05/11/2012

LIARS @ Orangerie du Botanique

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Liars sont connus pour leur sens aigu de l’expérimentation, qui s’étend bien au-delà du simple concept de musique alternative. Ce vendredi, sur base de leur dernier né Wixiw, le trio de Brooklyn offre au public de l’Orangerie une prestation en plusieurs dimensions simultanées. Le premier niveau, basique, s’arrête à la simple perception visuelle et auditive. Nous avons face à nous trois artistes dont la pilosité dilettante contraste avec la classe vestimentaire. Affairés sur leurs instruments, plongés en pleine transe tribale comme le serait un conducteur de train sous LSD. Armé de bourdons à répétition, le tableau musical, de type électro rock, nous semble gentiment bordélique. Pour ce qui est du chant, il est à la limite de la justesse. Pour sûr, Angus Andrew n’est pas le genre d’artiste à chanter pour la communion de sa petite cousine, sur insistance de la famille.

 

Mais Liars, c’est bien, éminemment plus que cet apparent fatras. En vérité, le trio nous emmène là où yeux et oreilles s’aventurent rarement : à l’intérieur de l’œuvre. Au fur et à mesure que le concert défile, ce qu’on a sous les yeux se transforme en un tableau d’art contemporain, que l’on voit en 3D sans avoir besoin de porter des lunettes. Un tapis épais et poussiéreux, sur lequel la crasse s’amoncèle depuis la période punk, mais qu’un artiste expressionniste a gratifié de trois coups de pinceau magistraux. Avant de nous en apercevoir, nous sommes aspirés dans cette cuve d’eau de vie parfumée au tournesol.

 

Ce potentiel énorme, ils parviennent à le dompter sans mal. Le fauve s’aventure bien au bord de l’arène, parfois à la limite de leur portée, mais s’arrête avant d’être en mesure de semer le trouble. Ils nous semblent toutefois, à de minces reprises, contrôlés eux-mêmes par leur musique. Une musique en plusieurs dimensions, qui s’introduit en nous comme un clou rentre dans un mur, bien au-delà de l’effet provoqué par leurs enregistrements studio.

 


Liars @ Orangerie du Botanique, Bruxelles

Vendredi 2 novembre 2012.


26/11/2010

Two Door Cinema Club @ Orangerie du Botanique, Mardi 23 Novembre 2010

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Two Door Cinema Club est au rock ce que Lionel Messi est au football. Ils sont jeunes et discrets, mais leur jeu a quelque chose de magique. Et surtout, ça a l'air si facile quand on les regarde ! Ce mardi, l'Orangerie du Botanique est apparue bien trop petite pour le potentiel de ces natifs d'Ulster. Cette fougue, et ce don inné pour composer des tubes pourraient leur permettre de remplir des salles de plusieurs milliers de personnes, s'ils signaient avec une Major. Mais qu'ils s'en gardent bien, car ils y perdraient certainement une partie de leur âme !

 

A moins qu'un LP extraterrestre ne tombe du ciel au cours les 4 prochaines semaines, leur petit premier Tourist History sera mon album préféré de l'année. De même que leur prestation au Pukkelpop, en août dernier, fut pour moi la meilleure des 3 jours du festival. Il arrive souvent qu'on soit déçu quand on sait à quoi s'attendre, mais ce fut loin d'être le cas ce mardi. Le rythme fut soutenu du début à la fin, TDCC alternant les tubes de leur album avec de nouvelles chansons, aussi fraîches et accrocheuses que les premières. Ils ne s'arrêtaient que pour prendre la température du public, de la bouche de leur chanteur, le juvénile Alex Trimble.

 

Au sein de la foule, le concert démarra très calmement. Les spectateurs demeuraient immobiles, bougeant à peine la tête de l'avant vers l'arrière. L'enthousiasme grimpa au fil des chansons, pour atteindre un véritable niveau de liesse puisqu'on vit même un fan se payer une tranche de crowd surfing devant la scène. De l'Orangerie, TDCC nous avait transportés jusque dans la plaine du Pukkelpop.

 

Le seul défaut du concert fut sa durée, une heure dix à peine. TDCC n'ont, il est vrai, qu'un seul album à leur discographie. Même en rajoutant des titres inédits, la cadence imposée et l'émotion dégagée firent passer ces 70 minutes pour une petite demie-heure. Lorsque les lumières se sont rallumées, on en aurait bien repris pour autant.

 

 

Two Door Cinema Club,

Orangerie du Botanique, mardi 23 Novembre 2010.