29/12/2010

Mes meilleurs concerts de 2010

 

Propice à la mélancolie, la fin d'année est la période idéale pour jeter un oeil dans le rétroviseur, et classer les souvenirs par ordre croissant sur une échelle d'appréciation. Au cours des douze derniers mois, j'ai bourlingué d'une salle de concert à l'autre, en visitant parfois plusieurs dans la même semaine. Alternant les assistances d'une centaine de braves et des publics de plusieurs milliers. Mélangeant les styles, folk, pop, rock, électro, etc. En tout et pour tout, et sans compter les festivals d'été, j'ai assisté à 53 concerts. Certains magistraux, d'autres simplement bons, et aussi hélas quelques déceptions.

De cette cinquantaine, j'en ai retenu 8, ceux qui m'ont le plus marqué. Je vous les offre en lecture, voici donc mon Top 8 des concerts de l'années 2010.

 

8. Coco Rosie @ Kulturfabrik, mercredi 19 mai


Une attente interminable, un départ précipité après deux chansons et un beat boxer qui meuble tant bien que mal durant de longues minutes. Ce début de concert chaotique, les soeurs Casady le rattrapent de belle manière, dès leur retour (inespéré) sur scène. Tout est mis en place pour plonger l'audience dans un état de rêverie complet. Une orchestration variée, alliant des instruments classiques à des objets du quotidien nonchalamment posés sur une table. Les voix des deux soeurs, l'une douce l'autre envolée, aussi différentes que complémentaires. Un décor tamisé, où les silhouettes se fondent dans les images recoupées d'une vidéo intimiste, diffusée sur un grand écran en fond de scène. Leurs robes de nuit et leur état second complétant le tableau d'un concert aux effets narcotiques, parfois apaisant, et fiévreux par moments.

 

7. The Temper Trap @ Atelier, mercredi 23 juin

Emmené par son charismatique chanteur, le quatuor australien livre une prestation gonflée d'énergie positive. Plus impressionnante encore que sur laser, la voix de Dougy Mandagi envole l'audience dans une bourrasque rock, emportée par des tubes plus accrocheurs les uns que les autres. Aucun répit n'est accordé, ni au public ni au groupe, le sympathique Dougy improvisant même une séance d'autographes après le concert, à la sortie de la salle. Du jamais vu et, espérons-le, à revoir bientôt.

 

6. Xiu Xiu @ Exit07, vendredi 19 novembre

Intense, touchant, poignant,... tels sont les qualificatifs désignant au mieux ce concert peu commun. Si l'électro pop expérimentale du duo californien suffit à plaire, le cadre intimiste et le tragique de la prestation finalisent la dramaturge. Assis derrière ses accessoires, Jamie Stewart est bouleversant dans son interprétation. Quant à sa comparse, peu expressive, elle n'en dégage pas moins un charme certain. La complémentarité agit, et le spectacle opère, rendant l'audience à fleur de peau. C'était la claque de l'année.

 


5. Two Door Cinema Club @ Botanique, mardi 23 novembre

Jeunes novices, ces Irlandais du nord ont encore le regard scintillant du début de carrière, et le visage qui s'émerveille sous les acclamations du public. Leur inexpérience ne les trahit pourtant pas, puisqu'ils maîtrisent déjà parfaitement leur art. Punchy, acéré, vivifiant, leur rock alternatif fait montre d'un talent hors pair, et d'une griffe qui ne demande qu'à se développer davantage. Ne leur manque qu'un répertoire conséquent, qui rallongerait leurs prestations d'une bonne demi-heure au moins, confirmant par la même leur statut de révélation de l'année.



4. Hot Chip @ Ancienne Belgique, dimanche 7 mars

Allègre et enjouée, la musique de Hot Chip monte en puissance une fois le quintet sur scène. La batterie résonne, guitares et synthés palpitent, transformant la soirée en véritable liesse électro rock. Micro en main, sautillant en permanence, le freluquet Alexis Taylor démontre que la moustache ne fait pas le geek. L'ambiance tourne rapidement à l'ivresse. De quoi se booster le moral pour toute la semaine.

 


3. Jónsi @ Ancienne Belgique, samedi 29 mai

Il est de ces magiciens qui transportent l'audience vers un autre monde. Quand il chante pianissimo, effleurant du bout des doigts les cordes de sa guitare acoustique, il règne au sein du public un silence religieux. Lorsqu'il explose, on se sent tournoyer dans une tempête comme s'il pleuvait réellement à l'intérieur de la salle. Le concert prend alors une dimension organique, qui va bien au-delà du simple aspect musical. L'Islandais a plus que du talent, c'est un génie.

 

2. Tom Mc Rae @ Ancienne Belgique, lundi 11 octobre

Si son style se veut mélancolique, les prestations du Britannique n'ont pourtant rien de déprimant. Tom use de son flegme, plaisante beaucoup, que ce soit avec son public ou ses musiciens. La richesse de son répertoire et la mise au point musicale peaufinent le travail émotionnel, et donnent à l'instant une contenance affective très intense. C'est un de ces concerts qui nous font vivre l'essentiel, et dont on ressort humainement plus riche.

 

1. Depeche Mode @ Paris Bercy, mercredi 20 janvier

Trente ans après leur premier album, les vieux ados de Basildon en ont encore dans le ventre. Dave Gahan est un infatigable show man, Martin Gore est époustouflant au chant, Anfrew Fletcher est ... Andrew Fletcher. Musiciens virtuoses, Christian Eigner et Peter Gordeno complètent à merveille le trio de base. Le spectacle est étincelant, et l'orchestration parfaitement rodée. Musicalement, la play list s'équilibre entre le neuf, le mythique et certains titres oubliés. Les fans frissonnent de plaisir, et même les sceptiques se laissent convaincre par cette prestation qui mérite la grande distinction. De Grands monsieurs !

 

 

25/03/2010

Concert - Tom Mc Rae, Cirque Royal (Bruxelles), mercredi 24 mars 2010

TomMcRae on stage 01


Bien que son répertoire flotte dans une mélancolie latente, Tom Mc Rae nous a livré, ce mercredi soir, une prestation étonnamment positive.

La première partie était assurée de main de maître par son guitariste Brian Wright, seul avec sa voix country et sa guitare acoustique. Il faudra encore attendre quelques minutes avant que Mc Rae n'arrive sur scène d'un pas posé, comme on s'en va sonner à la porte de ses parents. Son attitude est on ne peut plus naturelle, et il ne laisse paraître la moindre émotion, malgré les applaudissements chaleureux d'une foule déjà conquise. McRae semble en effet disposer d'un noyau dûr de fans, qui le retrouvent lors de chacune de ses prestations en Belgique. En témoigne la proportion de mains levées lorsque, de son plateau, il demande à la foule qui était présent lors de son dernier passage à Bruxelles.

Des fans qui connaissent par coeur les paroles de End of the world, lorsque Tom scinde le public pour leur faire fredonner le refrain en deux couplets simultanés. Des fans qui ouvrent un parapluie rouge lorsque vient le temps de Still love you, chanson qui ouvre le dernier album. Des fans qui soufflent des bulles de savon lorsque Tom lance le début du Boy with the Bubblegum. Des fans qui, enfin, observent le silence le plus absolu, lorsque leur idole met son micro de côté, avance guitare en main vers le bord de la scène, et leur livre une chanson en pure style acoustique.

Durant près de deux heures, Mc Rae déroule une playlist essentiellement dirigée vers le premier et le dernier album. Ainsi se succèdent Me and Sicison, Karaoke Soul, Please, sans oublier un frissonnant Walking to Hawaii, où la guitare enivre et le violoncelle pleure. Entre les titres, Mc Rae improvise des blagues, ou pastiche son propre univers, notamment lorsqu'il décrit une Fan Boutique imaginaire où se vendent de multiples accessoires fantasques dont le parapluie "Tombrella - when you open it, it rains on you". On regrettera l'absence de certains titres parmi les plus poignants de son répertoire tels You cut her hair, You only disappear ou le récent Out of the walls, mais le public aura tout de même droit à une surprenante reprise de Umbrella de Rihanna, à la sauce McRae.

Après un premier rappel où pleuvent cris et applaudissements, Mc Rae revient à nouveau sur scène avec ces mots : "Puisque c'est un show de Tom Mc Rae, je ne pouvais pas vous laisser partir sans vous rendre triste". Et c'est sans ses musiciens qu'il interprête un dernier titre à la guitare, dans un silence religieux qui ne sera bruyamment rompu qu'une fois arrivé le terme de la chanson. Rentrant dans les coulisses, Mc Rae baisse la tête et, sans regarder son fidèle public, lui lance un signe de la main certes sobre, mais révélateur d'une grande reconnaissance.

 

 

Tom Mc Rae

Mercredi 24 Mars 2010, Cirque Royal - Bruxelles.

 


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