08/10/2011

Patrick Wolf - Lupercalia

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Je n'introduirai pas cet album en vous disant, comme à chaque fois, que son auteur est un artiste hors norme. Mes fidèles lecteurs, en espérant qu'il y en ait (et d'autres que ma famille ou mes amis, signalez-vous si vous en êtes !), savent à quel point je porte Patrick Wolf en estime.

 

Comme tout artiste qui se respecte, le longiligne Londonien se laisse guider par ses influences du moment. Son album de 2009, "The Bachelor", devait ainsi connaître une suite, au titre annoncé de "The Conqueror". Ces deux opus formant alors un double album intitulé "Battle". Oui mais voilà, après la dépression qui avait accompagné l'écriture du Bachelor, la vie de Patrick fut chamboulée par l'avènement d'un amour très fort. Exit donc le projet d'un double album en tunique de guerre, une fleur au fusil étant venue lui faire tourner la tête, et modifier ses plans de façon radicale.

 

Se sentant pousser des ailes, il lui prit l'envie de dédier un album entier à ce merveilleux sentiment qu'est l'amour. Thème maintes fois abordé en chanson, retourné dans tous les sens, et qui, ne nous le cachons pas, sert de fond de commerce à beaucoup de professionnels du métier. Se gardant bien de plonger dans la soupe populaire (qu'il en soit remercié), Patrick a tenté une approche nouvelle et originale, tout en restant bien sûr personnelle. Le fruit de ce travail s'intitule Lupercalia, du nom d'une fête rituelle de l'empire romain, célébrant l'amour et la fertilité.

 

Pour mener à bien ce projet, Patrick s'est donné les moyens de ses ambitions, avec une instrumentation variée et complète, au sein de laquelle le violon et le piano tiennent, comme toujours, une place primordiale. On retrouve donc sur Lupercalia le style baroque bien typique de son auteur, qui prend ici une envergure encore plus majestueuse qu'auparavant. Le résultat est accompli, et c'est le moins que l'on puisse dire, puisque cet album respire l'amour du début à la fin. C'est un vrai conte musical, comprenant des moments d'émancipation très forts, et d'autres plus intimes, mais tout aussi positifs. Il est cependant hardi de vouloir faire mieux que le populaire sans que cela y ressemble. L'appréciation de cet album va donc de pair avec les goûts de chacun en matière de sentimentalisme exacerbé. Quoi qu'il en soit, Patrick emporte son pari haut la main, en parvenant à maintenir un euphorisme constant, sans jamais tomber dans la niaiserie.

 

 

Patrick Wolf

Lupercalia

Tarif : 7/10

 

 

Ecoutez :

The City

Time of my life