09/09/2011

Beirut - The Rip Tide

beirut,the rip tide

 

 

Zoom sur un square forestier, au sol envahi de feuilles mortes rougies par l'automne. Au centre de la place, un kiosque accueille une fanfare, qui parfume l'air de mélodies mélangeant le folk américain et le folklore tzigane. Simples et touchantes à la fois, ces ritournelles farfouillent notre coeur à la recherche de nostalgie. Tant d'émotion nous fascine et nous paralyse. Véritablement mis à nu, on s'assied sur un banc, et on écoute, sans bruit ni mouvement.

 

A 25 ans à peine, le chef d'orchestre Zach Condon affiche une impressionnante maturité. Peu nombreux sont les artistes qui, comme lui, parviennent à insuffler de la vie dans leur musique. Au creux de ses mains, la musicalité prend une dimension qui va bien au delà du refrain qui rassemble, ou du rythme qui fait taper du pied. Là où d'autres nous emballent, Beirut nous absorbe.

 

La premières mesures de The Rip Tide ne trompent pas. L'orchestration variée, où chaque instrument est parfaitement dosé, correspond au souvenir laissé par The Flying Club Cup il y a 4 ans. Une contrebasse en retrait, une caisse claire qui résonne, un accordéon et une mandoline pour fredonner les couplets, alors que tubas et trompettes s'imposent sur les refrains. Quant au piano et aux violons, patience, ils ne tarderont pas à arriver. On retrouve aussi cette voix chargée de mélancolie, capable à elle seule de nous confiner l'estomac. Ici, une certaine dynamique est présente. Outre les aubades affectives bien typiques,certains titres adoptent une tournure plus légère, davantage "pop". C'est notamment le cas du single East Harlem, de Vagabond, ou de Santa Fe, duquel émane comme une odeur de sampling. Cette touche de fantaisie positive apporte un certain éclat à ce troisième album, dont seule la courte durée (33 minutes) ternit l'aboutissement.

 

 

Beirut

The Rip Tide

Tarif: 8.5/10

 

 

Ecoutez:

Santa Fe

Goshen

The Rip Tide