07/04/2012

Therapy? @ Ancienne Belgique, mardi 3 avril 2012

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Les concerts de Therapy? sont-ils devenus des moments de détente ? C'est la question qu'on peut se poser ce mardi soir, durant les dix premières minutes de l'énième prestation bruxelloise du trio d'Ulster. Le leader Andy Cairns paraît bien sobre, veston noir sur les épaules et chant étonnamment pondéré. Quant au public, il se contente de hocher la tête en rythme, sans plus de mouvement.

 

Cette paisible entrée en matière ne dure que trois chansons. Ensuite, les premiers accords de Stories suffisent à déclencher l'hystérie. En un instant, un pogo général se forme, et les inconditionnels du crowd surfing se promènent au dessus de nos têtes. L'ampleur de la bousculade est telle qu'il faut reculer pour atteindre une place sans risque. Impossible, par contre, d'échapper à cette infâme odeur de poney, mélange de tabac froid et de transpiration, hélas inhérente à ce genre de contexte. Fans de Metal qui me lisez, je vous en conjure : avant un concert, merci de mettre du déo et de laver vos t-shirts. Face à cette déferlante, Cairns reste imperturbable. Très cool, il laisse ses fans monter sur scène, l'approcher, et permet même à l'un d'eux de s'emparer du micro pour chanter à sa place l'entêtant refrain de Potato Junkie : "James Joyce is fucking my sister".

 

Le déroulement du concert peut sembler inégal, la set list alternant les classiques du groupe avec les titres du dernier album, certes taillés dans la même écorce néo punk, mais moins endiablés. Comme toujours, la part belle est faite à leur pépite de 1993, l'album Troublegum, dont chaque extrait relance le chahut général. Un désordre qui atteint son paroxysme après 40 minutes, lorsque s'enchaînent les fulgurants Nowhere et Screamager. Puis le trio sort déjà de scène, avant de revenir avec les excuses du chef : "I thought we played longer, off course we have more stuff for you!". Suivront d'autres instants de grâce nostalgique, comme le succulent Die Laughing ou une version épurée de Diane, sans violons. Mais également quelques minutes de clame stupéfiant, qui accompagnent Ecclesiastes, chanson de clôture du dernier album dans un style trip hop, aux antipodes de l'image qu'on se fait de Therapy. Mais globalement, ces références du rock irlandais auront rempli leur rôle sans fioriture, en mettant à sac une Ancienne Belgique entièrement dévouée à leur cause.

 

 

 

Therapy?

Ancienne Belgique, Bruxelles

Mardi 3 avril 2012

 

26/01/2010

Mes albums cultes - Therapy? - Infernal Love (1995)

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Therapy? est un groupe de rock irlandais, ayant connu son heure de gloire dans la première partie des nineties.

 

Après quelques années dans l'ombre, leur album Troublegum crève l'écran en 1993. Les singles à succès s'enchaînent, et leurs clips vidéos se diffusent à foison sur MTV aux heures de grande écoute. Aujourd'hui, même s'ils ne se font plus guère entendre, ils sont toujours bien actifs! Leurs derniers passages sur les scènes belges, à l'Ancienne Belgique et au Wardin' Rock Festival, ne datent pas d'un an. Bien qu'ayant pris de la bouteille (au figuré comme peut-être au propre), ils n'ont rien perdu de leur motivation.

 

Ce n'est toutefois pas de Troublegum dont je vais vous parler ce soir, mais bien de l'album qui suivit. Infernal Love sort en 1995 et à l'époque, les premiers singles laissent plutôt penser à une suite logique de Troublegum. Stories et Loose sont deux chansons courtes, rapides, carrées, au refrain entraînant, c'est le format idéal pour vendre des CD 2 titres - de Offspring à Blink 182 en passant par Green Day, tous sont passés par là.

 

Mais de changement, il en est pourtant bien question. Si son prédécesseur se voulait facile et explosif, Infernal Love est mieux besogné, et se caractérise par une atmosphère davantage obscure. Enervé comme un adolescent rebelle, Troublegum ne connaissait pas de halte. Infernal Love est son penchant adulte. Les guitares sont toujours déchirantes, mais elles s'accompagnent parfois de claviers ou violons, notamment sur Me vs. You ou le troisième single Diane, exclusivement composé par l'instrument du luthier. Le rythme varie entre les titres, certains étant plus posés comme A moment of Clarity ou Bowels of love. Les paroles sont toujours pessimistes, mais les textes complexés de Troublegum laissent place à une frustration très intense. Parallèlement, la voix du chanteur à moustache Andy Cairns est aussi déchirante qu'un chagrin d'amour, sans doute rapport au titre de l'album et aux paroles dégorgées de la plage d'ouverture : "I got a problem, this Infernal Love, it burns like wire ..."

 

Et pour finir d'ancrer le disque au sein de cette atmosphère moite et crapuleusement bonne, chaque chanson est séparée de la suivante par une courte transition sonore de même augure. Par exemple, ce sont des battements de coeur qui accompagnent Diane sur la pointe de lecture.

 

N'en déplaisent aux puristes qui considèrent Therapy? comme un groupe digne d'un pub où la guiness se boit autant que les coups se prennent, Infernal Love ne laisse pas indifférent. C'est un album surchargé d'émotion, qui représente le rock sombre dans toute sa perfection.

 

 

Therapy?

Infernal Love

1995.


Ecoutez:

Stories

A moment of clarity

Me vs. You

Diane

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