22/07/2014

La Roux - Trouble In Paradise

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La Roux, gros phénomène de l’année 2009, a pris le soin de ne pas hâter son retour. Au risque de perdre de sa célébrité, car dans ce milieu on passe vite à autre chose. A présent seule à la barre du projet, la chanteuse-compositrice Elly Jackson a privilégié la profondeur à la précipitation, avec pour but de composer un second album avec autant de gueule que le premier, plutôt que de sortir une galette bâclée en surfant sur sa notoriété. Ça, c’est pour ce qu’elle en dit, et mon avis est substantiellement différent.

Tout d’abord, constatons que La Roux n’a pas vraiment tourné casaque. Parmi ces nouveaux titres, on reconnait très bien quelques structures du premier album. Je prends comme exemple Tropical Chancer, qui musicalement s’apparente à une version reggae bon marché d’In For The Kill – et je pourrais en chercher d’autres.

Concernant ce qui a réellement évolué, passer d’une patte exclusivement électro à un style davantage pop, avec de vrais instruments dedans, nécessite une certaine maîtrise. Celle de la demoiselle montre ses limites. Prenez, par exemple, la plage d’ouverture Uptight Downtown, principale manifestation de dynamique que l’on trouve sur Trouble in Paradise (et passons les légers relents de Let's Dance de David Bowie). Si les gens ont aimé le Get Lucky des Daft Punk, alors ils apprécieront forcément cette ariette funky, répétitive et entrainante. Mais hélas pour elle, Elly Jackson ne porte pas de chouette casque sur la tête – car oui, les chouettes casques c’est très important pour le grand public, même s’il ne s’agit que de musique. Alors quoi ?

Plus objectivement, ce nouvel opus est plus ensoleillé, mais manque de niaque. Guillerettes et enjouées, les mélodies sont bien sympa, mais pas vraiment efficaces. Et parallèlement, la voix d’Elly est beaucoup moins affirmée. Ajoutons qu’entre influence et calquage, la frontière est parfois infime. Qui fut bercé par le son des années 80 aura l’impression d’avoir déjà tout entendu, car la miss emprunte beaucoup à cette décennie, dans le sens « tout et n’importe quoi » (*). Et pour le reste, elle plagie vaguement son premier disque. Le réchauffé est à la mode ces dernières années, mais la moindre touche d’originalité serait appréciable, et ici, elle se fait attendre. Mais bien sûr, si tu es né(e) après 1994, ce que je raconte n’a aucun sens pour toi ; d’ailleurs il est très bien cet album.

 

La Roux

Trouble In Paradise

Note : 

 

Ecoutez :

Uptight Downtown

 

(*) Si vous en voulez du bon disque influencé 80’s, mais avec de vraies tranches d’originalité à l’intérieur, je vous conseille vivement Darkdancer des Rythmes Digitales, sorti en 1999.