07/11/2013

The National @ Rockhal

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Ce mercredi, The National et leur rock empoignant se produisent dans une Rockhal loin d’être remplie. A l’heure où débute le concert, initié par une vidéo sur l’écran géant qui les emmène du sortir de leur loge jusqu’à leur montée sur scène, il est encore aisé de se faufiler vers les premiers rangs. Le temple du rock d’Esch-sur-Alzette doit bien être la seule étape de leur tournée où les spectateurs ont le loisir de se décider à venir deux heures avant le début du concert. Partout ailleurs, c’est deux heures après la mise en vente des tickets qu’il faut déjà avoir fait son choix. Mais soit, ne nous attardons pas une énième fois sur la carence en enthousiasme du public luxembourgeois.

 

Peu nombreuse donc, la foule comporte toutefois son lot de fans, à en juger par l’entrain manifesté entre chaque titre. Dix-neuf pour être précis, rappel compris. Les Cincinnatiens font donc bien plus que d’assurer l’essentiel. Avec son look de prof de religion dépressif, Matt Berninger attire les attentions. D’abord immobile, voûté contre son micro auquel il s’accroche des deux mains, telle une corde d’alpiniste à son mousqueton. Après chaque chanson et un bref remerciement, il s’accroupit dos au public, pour avaler moins que discrètement quelques goulées de bière. Dix chansons plus tard, Matt est devenu un autre homme, qui crache sa pinte comme un lama et jette nonchalamment ses gobelets. Encore quelques titres et le dévergondage atteint son paroxysme, lorsqu’il se jette parmi la foule et que sa voix s’enraye au point de donner des espoirs aux casseroles de la « nouvelle star ».

 

Orbitant autour de leurs deux derniers albums, mais comprenant aussi d'anciennes perles, la playlist leur permet d’exprimer leur énergie, paradoxalement bouillonnante et cadenassée sous une apparente et trompeuse banalité. Les mélodies ont beau inspirer la tristesse, les rythmes n’en sont pas moins acérées, et les guitares orageuses. Ce sont, à leur manière, des bêtes de scène. Des bêtes amadouées, mais des bêtes tout de même, qui connaissent leur métier sur le bout des doigts. Des monsieurs-tout-le-monde qui tournent transparence en transcendance, et savent captiver une foule à la bordure de l’hypnose. Si leur musique peut sembler cafardeuse, on sort pourtant de là avec une folle envie de faire quelque chose de son existence.

 


The National @ Rockhal

Mercredi 6 novembre 2013

Note : 


 

28/06/2013

The National - Trouble Will Find Me

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Rien de neuf du côté de The National, qui propose cette année un sixième album empli de cette merveilleuse morosité, qui fait leur réputation depuis la fin du siècle dernier. On le savait déjà, la bande à Matt Berninger possède le talent de produire une musique d’une tristesse riche et passionnée, sans jamais la rendre accablante ou épouvantable. Une musique naturelle, construite sur une base pop rock usuelle et parfaitement dosée, garnie d’un chant aggravant cette cinglante émotion. C’est ce qu’on appelle vulgairement une « marque de fabrique », qu’ils appuient d’autant plus que les retours sont rentables et positifs, et que personne ne leur a demandé de prendre des risques. Ce succès, d’abord d’estime, gagne aujourd’hui leurs finances. Le groupe de Cincinnati remplit les salles, et vend beaucoup d’albums de par le monde. De quoi redéfinir la notion de musique « indé », parfois utilisée à tort et à travers par certains nantis autoproclamés, ceux-là mêmes qui ne la distillent que lorsqu’ils le veulent bien. Car concrètement, il est tout à fait possible d’être à la fois populaire et indépendant, vous pourriez poser la question à Cloclo s’il n’avait pas pris ce malheureux bain de trop. De là à voir en The National les nouveaux Bee Gees, il y a bien sûr un pas de géant. Admirons plutôt l’unanimité de louanges dont ils bénéficient, des claviers sous vide aux plumes les plus acerbes.


Et ce dernier album, me demanderez-vous ? Brut, touchant, placide, venteux à doses éparses et efficaces. Rien de bien neuf, comme je vous le disais.

 


The National

Trouble will find me

Note :

 


Ecoutez :

Demons