sympathique, sauf quand ca dure des plombes… La scène principale était sans doute trop grande pour The Bots, puisque la sauce ne monta guère plus loin que la première barrière.

 

 

Two Door Cinema Club – Main Stage, vendredi 15h20

 

Les Nords Irlandais semblent se délecter de leur ascension, si l’on en juge par leur nouveau look : bijoux bien apparents et costumes impeccablement repassés. Ils n’ont, en apparence, plus rien des pop-rockeurs bourgeonnants qu’ils étaient encore il y a trois ans. Heureusement, leur style explosif et leur ribambelle de tubes font toujours mouche. Y compris les titres issus de « Beacon », leur second album légèrement plus soft. Mission accomplie, donc, pour ces ex-gamins que le succès n’a pas encore transformés en nouveaux Coldplay, et merci bien.

 

 

Kings of Leon – Main Stage, vendredi 22h00

 

Partis en tournée sans nouvel album, les frères et cousins Followill semblent fouiller dans le vide à la recherche de leur motivation d’antan. C’était certes gagné d’avance, grâce à une set list du feu de Dieu, en forme de best of. Mais l’ambiance que l’on souhaitait enflammée fut tempérée par une prestation en roue libre, sans réelle passion, et alourdie par de longues pauses entre chaque chanson. On a connus les Kings bien plus fringants ; ce vendredi, ils sont simplement venus faire leur travail, et assurer le minimum syndical.

 

 

Blur – Main Stage, vendredi 00h10

 

Au vu l’hyperactivité de son leader, on n’espérait plus voir Blur revenir au premier plan. Damon Albarn a montré qu’il restait fidèle à lui-même, et à ses premiers amours. Vu la taille de son CV, il a pourtant de quoi se la péter bien plus que certains de ses compatriotes (et surtout ce type assez crasseux, coiffé comme un âne, avec une énervante voix nasillarde, qui chantait avec son frère dans un groupe au nom d’une boisson fruitée… comme s’appelle-t-il déjà ??). Sur la Main Stage, ces grands représentants de la pop anglaise ont aligné leurs nombreux hymnes sans chichis, ni ego surdimensionné. A commencer par Boys and Girls, histoire qu’on se rappelle bien qui ils sont. Au final, c’est une immense vague de bonne humeur qui a déferlé sur la plaine. Simple, efficace, et à aucune moment ennuyeux.

 

 

Django Django – The Barn, samedi 18h05

 

Django Django is unchained ! Comme Hot Chip ou M83, les Londoniens font partie de ces groupes dont la musique prend une toute autre dimension sur scène. Tenant un rythme soutenu, alternant montées et apogées, harmonies vocales et passages instrumentaux, ils ont entraîné la Barn dans une intense spirale festive, pour ce qui fut au final l’une des plus emballantes prestations du week-end. Impossible de sortir de là sans sourire aux lèvres et fourmis dans les jambes.

 

 

James Blake – Klub C, samedi 20h55

 

Face aux monstres de Volbeat qui se déchainaient sur la main stage, l’electro minimaliste de James Blake n’a pas failli. Installant sans attendre un niveau d’intensité élevé, via des sons hypnotiques, et des basses percutantes qui ont fait vibrer plus d’un diaphragme, le beau gosse a en outre joué de sa voix aux vertus narcotiques, pour plonger dans son monde un public très jeune. La prestation, nappée d’une forte aura sensuelle, a emballé la Klub C malgré le statisme radical des musiciens, demeurant assis du début à la fin. Éblouissant pour un artiste de 24 ans à peine.

 

 

Rammstein – Main Stage, samedi 23h25

 

Rammstein en tournée, c’est une trentaine de camions et des hectolitres de carburant. Derrière leur apparence de psychopathes, ce sont aussi de vrais pros, tous diplômés en pyrotechnique. De fait, ce show potentiellement dangereux (on aurait tendance à l’oublier) demande une précision millimétrée. Alors même si le spectacle ne laisse aucune place à l’improvisation musicale, il vaut la peine d’être vu de près. N’y emmenez cependant pas vos enfants ; certaines scènes à caractère sexuel sont très réalistes, et pas du meilleur goût.

 

 

Depeche Mode – Main Stage, dimanche 21h15

 

On a écrit un peu tout et n’importe quoi sur ce concert, dont le seul défaut fut qu’il était sans doute davantage destiné aux fans parmi les festivaliers, qu’à la plaine entière. Malgré tout, il s’agit d’une des meilleures représentations du week-end. Après une ouverture en mode Delta Machine, Walking in my shoes met tout le monde d’accord. Les tubes de toute époque se succèdent, Precious, Policy of Truth, A question of time. Comme à chaque fois, Martin Gore prend le micro au survolté Dave Gahan le temps de deux titres confidentiels, le subjuguant Home en piano-voix, et un Higher Love, judicieusement sorti du placard. Comme de coutume, ils clôturent la première partie sur l’enchainement Enjoy the Silence - Personal Jesus. En rappel, Just can’t get enough pour les moins mélomanes et autres amateurs de farandoles, avant l’habituelle apothéose sur Never let me down again. Peu de surprises, mais c’est carré, efficace, et terriblement frais. Une nouvelle démonstration de la part de ces quinquagénaires plus en forme que certains néophytes.

 

 

Editors – Main stage, dimanche 23h35

 

Il paraitrait qu’en Flandre, le succès de masse d’Editors justifie le fait de les voir clôturer le festival pour la seconde fois en deux ans. Je me souviens, moi, d’un concert à l’atelier (Luxembourg) en 2009 devant moins de mille personnes, qui m’avait complètement retourné. Il est probable que cela n’arrivera plus jamais. Car leur carrière semble aujourd’hui emprunter la route qui mène droit aux stades, et à un statut de U2 nouvelle génération. Bye bye explosivité et promiscuité, qui leur convenaient si bien. Mais après tout, s’ils préfèrent se perdre dans des albums destinés à l’Ultratop, ou des BO de films pour ados en fleur… il nous reste encore Interpol et White Lies, pour ne citer que ceux-là. Quant à ce concert de clôture, il n’était pas intrinsèquement mauvais. Juste carrément hors-contexte, surtout accompagné de feux d’artifice distillés un peu n’importe quand. Et de la part d’Editors, j’ai déjà vu beaucoup, beaucoup mieux que cette compilation des chansons les plus passe-partout de leur répertoire.




Rock Werchter 2013

4, 5, 6, 7 Juillet 2013



07/11/2010

Kings of Leon - Come Around Sundown

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Derrière ce vieux Polaroïd délavé, ressemblant à s'y méprendre à une pochette de 33tours de la période des hippies, se cache le dernier album studio des Kings of Leon. Il s'agit déjà de leur cinquième, ce qui peut paraître surprenant, puisque notre inconscient collectif ne les a promus que fraîchement au panthéon des groupes rock contemporrains. C'est qu'à ses débuts, la bande à Caleb Followill trempait dans le rock typiquement américain. Un style difficilement exportable en Europe, peut-être car injustement trop associé à du bourre-pipe pour gardiens de ranch à moustache et cheveux longs.

 

En 2007, Pour leur troisième album, intitulé "Because of the times", les rockeurs sudistes prirent rendez-vous chez le coiffeur, et s'essayèrent à un style alternatif davantage ciblé sur le grand public. Si le succès ne fut pas retentissant sur le vieux continent, le résultat était bien plus qu'encourageant, vu la puissance de titres comme On Call, ou le terrible et saisissant Knocked Up qui ouvrait le LP. L'année 2008 sonna leur triomphe, lorsque "Only by the night", leur petit quatrième, débarqua chez tous nos bons disquaires. Armé des tubes Sex on Fire et Use Somebody, cet album boosta leur notoriété, et les propulsa sur les plus grandes scènes. Logique et méritée, la renommée internationale était enfin acquise.

 

Come Around Sundown se place dans la continuité de la discographie des Nashvilliens. Semblable à Only by the night, bien que légèrement plus mielleux, il contient son lot de tubes accrocheurs et de douces balades dont ils ont le secret. Plus que correct, et même franchement bon, il séduira sans peine les fans comme le grand public (pas trop grand quand même, veillez à ne pas dépasser les limites habituelles de ce blog). Avec un peu plus de recul, on remarquera un manque flagrant d'originalité, ainsi qu'une évolution à l'état statique par rapport aux deux précédentes galettes. A présent qu'ils connaissent leurs recettes à succès, gageons que ces petits malins de Kings of Leon ne comptent pas en changer tout de suite.

 

Kings of Leon

Come Around Sundown

Tarif: 6.5/10

 

Ecoutez:

 

Radioactive

Pyro

The Face

 

Redécouvrez:

Sex on Fire

Knocked Up (live)