01/05/2013

Lescop @ L'entrepôt

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Calé entre les mois d’avril et de mai, le festival des Aralunaires propose une programmation alternative, destinée à un public curieux qui souhaite découvrir des artistes références de demain. Un statut qui colle bien à Lescop, lequel tenait l’affiche du lundi soir dans une salle de l’ « entrepôt » entièrement rénovée. A 34 ans, ce castelroussin relance une scène cold rock à la française, que l’on aurait pu croire enterrée suite à la disparition de Daniel Darc. Que nenni, après le concert de ce lundi, on peut affirmer qu’elle a encore de beaux jours devant elle. Il est même fort probable que l’avènement de ce vrai artiste créera d’autres vocations.

 

Un vrai artiste, car doté d’un imposant charisme scénique. Au milieu de ses musiciens, Lescop impose une forte présence du début à la fin. Il ne se contente pas de réciter ses textes, mais les mime et les revit, à travers ses postures et son regard électrique. Il ne cligne pour ainsi dire pas des yeux, tient son micro comme Ian Curtis, et entre les couplets, ondule des hanches comme un serpent qui danse. Dans l’ensemble, la prestation affiche un niveau professionnel époustouflant pour un style musical d’apparence insouciante, qui rappelle que l’ancien leader du groupe Asyl n’est plus un amateur depuis de longues années. Ce degré technique élevé lui permet de détailler les moindres recoins de son univers, et d’aider l’audience à s’y jeter tête première.

 

La set list apparaît comme finement calculée, distillant parfaitement les passages remuants, à tendance orageuse, et d’autres mélos et plus envoûtants. Au vu du grand succès rencontré par « La Forêt », on peut s’attendre à ce qu’il la garde pour les rappels. Mais Lescop n’aspire pas à être l’homme d’un seul single, et surprend son monde en plaçant ce titre en milieu de set, parmi une suite de titres survoltés. Ses autres compositions n’ont de toute façon rien à envier à celle qui l’a fait connaître, que ce soit sa tournée des villes ; « Ljubljana », « Los Angeles », « Tokyo la nuit » et sa langoureuse introduction, ou ses personnages féminins ; Sandra qui s’endort dans la « Nuit américaine », mais aussi l’ensorcelante « Marlène », extraite de son EP de 2011.

 

Lescop a beau être dans le vent, il ne se laisse pas pour autant porter. Maitrisant parfaitement son jeu et son intriguant personnage, il réussit à captiver l’audience, et à l’aspirer dans son monde rempli de promesses. A la fin du concert, on ne peut que se dire qu’il n’a pas fini de grimper, et que la prochaine fois, il faudra faire quelques kilomètres de plus pour aller le voir.



Lescop @ L’entrepôt,

Festival « Les Aralunaires », Arlon

Lundi 29 avril 2013


Note: 

 

19/12/2012

Lescop (éponyme)

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De son vrai nom Mathieu Peudupin, Lescop est l’OVNI qui cette année, a permis au mouvement cold wave de véritablement se poser sur la planète musicale francophone. Sa griffe mélange la poésie leste et sombre d’Etienne Daho période « La Notte La Notte », et la gravité musicale brute de Joy Division, avec une basse prédominante et un voile en tapis sonore, inspirant l’inconnu. Les guitares, par moments acidulées, jouent un second rôle important, au moment des solos. Quant à la voix de Mathieu, sombre et impassible, elle place l’auditeur dans une position de confortable passivité.

 

D’apparence terne, ce style s’avère en fait très sexy, et n’empêche pas ce premier album d’être éclatant, loin s’en faut. Conduit par l’obsédant single « La forêt », et prolongé par une entêtante « Nuit américaine », il peut toutefois devenir répétitif, surtout lorsque le chant pose la même mélodie d’un morceau à l’autre. Mais Lescop utilise au mieux son orchestration légère, pour construire une suite de titres enivrante, nous emmenant de Tokyo à Paris, ou de Ljubljana à Los Angeles. Il y a dans sa musique quelque chose d’emballant et de narcotique à la fois, qui lui vaut bien le titre de révélation.



Lescop (éponyme)

Tarif : 7,5/10



Ecoutez :

La forêt

Tokyo, la nuit