03/09/2013

Stromae - Racine carrée

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Quelques mois après cette cuite publique qui s’avéra être un foooormida-ble exercice de communication, ce petit Belge expérimente aujourd’hui auprès des disquaires la technique de livraison « just in time ». A peine dans les bacs, les exemplaires de son second album en disparaissent aussitôt. Mais Stromae n’est pas qu’un communicateur, il a aussi beaucoup de talent. Sur Racine carrée, les mélodies sont plus riches, oscillent entre influences afro et énergie électro. Quant aux textes, pas vraiment positifs, ils sont aisés et touchent à des sujets de société qui nous concernent tous. Le cocktail de ces deux opposés est d’ailleurs à noter comme une remarquable marque de fabrique.

 

 

Bien bien bien… Doit-on, pour autant, supporter et légitimer les mille-et-unes comparaisons bancales avec un autre Artiste, de même nationalité mais d’une autre époque qui lui, méritait davantage un statut d'intouchable ? Peut-on porter aux nues une musique certes enrichie, mais trop lourde ou trop légère selon les moments, et qui n’a vraiment d’originalité que dans sa mixité ? Doit-on se mettre à réfléchir à l’écoute de ces textes qui, globalement, enfoncent autant de portes ouvertes qu’ils n’en déverrouillent de cadenassées ? Parvient-on, en toute honnêteté, à trembler au son de cette voix qui perd en naturel lorsqu’elle force sur le vibrato, sans jamais parvenir à provoquer le trouble ? En vérité, le talent c’est ce qu’on attribue à quelqu’un en un lieu et en un moment donné. Le génie se moque du temps et de l’espace. Il traverse. Jacques Brel avait du Génie. Stromae du talent.

 

 

 

 

Stromae

Racine Carrée

Note : 

 

 

 

21/01/2011

Stromae - Cheese

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Je n'ai pas l'habitude de m'intéresser aux grosses cylindrées commerciales. L'heure est à l'exception, et je considère que celle-ci en vaut la peine.

 

Car derrière l'énorme succès, il y a l'individu dans toute sa simplicité. Pas vraiment la gueule de la superstar, et jamais un mot plus haut que l'autre à l'interview. Jadis travailleur dans l'ombre, fournisseur de bandes-son, à une époque où vous l'avez peut-être remercié sans le regarder, alors qu'il vous tenait la porte de l'ascenseur. C'est ce tempérament humain, les pieds au sol, qui permet aux esprits critiques d'écouter son album sans se noyer dans l'image fantasque d'un personnage que serait créé de toute pièce.

 

Les sons utilisés ont déjà été entendus maintes et maintes fois, mais ses talents d'assembleur sont indéniables. Il bidouille, renifle une piste, la suite, et use de son flair pour dénicher le tube. Il ne cherche pas à en faire trop, du moment que le beat et la mélodie swingent, accrochent l'oreille. On ne sait pas trop s'il slamme, rappe ou chante, c'est en même temps un peu de tout et aucun des trois. C'est cependant cette voix, ornée d'une tinte dramatique, et collant parfaitement à la détresse de certains textes, qui donne à cet album un aspect authentique.

 

Globalement, son style est passe-partout, et s'adopte avec une facilité déconcertante. Paradoxalement entier et populaire à la fois, il a le mérite d'exister, peut-être même d'ouvrir la voie à un nouveau genre de culture musicale. A moins qu'il ne succombe bientôt aux sirènes du star system, et que l'image n'emporte sa créativité au détriment du son.

 

 

Stromae

Cheese

Tarif: 6/10

 

Ecoutez:

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