17/06/2012

The Temper Trap (album éponyme)

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Modelé sur une base pop rock gonflée à bloc, The Temper Trap, du groupe du même nom, présente douze chansons hautes en couleurs. De celles qui se chantent le poing serré et les yeux fermés, et où le thème de l’amour est omniprésent. Chacun des douze titres transpire la motivation, l’envie d’étaler un style, de ne laisser sur leur passage que des bouches bées. Malgré ces aspirations à la hauteur de leur talent, ce second album laisse un goût de trop peu. 

 

« Conditions », le premier opus du sextuor australien, bluffait par son caractère bien trempé.  Les trois premières plages, addictives et entêtantes, imposaient à elles seules un style fort et particulier. Cette patte magique, on ne la retrouve que trop peu sur ce nouvel album éponyme. L’assurance est plus que jamais présente, mais le pudding servi en fanfare n’a plus grand-chose d’authentique. C’est le dessert présenté au buffet d’un mariage unissant la synth-touch cérémoniale de Hurts, et le pop rock néo-conventionnel des Killers. Des plages plus douces aux plus athlétiques, tout est mis en œuvre pour provoquer l’émotion. Hélas, au lieu de rechercher la profondeur, les mélodies se contentent d’arroser en surface. En témoigne le chant de Dougy, qui se sent obligé de percer les aigus là où ça n’est pas toujours nécessaire, ou de prendre un ton solennel peu naturel, rendant sa voix méconnaissable.

 

C’est ainsi que l’une des meilleures découvertes de 2010 rate le coche de la confirmation. Avec ce nouvel essai, The Temper Trap chute, à dessein ou non, dans la fausse sincérité. Même si certaines chansons (London’s Burning, Rabbit Hole) sortent de ce lot peu désirable, d’autres comme «Dreams » ou « I’m gonna wait » suintent d’inintérêt. Dans l’ensemble, l’album est bien moins franc que la déception qu’il provoque.

 

 

The Temper Trap

Album éponyme

Tarif : 4/10

 

 

Ecoutez :

I need your love


29/12/2010

Mes meilleurs concerts de 2010

 

Propice à la mélancolie, la fin d'année est la période idéale pour jeter un oeil dans le rétroviseur, et classer les souvenirs par ordre croissant sur une échelle d'appréciation. Au cours des douze derniers mois, j'ai bourlingué d'une salle de concert à l'autre, en visitant parfois plusieurs dans la même semaine. Alternant les assistances d'une centaine de braves et des publics de plusieurs milliers. Mélangeant les styles, folk, pop, rock, électro, etc. En tout et pour tout, et sans compter les festivals d'été, j'ai assisté à 53 concerts. Certains magistraux, d'autres simplement bons, et aussi hélas quelques déceptions.

De cette cinquantaine, j'en ai retenu 8, ceux qui m'ont le plus marqué. Je vous les offre en lecture, voici donc mon Top 8 des concerts de l'années 2010.

 

8. Coco Rosie @ Kulturfabrik, mercredi 19 mai


Une attente interminable, un départ précipité après deux chansons et un beat boxer qui meuble tant bien que mal durant de longues minutes. Ce début de concert chaotique, les soeurs Casady le rattrapent de belle manière, dès leur retour (inespéré) sur scène. Tout est mis en place pour plonger l'audience dans un état de rêverie complet. Une orchestration variée, alliant des instruments classiques à des objets du quotidien nonchalamment posés sur une table. Les voix des deux soeurs, l'une douce l'autre envolée, aussi différentes que complémentaires. Un décor tamisé, où les silhouettes se fondent dans les images recoupées d'une vidéo intimiste, diffusée sur un grand écran en fond de scène. Leurs robes de nuit et leur état second complétant le tableau d'un concert aux effets narcotiques, parfois apaisant, et fiévreux par moments.

 

7. The Temper Trap @ Atelier, mercredi 23 juin

Emmené par son charismatique chanteur, le quatuor australien livre une prestation gonflée d'énergie positive. Plus impressionnante encore que sur laser, la voix de Dougy Mandagi envole l'audience dans une bourrasque rock, emportée par des tubes plus accrocheurs les uns que les autres. Aucun répit n'est accordé, ni au public ni au groupe, le sympathique Dougy improvisant même une séance d'autographes après le concert, à la sortie de la salle. Du jamais vu et, espérons-le, à revoir bientôt.

 

6. Xiu Xiu @ Exit07, vendredi 19 novembre

Intense, touchant, poignant,... tels sont les qualificatifs désignant au mieux ce concert peu commun. Si l'électro pop expérimentale du duo californien suffit à plaire, le cadre intimiste et le tragique de la prestation finalisent la dramaturge. Assis derrière ses accessoires, Jamie Stewart est bouleversant dans son interprétation. Quant à sa comparse, peu expressive, elle n'en dégage pas moins un charme certain. La complémentarité agit, et le spectacle opère, rendant l'audience à fleur de peau. C'était la claque de l'année.

 


5. Two Door Cinema Club @ Botanique, mardi 23 novembre

Jeunes novices, ces Irlandais du nord ont encore le regard scintillant du début de carrière, et le visage qui s'émerveille sous les acclamations du public. Leur inexpérience ne les trahit pourtant pas, puisqu'ils maîtrisent déjà parfaitement leur art. Punchy, acéré, vivifiant, leur rock alternatif fait montre d'un talent hors pair, et d'une griffe qui ne demande qu'à se développer davantage. Ne leur manque qu'un répertoire conséquent, qui rallongerait leurs prestations d'une bonne demi-heure au moins, confirmant par la même leur statut de révélation de l'année.



4. Hot Chip @ Ancienne Belgique, dimanche 7 mars

Allègre et enjouée, la musique de Hot Chip monte en puissance une fois le quintet sur scène. La batterie résonne, guitares et synthés palpitent, transformant la soirée en véritable liesse électro rock. Micro en main, sautillant en permanence, le freluquet Alexis Taylor démontre que la moustache ne fait pas le geek. L'ambiance tourne rapidement à l'ivresse. De quoi se booster le moral pour toute la semaine.

 


3. Jónsi @ Ancienne Belgique, samedi 29 mai

Il est de ces magiciens qui transportent l'audience vers un autre monde. Quand il chante pianissimo, effleurant du bout des doigts les cordes de sa guitare acoustique, il règne au sein du public un silence religieux. Lorsqu'il explose, on se sent tournoyer dans une tempête comme s'il pleuvait réellement à l'intérieur de la salle. Le concert prend alors une dimension organique, qui va bien au-delà du simple aspect musical. L'Islandais a plus que du talent, c'est un génie.

 

2. Tom Mc Rae @ Ancienne Belgique, lundi 11 octobre

Si son style se veut mélancolique, les prestations du Britannique n'ont pourtant rien de déprimant. Tom use de son flegme, plaisante beaucoup, que ce soit avec son public ou ses musiciens. La richesse de son répertoire et la mise au point musicale peaufinent le travail émotionnel, et donnent à l'instant une contenance affective très intense. C'est un de ces concerts qui nous font vivre l'essentiel, et dont on ressort humainement plus riche.

 

1. Depeche Mode @ Paris Bercy, mercredi 20 janvier

Trente ans après leur premier album, les vieux ados de Basildon en ont encore dans le ventre. Dave Gahan est un infatigable show man, Martin Gore est époustouflant au chant, Anfrew Fletcher est ... Andrew Fletcher. Musiciens virtuoses, Christian Eigner et Peter Gordeno complètent à merveille le trio de base. Le spectacle est étincelant, et l'orchestration parfaitement rodée. Musicalement, la play list s'équilibre entre le neuf, le mythique et certains titres oubliés. Les fans frissonnent de plaisir, et même les sceptiques se laissent convaincre par cette prestation qui mérite la grande distinction. De Grands monsieurs !

 

 

25/04/2010

Dernières écoutes - The Temper Trap - Conditions

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The Temper Trap provient d'Australie. Jouissant déjà d'une excellente renommée down under, ils commencent doucement à se faire entendre par chez nous. La preuve avec la sortie de leur premier album, Conditions. Le quatuor y déballe un rock alternatif, très mélodique, dans une atmosphère brumeuse qui lui donne beaucoup de saveur. La voix plaintive finit de baigner l'auditeur dans un climat pré-orageux, lourd et chargé. Tantôt calme sans tremper dans le mélodrame, tantôt excitée sans s'emporter dans des envolées lyriques à la Muse, leur musique est de celles qui s'installent immédiatement en tête. Qu'elle inspire l'angoisse ou la fièvre, l'émoi est toujours très fort.

L'album contient des tubes en puissance comme Sweet disposition ou Fader, mais plus généralement, aucun des dix titres ne fait tache sur le tableau. Des variations de style tout en finesse éloignent le risque de rengaine. Ainsi, le disque se termine sur le surprenant Drum Song, chanson tribale et instrumentale, comme pour dessiner une future suite à cet impeccable premier essai.

 

 

The Temper Trap

Conditions

Tarif : 7/10.

 

Ecoutez:


Love Lost

Sweet Disposition

Fader

 

The Temper Trap seront en concert à l'Atelier - Luxembourg le mardi 23 juin 2010. Ils seront également présents au Rock Werchter Festival le samedi 3 Juillet, sous la Pyramide Marquee.