14/07/2012

M83 @ Rockhal

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« On était venus ici il y a trois ou quatre ans, et la salle était beaucoup moins remplie ! Nous sommes donc ravis de revenir jouer pour vous ! ». Ces quelques mots sont, à peu près, les seuls prononcés par Anthony Gonzalez, le leader de la formation française M83, qui s’échoue dans la box de la Rockhal en ce jeudi 12 juillet. L’éclatante sincérité qui les accompagne tend à montrer que malgré le succès récemment grappillé, le melon n’est pas encore à l’ordre du jour.


Le concert débute par l’apparition sur scène d’un étrange humanoïde à peau terne, trompe nasale et yeux globuleux. De ses doigts flottant dans l’air jaillissent des rayons laser qui se perdent dans la foule. La visite de ce messager venu d’ailleurs précède de peu l’arrivée du groupe, à composition très éclectique. Gonzalez s’accompagne d’un batteur entre deux âges et discret, comme le sont la plupart des percussionnistes, d’une musicienne vocaliste à longue chevelure ondulée aussi noire que sa robe du soir, et d’un jeunot survolté qui ne reste jamais en place.


La troupe évolue dans un décor de science fiction. Devant un fond de scène entièrement étoilé, trois immenses carrés digitaux posés sur leur coin diffusent une myriade d’effets lumineux. A chaque tube sa propre atmosphère visuelle, avant que la salle ne plonge dans le noir entre chaque chanson. Ce showlight effervescent ferait passer celui de Lady Ga Ga pour un jeu d’allumettes mouillées ; le groupe essaye d’en mettre plein la vue, mais aussi plein les oreilles. Si le visuel subjugue, la playlist proposée en fait de même.


Le son M83 est intemporel. Entêtantes et séductrices, les mélodies donnent au concert une allure de bande originale de songe. Le groupe alterne les couplets au schéma pop rock classique, les gimmicks qui s’enracinent en tête, et les longues montées instrumentales qui regorgent de tension. A certains moments, on frôle le post rock lancinant, au rythme fracturé. Cette plongée dans le rêve éveillé est renforcée par un chant groupé, souvent chuchoté, et hautement sophistiqué. Les guitares se noient dans une houle d’arrangements électroniques, et on ne distingue pas toujours le son des cordes dans cette tempête de décibels. Le concert s’accompagne également d’une bonne dose de sampling, qu’on pourrait leur reprocher pour des raisons de spontanéité. Mais les effets préenregistrés restent minimes, c’est même un vrai saxophoniste qui débarque sur le terrible et attendu Midnight City. Le concert n’est terni que par le statisme du public de la Rockhal, décidément bien mou en cet été pluvieux. Mais qu’importe, les membres surmotivés de M83 auront ravi leurs vrais fans avant tout.



M83 @ Rockhal, Esch-sur-Alzette, Luxembourg

Jeudi 12 juillet 2012

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18/05/2012

M83 - Hurry up, we're dreaming

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M83 a récemment apporté du sang neuf au monde de la pop music. Si cette formation made in France n'en est plus à son premier coup d'essai, leur remarquable percée est néanmoins comparable au boum retentissant provoqué par le premier album de MGMT en 2008.
 

Hurry up we're dreaming remet au goût du jour l'âme de la pop champagne des années 80, période où ce genre populaire, adressé aux foules de 7 à 77 ans, était au sommet de sa gloire. Avec ses mélodies aussi bonnes que synthétiques, sortes de soda conditionnés en ondes, ses harmonies vocales entêtantes et chargées d'écho, et surtout ses riffs cruellement addictifs, le style M83 a le potentiel pour séduire un large public, allant des mélomanes nostalgiques de l'époque des musicassettes aux padawan d'aujourd'hui, ceux pour qui les noms de Freur, Tears for Fears, ou Living in a box ne signifient rien.

 

Comme l'annonce le paradoxe de son titre, l'album alterne les rythmes et distille les émotions. D'une haletante introduction, partagée avec la douce et froide Zola Jesus, le disque passe à "Midnight City", ritournelle pour insomniaques qui colle aux tympans, et incontournable tube de ce début d'année. Après l'envolé "Reunion", sans doute la plage la plus pop du registre, une courte pause fait place au profond "Wait", où M83 revisite le concept de slow, extirpant tout excès de sentimentalisme aigu de cette sirupeuse figure de style. Les plages se succèdent ainsi, partageant une identique aura lévitante, sorte de rêve intense et éveillé, sans jamais s'extirper d'une déconcertante simplicité musicale. Certains loueront le talent innovatif émanant de cet album, et d'autres affirmeront avoir déjà tout entendu. Difficile, cependant, de rester indifférent.

 

 

M83

Hurry up, we’re dreaming

Tarif: 7/10

 


Ecoutez:

Midnight City

Wait

 

 

 

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