02/07/2013

Miss Kittin - Calling From The Stars

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L’année de ses 40 ans, Miss Kittin revient avec un ouvrage à son image ; plus vraiment insouciant, mais encore tout à fait potable. Calling From The Stars est son troisième disque en solo, c’est-à-dire absout de la participation de son compère de toujours, j’ai nommé « The Hacker », le DJ le plus jovial de l’univers. Plus que jamais, ce double album creuse à la racine de ses influences, soit l’électro binaire, souvent répétitive, bien typique de la période New Wave. Il nage ainsi à contre-courant des tendances populaires, et s’acquitte de tout style dansant, au profit d’une atmosphère sombre et placide, pénétrante malgré la palette de sons dépouillés. Agrémentée d’une pointe d’effets et de sensualité, sa voix aux vertus aphrodisiaques ajoute une touche de chaleur à ces mélodies austères.


Caroline, puisque c’est son vrai nom, a clairement cherché à se faire plaisir, ainsi qu’à ses fans et plus globalement aux amateurs de cette cold wave électronique, qu’elle revisite ici sans toutefois la réviser. En témoigne un deuxième CD garni de longues balades d’ambiance instrumentales, au rythme plat, ainsi qu’une candide reprise d’ « Everybody Hurts » de R.E.M., surprenante même si pas réellement indispensable. Ce recueil plaira donc surtout à ceux à qui il est destiné.

 


Miss Kittin

Calling From The Stars

Note : 



Ecoutez:

Bassline

Flashforward

Come Into My House

Maneki Neko


21/08/2012

Suivez le fil

Islands – A Sleep and A Forgetting

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Formation canadienne née en 2005, Islands propose son quatrième album. Un opus aéré, élégant, à tendance folk très marquée, oscillant entre blues séduisant et cha-cha apaisant. Il règne dans cette bulle une atmosphère de quiétude qui jamais ne tourne à l’orage, et ce même lorsque le rythme s’accentue. L’ensemble orchestral est dénué d’artifice, et aucun instrument n’y prédomine réellement. A sleep and a forgetting est un album fringant certes, mais dont le manque d’intensité se fait vite ressentir. Ce style alangui peut ainsi provoquer un léger ennui, d’autant qu’il est dépourvu de réelle surprise.

 

Tarif : 6/10

Ecoutez : This Is Not A Song


Linkin Park – Living Things

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Au-delà de leur statut de groupe commercial post-moderne, il faut reconnaître à Linkin Park le talent d'avoir conquis la planète, grâce à leur nouvelle recette où metal et hip-hop se mélangent au sein d'une sauce qui reste néanmoins comestible. La qualification de "nouvelle" était valable au début de ce siècle, alors que le groupe d'Agoura Hills s'emparait des ondes internationales. Depuis lors, il faut bien admettre que le renouvellement ne fut jamais à l'ordre du jour. Sur Living Things, les Californiens font ce qu'ils ont toujours fait de mieux : aligner les titres punchy, chargés de beat et de guitares, emmenés tantôt par le flow de Mike Shinoda, tantôt par la voix puissante de Chester Bennington. Ils ne surprendront pas leur monde par ce nouvel opus, mais peut-être bien par leur capacité à trouver de nouvelles formules accrocheuses à partir des mêmes ingrédients. Entre l'infâme redécoupe de boucherie et la divine multiplication des pains, libre à chacun de se faire sa propre opinion.

 

Tarif: 6/10

Ecoutez : Burn It Down


 

Peter Kernel – White Death & Black Heart

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La question n’est pas de savoir qui est Peter Kernel, mais bien qui sont-ils. Peu renommé en Europe, ce trio d’origine canadienne nous apporte ici un second album de rock sec et carré, sombre et envoûtant. Embué de mélodies low-fi, il baigne dans une nonchalance certaine, qui contribue à alléger un rythme lourd et très carré. C’est un disque au caractère hargneux, au style bien ancré dans la période New Wave dite « post punk », dont votre serviteur est friand. Peu surprenant certes… si ce n’est juste quand il le faut. Au moment pile où on commence à le trouver itératif, il se met à résonner d’airs troublants (The captain’s drunk), puis endiablés (The Peaceful), voire les deux à la fois (We’re Not Gonna Be The Same Again) qui lui ouvrent une dimension de profondeur supplémentaire, quelque part entre The XX et les Breeders. White Death Black Heart est un album cru, à la simplicité purgative et exempt de toute chafouinerie. Surtout, rappelez-vous de ne pas vous arrêter aux premières plages !

 

Tarif : 7/10

Ecoutez : Panico ! This is love

 

01/03/2012

Ladytron - Gravity the Seducer

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Formé en toute fin de vingtième siècle, Ladytron a traversé la dernière décennie sans faire de bruit. Si leur nom ne titille pas la conscience collective, quelques-uns de leurs titres ne sortent pourtant pas de nulle part. Des singles comme « Playgirl », « Seventeen » ou « Destroy everything you touch » ont accompagné vos séances de cinéma ou parties de jeux vidéo, sans que vous ne sachiez qui se trouvait derrière ces bande-son.

 

Ladytron se positionne comme représentant de longue date d’une vague post New-Wave, ayant hiberné tout au long des années 90, pour ensuite ressurgir au devant de la scène, comme poussé par une fièvre électro-gothique. Débarqués au moment opportun, le quatuor de Liverpool est surtout parvenu à assurer sa pérennité, au cours d’une décennie n’ayant connu aucun mouvement musical de grande ampleur. En 2011, ils nous gratifiaient d’un double album Best Of, retraçant leur parcours de l’an 2000 à nos jours. Ils n’auront pas pris beaucoup de congés avant de regagner les studios, puisque quelques mois à peine après la sortie de ce recueil, nous arrive déjà un nouvel album tout chaud.

 

Puisqu’on ne change pas une recette prospère, on retrouve dans « Gravity the Seducer » cette atmosphère tiède et moite, parfumée de sons électroniques frivoles aux origines perdues entre la fin des années 70 et la décennie 80, bien que plus appuyés à certains moments. Placide et enjôleuse, la voix de la belle Helen Marnie contribue fortement au charme des lieux. Doux certes, agréable aussi, cet album manque toutefois de surprise et d’entrain. Il existe bien des nuances entre chaque titre, mais rien de ce qui se déroule ici n’est inattendu. D’autant moins alors qu’on sort à peine d’une double compilation de singles. L'ensemble paraît trop posé, et pas assez espiègle que pour réellement nous exciter. On appréciera, à certains moments, barboter dans ce bain angéliquement binaire, sans pour autant se sentir entraîner par un quelconque courant. Certains titres passés, nés d’une formule semblable, avaient plus de saveur.

 

Dire que « Gravity the Seducer » est un album inachevé équivaudrait à porter atteinte à l’intégrité du groupe. Pire, ce serait comme insulter un genre entier. Ou tout simplement, ce serait calomnieux. Mais le fait est qu'il pourrait être plus séducteur.

 

 

Ladytron

Gravity the Seducer

Tarif : 5.5/10

 

 

Ecoutez:

Ace of Hz