16/10/2011

The Subways @ Botanique, samedi 15 octobre 2011.

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Une certaine rumeur véhicule l'idée que pour faire du bon rock qui déchaîne, un caractère extraverti prime sur une personnalité musicomane. Assurément, la timidité peut porter un préjudice conséquent à l'heure de se lancer dans l'aventure, et un peu plus tard, dans le public. Mais la démarche artistique est réellement moins aisée qu'elle n'y paraît ! Il ne suffit pas de pousser des hurlements dignes de ceux qui suivent une violente fermeture de porte sur le petit orteil. Ni de gratter sa guitare comme un névrosé qui ne sait pas dans quelle position placer la fermeture éclaire de son blouson. Un style aussi bouillant nécessite tout d'abord une fine précision musicale. Etre capable de construire une suite de chansons simples et exaltantes, en ne tombant ni dans la répétition, ni dans l'imitation. Ensuite, il requiert une énergie bouillonnante, et la capacité de la canaliser, afin de proscrire la moindre demi seconde d'ennui auprès de son public. A ce titre, on peut dire que les Subways se trouvent parmi les meilleurs au monde à faire ce qu'ils font.


Billy Lunn, le charismatique chanteur du trio, porte les cheveux rouges et le regard ardent. Un inaltérable sourire de potache lui fend les joues jusqu'aux yeux, qu'il a chargés d'adrénaline. Il invective la foule, ne la traitant pas moins avec respect et affection, et distribue à la pelle les riffs de guitare assassins. Charlotte Cooper, vêtue de son habituelle robe argentée à paillettes, sautille basse en main, comme une petite fille jouant à une version accélérée de la marelle. Elle prête également sa voix fluette au chant criard de son compère. Au milieu des deux, le batteur Josh Morgan ne pipe mot, mais fait son boulot à merveille. Sous les yeux du public de l'Orangerie, le duo fait preuve d'une présence vive et complémentaire. Aucun des deux ne tient en place... Lunn court d'un extrême de la scène à l'autre, se dresse en son bord pour prendre la température de la foule, se hisse sur la batterie pour en sauter sur les reprises. Et Charlotte... sautille, de gauche à droite, comme si ses semelles étaient équipées de ressorts avec batterie branchée sur secteur. La playlist de ce samedi fait la part belle au nouvel album "Money and Celebrity", non sans comprendre d'anciens classiques comme le très attendu "Rock n'roll queen". L'occasion pour certains zigotos de la foule, quelque peu éméchés, de grimper sur scène pour en sauter illico, et se faire porter par les mains des premières rangées. Ceux qui hésitent à se lancer, ou qui veulent simplement s'incruster, sont vigoureusement chassés par la sécurité, alors que le groupe continue de jouer en observant la scène avec amusement.

 

Les Subways montrent un réel attachement à leurs fans, Lunn leur parlant beaucoup, et les remerciant chaleureusement après chaque titre, en français dans le texte. Il est de notoriété que le public belge est généralement l'un des préférés des artistes de rock, mais au contraire des natifs de Welwyn Garden City, tous ne le leur rendent pas. A ce titre, l'énergie du trio est on ne peut plus communicatrice, et fait de ce concert un délire de célébration à recommander à tous les dépressifs.

 

 

The Subways

Orangerie du Botanique, Bruxelles

Samedi 15 octobre 2011


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