16/07/2014

Klaxons - Love Frequency

klaxons-love-frequency.jpg

 

Qu’est-il arrivé aux Klaxons ? Eux dont chaque single faisait l’effet d’un souffle en pleine face d’un ventilateur sous ecstasy ? Eux dont les deux premiers albums, les excellents « Myth of the Near Future» et « Surfing The Void » débordaient de saine adrénaline ? Eux pour qui la presse musicale, incapable de catégoriser leur son hybride et explosif, avait expressément créé le terme de New Rave ? Eux dont l’écoute de ce troisième et nouvel opus soulève une question existentielle : souffriraient-ils de daft-punkite aigüe ?

 

 

A l’écoute de Love Frequency, on soupçonnerait presque qu’il s’agisse d’un groupe homonyme, tant on ne retrouve que trop peu leur griffe si particulière, cette fougue délurée, insouciante, et parfaitement maîtrisée. Ici, on vogue gentiment entre dance, pop, funk et pseudo-psyché, sur des eaux électroniques qui dans l’âme comme dans l’allure, n’ont plus rien de rock n’roll. Les jadis fringants Londoniens jonglent entre des ersatz de MGMTFoster The PeopleImagine Dragons, voire même... One Republic, ou carrément Jean-Michel Jarre lors d’une plage exclusivement instrumentale, et ennuyante à souhait. Ajoutez-y des intonations vocales calquées (volontairement ou non) sur Justin Timberlake, et vous obtenez un disque aussi dissipé que gominé, forniquant sans honte ni orgueil avec le son étiqueté « indé » que tout le monde se tape depuis des mois. Bref, une belle déception.

 

Klaxons

Love Frequency

Note : 

 

 

Ecoutez:

There Is No Other Time

28/08/2013

Suede - Bloodsports

Suede.jpg

 

 

A l’instar des Cranberries et des Smashing Pumpkins, Suede a connu son heure de gloire dans les années 90, avant de disparaître à l’aube du nouveau millénaire, pour mieux se reformer quelques années plus tard. Ceux qui, comme moi, ont eu la (mal)chance d’assister à un concert de la clique à Billy Corgan ces deux dernières années, émettront une réserve quant à l’utilisation du mot « mieux » dans la phrase précédente. Mais inutile de tirer sur le corbillard, ceci n’est qu’un aparté dans la présente chronique.

 

Le quintet londonien mené par Brett Anderson, chanteur-lover au nom bien … suédois, goutait alors au succès international, certes, mais ne provoquait pas tant l’hystérie des fans que les deux précités. Seuls quelques singles tels "Animal Nitrate", "So Young", "Beautiful Ones", raisonnent à l’oreille des trentenaires d’aujourd’hui, comme un rappel de leur insouciante jeunesse.

 

Ce premier album post-reformation débute plutôt pas mal, par "Barriers" et "Snowblind", deux titres « coup de poing » à la carrure de single. La suite, quelque peu moins emballante, barbotte dans un pop rock romantique un tantinet trop formaté. Sur la fin du disque, trop placide, l’ennui commence à se faire ressentir. On se sent bien rajeunir, bercés par la voix pinçante et si particulière d’Anderson, mais c’est bien là la principale satisfaction ressentie. A un autre band, on reprocherait de vouloir faire du neuf avec du vieux. Loin d’être mauvais, Bloodsports manque toutefois d’une sérieuse prise de risque, et de ce peps vivant et insouciant, qui nous gardait alors devant MTV, lors des après-midi pluvieux.

 


Suede

Bloodsports

Tarif :



Ecoutez:

Barriers


11/12/2012

Suivez le fil - Amy MacDonald, The Gaslight Anthem, Grizzly Bear

Amy MacDonald – Life in a beautiful light

 

amymac.jpg

Malgré sa jolie bouille, son air de belle fille idéale, et ses fins doigts pour gratter sa guitare, Amy MacDonald fait partie de ces artistes dont le ramage s'éloigne sensiblement du plumage. On a beau écouter ce troisième album plusieurs fois, rien ne le distingue de ce que la ravissante Ecossaise fait depuis ses débuts : un pop folk doré mais lourdement standardisé, qu'elle nappe de sa jolie voix solennelle, et dont chaque titre est un calque du précédent. C'est loin d'être infect, mais c'est tellement huilé que ça s'engouffre dans une oreille, et ressort immédiatement par l'autre. Quel dommage, car avec un peu de surprise, de profondeur ou d’intimité, cela pourrait prendre une toute autre dimension. Avec tout ça, manquerait plus qu’elle soit moche…

 

Tarif : 4/10

Ecoutez : Slow it down 


 

The Gaslight Anthem - Handwritten

Gaslight-Anthem-Handwritten.jpg

Dans la série "le rock n'est pas mort", imaginez un mix entre la puissance des Foo Fighters, l'explosivité de Blink 182 et le style 'deep country roots' de Bruce Springsteen. Vous obtiendrez The Gaslight Anthem. Etrange que ces Américains pure souche ne bénéficient pas d'une autre popularité, tant leur rock au sens littéral semble taillé pour les stades. Handwritten est un album où s'enchainent les hymnes bien trempés, au poing serré et triomphateur. Si la recette n'est pas originale, saluons tout de même leur maîtrise du genre. Du vigoureux "45" qui l'ouvre à "National Anthem", la tendre balade acoustique qui le clôture, On ne s'ennuie pas une seconde à l'écoute de ce disque viril et frétillant, dédié à un public d'adulte qui a su garder en lui une part d'adolescence.

Tarif : 7/10

Ecoutez : 45


 

Grizzly Bear – Shields

grizzly-bear-shields.jpg

Les New-Yorkais de Grizzly Bear surfent sur la vague du succès de leur deuxième album, l’adulé Veckatimest qui avait trusté le top de tous les classements des meilleurs disques en 2009. Sur Shields, on retrouve cette orchestration naturelle et organique, ce chant élégiaque, et ces mélodies à la fois calmes et tempétueuses, qui les avaient alors élevés au rang de must du mouvement indé. Bien qu’issu du même moule, ce nouvel opus s’avère toutefois moins abracadabrant. En cause l’absence d’une franche surprise, ou d’une réelle envolée émotionnelle, comme celles provoquées par les titres Two Weeks et Ready, Able sur le précédent. Shields passe plutôt bien, mais à emprunter au caillou près le même chemin, il nous laisse sur notre faim.

Tarif : 6/10

Ecoutez: Yet Again



 

 

 

12/10/2012

Suivez le fil

 

Matthew Dear - Beams

matthewdear_beams.jpg

Deux ans après le moyen Black City, l’artiste aux multiples facettes Matthew Dear revient avec une copie plus inspirée. Moulé dans une électronique planante et répétitive, Beams a quelque chose de fantastique, dans le sens fantomatique du terme. Un sentiment accentué par le « chant » de Matthew, robotique, grave et granuleux, comme s’il aspirait ses paroles. De prime abord indigeste, ce chant si particulier finit par se fondre dans l’ensemble, au fur et à mesure que l’album se déroule. En termes de compositions, on sent très fort l’influence d’artistes tels Talking Heads ou Nitzer Ebb sur le travail de Matthew. De la New Wave à la New Beat, il émane des mélodies un fort parfum d’années 80. Le rythme change peu d’un titre à l’autre, ce qui contribue à renforcer cette atmosphère brumeuse, mais peut aussi installer la monotonie. Beams est néanmoins un album atypique, qui mérite d’attiser la curiosité.


Tarif : 6.5/10

Ecoutez : Her Fantasy




LIARS - WIXIW

liars_wixiw.jpg

Trio originaire de Brooklyn, les LIARS sont connus pour leur sens aigu de l’expérimentation. Débarqué en 2001, leur premier album portait une étiquette dance-punk. Depuis, ils n’ont cessé d’explorer des pistes, se renouvelant à l’occasion de chaque nouvel album. Le sixième et petit dernier se nomme WIXIW. Fondu dans une ambiance embrumée, c’est un album à la fois tendu et minimaliste. Le genre musical est ce qu’on pourrait appeler de l’électronique soft- industrial, soit un style conceptuel, qui privilégie le stress à la douceur mélodique. Les seules guitares présentes sont nappées d’un écho leur permettant de se fondre dans le décor. C’est un disque au genre atypique, délicieusement  malsain, qui maintient à son écoute une impression de demi-sommeil, comme un rêve éveillé dont on peine à s’extraire. Il sonne comme une rencontre virtuelle entre Aphex Twin et Radiohead. A écouter dans un contexte posé, et réservé à un public averti !


Tarif : 7/10

Ecoutez : No.1 Against The Rush

 



Beach House - Bloom

Beach-House-Bloom.jpgQuatrième album du duo de Baltimore, Bloom ne dispose d'aucun lapin dans son chapeau. On reconnait cette pop flottante et langoureuse, à l'orchestration relativement usuelle. Les riffs de guitare, aussi coulants que le reste, prennent toutefois une place importante au sommet de certaines mélodies. Aussi peu compliqué que bien inspiré, et plus ensoleillé que sa terne couverture, ce disque se situe aux antipodes de la prise de tête. Là où on attend parfois la musique lorsqu'on en a besoin.  Son rythme cool et peu alterné en fait un registre de balades aérées, saupoudrées d'un grain de vague à l'âme et d'un soupçon de nostalgie. Dans de telles conditions, on accepte volontiers d'arrêter de réfléchir. On attendra aussi qu'arrive le morceau caché, avec le même bon coeur, et sans laisser transparaître la moindre impatience.

 

Tarif : 7/10

Ecoutez : Lazuli



 

17/06/2012

The Temper Trap (album éponyme)

The-Temper-Trap-The-Temper-Trap-2012.png

 

Modelé sur une base pop rock gonflée à bloc, The Temper Trap, du groupe du même nom, présente douze chansons hautes en couleurs. De celles qui se chantent le poing serré et les yeux fermés, et où le thème de l’amour est omniprésent. Chacun des douze titres transpire la motivation, l’envie d’étaler un style, de ne laisser sur leur passage que des bouches bées. Malgré ces aspirations à la hauteur de leur talent, ce second album laisse un goût de trop peu. 

 

« Conditions », le premier opus du sextuor australien, bluffait par son caractère bien trempé.  Les trois premières plages, addictives et entêtantes, imposaient à elles seules un style fort et particulier. Cette patte magique, on ne la retrouve que trop peu sur ce nouvel album éponyme. L’assurance est plus que jamais présente, mais le pudding servi en fanfare n’a plus grand-chose d’authentique. C’est le dessert présenté au buffet d’un mariage unissant la synth-touch cérémoniale de Hurts, et le pop rock néo-conventionnel des Killers. Des plages plus douces aux plus athlétiques, tout est mis en œuvre pour provoquer l’émotion. Hélas, au lieu de rechercher la profondeur, les mélodies se contentent d’arroser en surface. En témoigne le chant de Dougy, qui se sent obligé de percer les aigus là où ça n’est pas toujours nécessaire, ou de prendre un ton solennel peu naturel, rendant sa voix méconnaissable.

 

C’est ainsi que l’une des meilleures découvertes de 2010 rate le coche de la confirmation. Avec ce nouvel essai, The Temper Trap chute, à dessein ou non, dans la fausse sincérité. Même si certaines chansons (London’s Burning, Rabbit Hole) sortent de ce lot peu désirable, d’autres comme «Dreams » ou « I’m gonna wait » suintent d’inintérêt. Dans l’ensemble, l’album est bien moins franc que la déception qu’il provoque.

 

 

The Temper Trap

Album éponyme

Tarif : 4/10

 

 

Ecoutez :

I need your love


18/05/2012

M83 - Hurry up, we're dreaming

M83.jpg

 

 

 

M83 a récemment apporté du sang neuf au monde de la pop music. Si cette formation made in France n'en est plus à son premier coup d'essai, leur remarquable percée est néanmoins comparable au boum retentissant provoqué par le premier album de MGMT en 2008.
 

Hurry up we're dreaming remet au goût du jour l'âme de la pop champagne des années 80, période où ce genre populaire, adressé aux foules de 7 à 77 ans, était au sommet de sa gloire. Avec ses mélodies aussi bonnes que synthétiques, sortes de soda conditionnés en ondes, ses harmonies vocales entêtantes et chargées d'écho, et surtout ses riffs cruellement addictifs, le style M83 a le potentiel pour séduire un large public, allant des mélomanes nostalgiques de l'époque des musicassettes aux padawan d'aujourd'hui, ceux pour qui les noms de Freur, Tears for Fears, ou Living in a box ne signifient rien.

 

Comme l'annonce le paradoxe de son titre, l'album alterne les rythmes et distille les émotions. D'une haletante introduction, partagée avec la douce et froide Zola Jesus, le disque passe à "Midnight City", ritournelle pour insomniaques qui colle aux tympans, et incontournable tube de ce début d'année. Après l'envolé "Reunion", sans doute la plage la plus pop du registre, une courte pause fait place au profond "Wait", où M83 revisite le concept de slow, extirpant tout excès de sentimentalisme aigu de cette sirupeuse figure de style. Les plages se succèdent ainsi, partageant une identique aura lévitante, sorte de rêve intense et éveillé, sans jamais s'extirper d'une déconcertante simplicité musicale. Certains loueront le talent innovatif émanant de cet album, et d'autres affirmeront avoir déjà tout entendu. Difficile, cependant, de rester indifférent.

 

 

M83

Hurry up, we’re dreaming

Tarif: 7/10

 


Ecoutez:

Midnight City

Wait

 

 

 

Publié dans Dernières écoutes | Commentaires (0) | 18:53 |  Facebook | | Tags : m83, pop | Lien permanent