02/12/2013

Suivez le fil

Dirty Beaches – Drifter / Love is the devil

 

dirty-beaches-drifters-love-is-the-devil.jpgLa musique du Canadien Alex Hungtai ne respire pas la joie de vivre. Un son shoegaze et low-fi, bricolé sur du matériel tout collé de bière renversée, et dépressif à en sentir des cafards ramper sous les vêtements. Le genre à vous imprimer en tête migraine et idées noires. Pourquoi dès lors, ne pas éjecter cet album crasseux de sa platine après le premier morceau, le second pour les plus conciliants d’entre nous ? A cause de son atmosphère lourde, entêtante et envahissante. Peut-être aussi parce qu’il rappelle quelque soirée passée, aussi mystique qu’embuée.

 

Note :

Ecoutez : Casino Lisboa

 

 

Mikal Cronin - MCII

 

Mikal-Cronin-MCII.jpgBien qu’il officie au sein de plusieurs formations, Mikal Cronin, compositeur aux cheveux longs, trouve le temps de faire des albums en solo. MCII, le second, libère un rock zen, naturel et intemporel. A vrai dire, tellement aéré qu’il ne fait que passer en coup de vent. Rempli de béatitude, inspirant la détente, ce disque manque toutefois d’une vraie personnalité, d’un caractère propre, apte à marquer les esprits. D’un point de vue ambiance, c’est gai comme une plaine de festival ensoleillée. Mais musicalement, ce n’est pas vraiment authentique, ni hors du commun. On se retourne une fois ou deux, avant de passer à autre chose.

Note : 

Ecoutez : Change


 

Karl Hyde – Edgeland

 

Karl_Hyde_-_Edgeland_2013.jpgQuand le chanteur d’Underworld taille la route seul, il emprunte les départementales fleuries. Suffit les beats ravageurs de Born Slippy ou Push Upstairs. Sur son album solo, Karl Hyde (dont les traits rappellent autant Eric Zemour que Christophe Hondelatte) batifole gaiment dans un champ de pâquerettes, en caressant des petits lapins aux yeux de manga. Edgeland comprend neuf chansons, longues même quand elles ne le sont pas. De sa voix coulante et monotone, il nappe des mélodies platoniques et répétitives, gentillettes mais pas vraiment tendres ni intenses. Sympatoche, mais pas vraiment indispensable.

 

Note : 

Ecoutez : Cut Cloud

 

29/08/2012

A Place To Bury Strangers - Worship

 worship.jpg



Le trio new-yorkais A Place To Bury Strangers revient avec un album plus "shoegaze" que
jamais. Tout sur Worship est saturé à la limite de l'outrance, de la voix, initialement
douce et froide, aux guitares, en passant par des percussions distordues. La musicalité de 
ce disque repose sur une palette de sons profonds, gorgés d'écho, qui souvent caressent la 
consistance de simples bruits, tout en demeurant mélodiques. Mais ne parlons pas d'une 
simple "atmosphère" : ce disque est littéralement enfoui dans une couche nuageuse, 
bruineuse, délicieusement noire et malsaine. Une brume sirupeuse, dont il faut chercher la 
source du côté des Sisters of Mercy, de celles qui placent l'auditeur attentif dans un état 
semi éthilique et légèrement ébranlé.
 

On retrouve aussi ces lignes de basse volantes et prédominantes qui caractérisent le
mouvement post-punk. Ainsi un titre comme "Dissolved" fait irrémédiablement penser aux 
premiers albums de The Sound ou New Order. Les chansons se caractérisent par une 
douloureuse fin, que ce soit d'une coupure nette ou d'une mixture de saturations. Mais 
dans l'ensemble, ce disque se distingue surtout par sa tendance à flirter avec le vacarme. 
Un style qui l'en éloigne du sacro-saint "tout public", lequel, s'il s'y risque, n'attendra pas la 
dernière plage pour avaler une aspirine. Par contre, cette griffe si particulière fera le 
bonheur des amateurs de cyberpunk.
 
 
A Place To Bury Strangers
Worship
Tarif: 7/10
 
 
Ecoutez:
You Are The One