28/10/2013

Girls in Hawaii - Everest

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Il y a un peu plus de trois ans, les Girls in Hawaii perdaient leur batteur, d’une façon aussi tragique que prématurée. Après une période de silence, bien légitime, ainsi qu’un remaniement d’effectif, ils trouvaient la force de revenir vers ce qu’ils font de mieux. Et plus encore, tant ce troisième album fait office de majestueuse résurrection.

 

Ce qui aurait pu servir d’exutoire dramatique révèle en fait une intense plénitude, à l’image de sa plage d’ouverture, qui ressemble à une naissance du point de vue du nouveau-né. Everest dévoile une musique rock à la fois douce et gonflée de vie. Troublant par son calme, sa profondeur et sa richesse, dissimulée derrière une apparente simplicité. Tellement vivant qu’à certaines compositions, il ne manque que la voix de Jonsí pour en faire le nouvel opus de Sigur Ros, les maîtres du genre. Les mélodies semblent s’évader des grillages de leur partition, pour s’envoler vers ce toit du monde, où rien n’a d’importance ni de gravité.

 

Pour faire simple, les Girls in Hawaii en 2013, c’est encore mieux qu’avant. On pourrait chercher une raison à cette évolution, mais cela pourrait amener à de douteux rapports de cause à conséquence. Contentons-nous donc de cet album, pour autant que « contenter » soit le verbe adéquat, tant Everest touche à la perfection.

 

 

Girls in Hawaii

Everest

Note :

 


Ecoutez:

Misses

Not Dead

 

19/09/2011

Hundreds (album éponyme)

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On pourrait hésiter, mais non, le nom de la formation anglaise UB40 ne vient pas du fait qu'elle compte effectivement 40 musiciens (n'osez pas douter que je puisse vous en expliquer la véritable origine, ce n'est simplement pas l'objet de cette chronique). Pareillement, Hundreds ne compte pas 100 membres, puisqu'il s'agit en réalité d'un duo. Un jour, elle lui a expliqué un rêve, où elle s'était vue, avec lui, au milieu de cent alter-egos. Il lui répondit qu'il voyait là un nom parfait pour leur groupe.

 

Lui, c'est Philip Milner, 36 ans, compositeur dans l'ombre. Elle, c'est Eva, sa soeur cadette qui fête ses 30 ans cette année. Une chanteuse au timbre proche de celui de Dido, moins chaleureux, mais plus envoûtant. Tous deux viennent d'Hambourg, et font de la musique ensemble depuis des années. Ce n'est qu'en 2008 qu'ils enregistrent les bases de leur premier album, sorti cet été en Europe. Je les avais découverts sur scène en décembre dernier, lors du concert de leurs compatriotes de Get Well Soon, dont ils assuraient la première partie devant un parterre à moitié vide. Ils m'étaient alors inconnus, mais leur set long d'une heure m'avait fortement séduit.

 

Cet album éponyme dégage une ambiance froide et pénétrante, calque parfait de l'univers de la fratrie Milner. Mélangeant électro et organique, leur musique est agrémentée d'une myriade de sons inhabituels. Ces bruits harmonisés entourent un piano omniprésent de la première à la dernière plage. La plage, on en est d'ailleurs fort loin ! Au contraire, ce disque nous emmène dans des recoins sombres et isolés, de ceux où il vaut mieux emmener sa doudoune, plutôt que son maillot de bain.

 

Cet album possède un côté captivant, innovant d'un certain point de vue. Son seul bémol est sa progression, trop régulière, puisqu'il ne compte réellement qu'un seul titre remuant. Rythmé par des clappements, des boucles vocales et des accords de piano posés à contretemps, "Song for a Sailor" est à ce point réussi, qu'il est dommage qu'il soit le seul dans cette veine. Hormis celui-là, "Hundreds" reste un album relativement placide, qui surprend davantage dans sa découverte que lors de son déroulement. Un déroulement qui n'en est pas moins très agréable à suivre.

 

 

Hundreds

Album éponyme

Tarif : 7.5/10

 

 

Ecoutez:

Solace

Song for a Sailor

Let's write the streets (live)