27/10/2012

Roscoe @ Orangerie du Botanique

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Ce qui frappe chez Roscoe, c’est cette distance entre leur assurance d’une part, et de l’autre leur grande simplicité. Si ce n’est l’ordre de la playlist, rien dans le déroulement du set ne semble calculé ; ils en oublient même d’apporter leur merchandising, ou d’annoncer des invités sur scène. Ils prennent en tout cas beaucoup de plaisir à y être. Et musicalement, tout est rodé, au poil, et c’est bien là le principal.


Devant un public venu en nombre, le quintet liégeois ne peut dissimuler sa motivation. Ils livrent à l’Orangerie un concert bien trempé, empreint d’une puissance parfaitement maîtrisée. Leur prestation revisite leur album « Cracks », et s’agrémente de l’une ou l’autre nouvelle ou ancienne composition. Les rythmes s’alternent sans cesse ; le public est bringuebalé entre des orages énergiques, et d’autres passages plus paisibles, voire quelque peu intimistes, que seul le sempiternel « brouhaha du fond », typique de cette Orangerie, vient en partie gâcher. Ainsi, leur style s’approche d’un post rock contrôlé, tout en restant accessible aux oreilles moins sourcilleuses.


Musicalement, professionnellement, cette révélation belge de l’année s’aguerrit, et semble bien prêt à franchir un palier supplémentaire. Ils ont en tout cas le potentiel pour remplir de plus grandes salles. On se demande même comment ça n’est pas encore le cas.



Roscoe, Orangerie du Botanique

Vendredi 26 septembre 2012.

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23/04/2012

Roscoe - Cracks

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A l’heure où leur premier single se faufile sur l’antenne de l’un ou l’autre radio de bon goût, je peux me vanter d’avoir découvert Roscoe bien avant ce début de succès. Fin 2010, ils assuraient la première partie des Anglais de Birdpen sur la scène du Tipi, crypte musicale située en plein cœur du vieux Liège. L’étonnante facilité avec laquelle ces jeunots maniaient le rock alternatif m’avait alors scotché, et si je ne vous en avais pas parlé sur ce blog à l’époque, je regrette aujourd’hui ce manquement. Voici donc de quoi me rattraper, puisqu’ils en valent réellement la peine.

 


Formation d’origine liégeoise, Roscoe a tout ce qu’il faut pour se faire une place confortable au sein du mouvement indé. Il est fort à parier que leur parcours serait déjà bien plus avancé s’ils venaient d’outre-manche, mais peu importe, puisqu’ils nous rendent fiers à être ainsi basés à quelques sorties d’autoroute à peine. Ce premier album dessine un univers aéré, nuageux, orageux par moments, puisqu’il alterne les éclaircies posées et les averses fortes et vivifiantes. Mais surtout, il installe une intensité mesurée au poil, et démontre une griffe d’une impressionnante maturité. Sans aucun doute, ces gars-là jouent ensemble depuis un moment, et ils savent où ils veulent aller. On pourrait les comparer à The National, avec en plus une petite touche organique, comme une pincée de Mogwai ou un soupçon de Sigur Ros. Globalement, Cracks n’est préjudicié que par une monotonie latente certes, mais non ankylosante, et par une sorte d’impalpable retenue. On sent que, par respect pour certaines conventions, ou de peur d’aller trop vite, trop loin, ils se retiennent de se lâcher complètement. Leur histoire ne fait que commencer, et ils sont à suivre avec beaucoup d’attention. Car pour un premier album, c’est plus qu’encourageant !



Roscoe

Cracks

Tarif: 7.5/10



Ecoutez:

Enemies