06/09/2012

Netsky - Netsky 2

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Petit Boris ne deviendra pas grand … il l’est déjà ! Par la taille certes, mais surtout par le talent. Le démontre ce deuxième album du projet électro de cet Anversois mieux connu sous le nom de Netsky, et simplement intitulé Netsky 2. Comme son prédécesseur sorti en 2010, ce disque est un recueil de tubes électrisants, trempés dans un moule drum n’bass ; un style qui a le défaut de provoquer rapidement la lassitude, via un rythme inamovible et peu aidé par des mélodies généralement primaires. Boris Daenen évite ce piège avec brio, alternant tout au long de son menu les sauces dub step, hip hop ou raggamuphin, tant et si bien que jusqu’au quinzième et dernier titre, l’ennui pointe rarement le bout de son nez.

 

Garnis de beats sulfureux et de refrains accrocheurs, des titres comme Love Has Gone ou Come Alive sont imparables, de ceux que l’on réécoute encore et encore, et qui ne laissent aucune chance à la passivité. A côté des titres instrumentaux, on appréciera les diverses participations vocales de Diane Charlemagne ou Bridgette Amofah dont l’éclat apporte du soleil à ces compositions qui, à la base, ne manquent déjà pas de chaleur. Mention spéciale pour Selah Sue sur Get Away From Here ; la plus célèbre Louvaniste au monde offre une prestation sobre mais efficace, qui crée là un contraste intéressant. Vers la moitié de l’album, la griffe de Boris se fait toutefois moins ressentir, avant que surgisse Puppy, un hymne sautillant, charmant et dynamique à la fois. L’album se clôture sur Drawing Straws, dans une veine purement drum n’bass.

 

Netsky 2 est une véritable compilation électro sur laquelle son auteur étale ses capacités et sa créativité. On ne pourra lui reprocher que l’absence d’un véritable fil conducteur.

 

 

Netsky

Netsky 2

Tarif : 7/10

 


Ecoutez :

Love Has Gone

Come Alive

Give & Take (live)


15/12/2011

Selah Sue @ Rockhal, mercredi 14 décembre 2011

selah sue,rockhal

 

2011 restera comme l'année de Selah Sue. Sa Flandre natale, qui l'adulait déjà bien avant nous, était bien trop étroite pour la retenir. Toute l'année, de part et d'autre des frontières, la Louvaniste a accumulé les louanges, jusqu'à crouler dessous et risquer l'asphyxie. C'est une constatation : où qu'elle passe, elle laisse derrière elle une trainée de salutations, et personne ne se risque à parler d'elle en mal, ou ne fut-ce qu'émettre une simple réserve à son égard.

 

Sanne Putseys n'usurpe pas ce succès, et le doit bien plus à son véritable talent qu'à une quelconque campagne de communication. Il suffit d'aller la voir pour s'en rendre compte. Derrière un micro, ce petit bout de femme au visage mutin n'a vraiment rien de chétif. Elle chante, joue, bouge comme si elle faisait ça depuis 40 ans, elle qui en a 22 à peine. Son charisme et sa présence impressionnent, et si le concept de destinée est plus que subjectif, cette pile à chevelure électrique semble bien née pour faire de la scène.

 

Ce jeudi, la Rockhal accueille la dernière représentation de sa tournée. Selah débarque à l'heure, seule avec sa guitare, et débute le show par deux chansons relativement douces. Déjà, sa voix si particulière envahit les lieux. Après avoir pris la température de la foule, elle est rejointe par ses musiciens, et le concert gagne en consistance. Le groove s'empare de la salle, de quoi secouer les morals les plus moroses. Mais le public luxembourgeois, fidèle à ses habitudes, reste relativement statique. Par dessus une basse, une guitare, et un clavier qui tient le rôle des cuivres et pianos, la voix de Selah s'adapte à tous les rythmes. Son grain, ses envolées, et sa saveur espiègle, contribuent à la rendre unique, et difficilement imitable.

 

Il faut peu de temps pour comprendre que les propos dithyrambiques dont tous la gratifient ne sont pas dénués de sens. Avec ou sans guitare, Selah nous accroche, même si ce soir, son enthousiasme semble légèrement retenu. Sans doute souffre-t-elle d'un mal de dos, puisque de temps à autre, elle se cambre en grimaçant. Malgré cela, elle montre une énergie dont beaucoup d'artistes devraient s'inspirer. Le déroulement du show alterne les moments intimistes, et d'autres plus intenses. Jusqu'à ce qu'arrive "Raggamuphin", qui met tout le monde d'accord. Ensuite, les tubes se succèdent, emballants, de "Peace of mind" à "Crazy vibes", en terminant sur un "Crazy suffering style" jouissif et ensoleillé. Selah reviendra pour un unique rappel, qu'elle termine sur un titre inédit, à consonance dubstep. Peut-être un avant-goût de la suite de ses aventures ? Quoi qu'il en soit, Selah Sue a décidément tout d'une grande, et il est très difficile de ne pas être conquis.

 

 

Selah Sue @ Rockhal,

Mercredi 14 décembre 2011.

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