19/03/2013

Stornoway - Tales From Terra Firma

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Stornoway, une bande de jeunes et joyeux troubadours, au nom choisi en référence à une ville uniquement connue pour apparaître sur tous les bulletins météo de Grande-Bretagne. « Ainsi, témoignent-ils, ça nous fait de la pub gratuite tous les jours ». C’est d’autant plus cocasse qu’ils n’en sont pas originaires, et n’y ont probablement jamais mis les pieds. Cinq multi-instrumentalistes inspirés, dont le talent est inversement proportionnel à l’égo (comme beaucoup d’artistes de hip hop, mais dans le bon sens). Dans son style très folk et typiquement british, ce groupe était l’un de mes coups de cœur de l’année 2010. Quelques mois plus tard, leur prestation tellement sincère, au sein d’une Rockhal Box désespérément vide, les ancrait définitivement parmi mes groupes préférés de la nouvelle décennie. Inutile de préciser que j’attendais particulièrement ce second album, disponible depuis une paire de semaines.

 

Et là, sans mettre en cause de trop grandes attentes, cette écoute me laisse perplexe. Tout d’abord, là où son grand frère« Beachcomber’s windowswill » se distinguait par un fond très vivant, le tout frais Tales From Terra Firma met davantage l’accent sur la forme, avec une musicalité riche et très chargée. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter la confuse plage d’ouverture, qui ne parvient à nous atteindre que dans les instants où ne demeurent qu’une voix et une guitare. Une autre démonstration de cette variété instrumentale est la mise en avant, aux dépends de la simple guitare, d’une sorte de bouzouki aux cordes qui ricochent plus qu’elles ne charment.  On parlait de la voix, celle de Brian Briggs. Jadis l’atout de la griffe Stornoway, accompagnant les envolées mélodiques, elle semble ici réservée, comme écrasée par le reste.

 

De tout cela, il résulte que Tales From Terra Firma est un recueil de balades légères, mais pas réellement appuyées, et ternies par une structure trop uniforme. Cet album n’est pas intrinsèquement mauvais, mais il ne pétille pas assez. A vouloir se démarquer de ce qu’ils avaient pourtant très bien fait à leurs débuts, Stornoway perd là une partie de son identité, et passe hélas à côté de l’essentiel.



Stornoway

Tales from Terra Firma

Note :



Ecoutez :

Knock me on the head


Redécouvrez:

Zorbing

I Saw You Blink

Boats and Trains


14/04/2011

Stornoway @ Rockhal, jeudi 7 avril 2011

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Comme bon nombre de groupes signés sous label indépendant, la renommée de Stornoway n'est pas à la hauteur de leur talent. Ce jeudi 7 avril, la Rockhal censée les accueillir est, à l'heure du concert, bien loin de l'effervescence provoquée par la venue de Jamiroquai en ces mêmes locaux, deux jours auparavant. La poignée de braves qui attend l'ouverture des portes ne dépasse pas en nombre les âmes installées en terrasse du café d'à côté. Débarquant au compte-gouttes, l'audience ne dépassera jamais la centaine.

Cela n'empêche pas les jeunes Anglais de gâter leur public, dans ce délicieux style assaisonné de pop, de folk, et d'instruments multiples. Le groupe ne compte en effet que des musiciens aguerris. Le bassiste tâte de la contre-basse, le batteur use de divers objets musicaux plutôt originaux, dont la dénomination dépasse mes connaissances en la matière, et aussi bien le chanteur que le claviériste jouent de la guitare. En outre, certains titres du répertoire voient l'apparition en fond de scène d'une violoniste et d'un trompettiste.

Apparaissant très naturels, débordant de sympathie, ce petit monde n'en fait pas des tonnes pour séduire. Seul le chanteur Brian Briggs s'exprime au micro, racontant l'histoire de chaque chanson en fignolant son parler d'un humour typiquement british. il se perd parfois dans son badinage, même si son flegme donne à ses discours un aspect peu confus. Lorsqu'il chante, sa voix au timbre particulier vient farfouiller notre esprit, déclenchant quelque corde sensible déjà bien troublée par l'harmonie musicale.

Puisque la foule n'est pas venue en masse, ils en profitent pour agrémenter leur prestation de quelque session acoustique. Tout câble débranché, y compris celui du micro, leur musique devient vivante, et encore plus émotionnelle. On oublie les murs de la Rockhal, et on se laisse volontiers transporter jusqu'au coeur de l'Angleterre. Le public est conquis, puisqu'on n'entend pas une mouche voler. Terriblement frais, tantôt gai, tantôt mélancolique, le concert s'orne d'une touche naturelle qui peaufine le charme ambiant. Stornoway nous offre un irrésistible moment musical, en toute simplicité.

 

 

Stornoway

Rockhal, Esch-sur-Alzette

Jeudi 7 avril 2011


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07/12/2010

Stornoway - Beachcomber's Windowsill

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Temporellement étalé entre la fin des sixties et le milieu des eighties, cet album est un récital de délicieuses chansons folk. On découvre le long de cette promenade une musique touchante, jouée par une pléiade d'instruments ; violon, banjo, guitare, percussions multiples, piano, et d'autres claviers dont il est parfois difficile de déterminer la vraie nature. On retrouve aussi une saveur vocale "à l'anglaise", comparable à celles de Morrissey ou de Paul Heaton (The Housemartins). La mélancolie qui se dégage des morceaux fait oublier le rythme enjoué sur lequel elles se fondent, et les accords de voix apportent une enivrante touche organique.

 

Il est à noter que certains morceaux se dégagent du folk, entrant dans un moule pop plus conventionnel. Cette pluralité musicale, ajoutée à la diversité instrumentale, permet aussi de ne pas sombrer dans la rengaine après la première moitié de l'album. La corde sensible demeure ainsi titillée du début à la fin. A recommander pour les soirées entre amoureux, d'autant que nous sommes entrés en plein dans la saison du coin du feu.

 

 

Stornoway

Beachcomber's Windowsill

Tarif: 7/10

 

 

Ecoutez:


Zorbing

I saw you blink

The Coldharbour Road